Sibeth Ndiaye

Sibeth Ndiaye : un exemple de « Black Privilege »

Arrivée en France à l’âge de 16 ans, Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, affiche la panoplie classique des travailleurs au noir de la vie politicienne, faite d’opportunisme, de compromissions et surtout de mensonges circonstanciés. Portrait.
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La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye dispose dans notre société schizophrène, à la fois culpabilisatrice et victimaire, d’un super-pouvoir infaillible : ses origines africaines ne lui sont nullement un handicap, mais au contraire ont valeur de blanc-seing. À l’encontre de ce que vocifèrent les pleureuses professionnelles, sa couleur de peau est encore le meilleur moyen de lui permettre de régenter en toute impunité. En devenant la bête noire de racistes de tous poils, idiots utiles qu’il convient de toujours mieux réinventer, il lui est aisé de réapparaître, après chacun de ses méfaits, blanche comme neige. On peut déjà en envisager le déroulement, aussi prévisible que s’il était écrit noir sur blanc : lorsqu’elle dit juste, les critiques qu’elle ne manque pas de recevoir prouvent leur illégitimité ; quand elle ment, sa garde rapprochée a beau jeu de rappeler qu’on ne lui passe rien parce qu’elle est avant tout une femme noire !

Les sbires de la Macronie

Autant l’affirmer de but en blanc : Sibeth est une synthèse. Freud a eu beau dire que « la femme est un continent noir », avouant ainsi la méconnaissance abyssale de leur psyché, chez Mme Ndiaye, tout est clair : elle a toutes les caractéristiques des petits sbires de la Macronie, les Le Gendre, Schiappa et autres Bergé. La même capacité à avaler des couleuvres, la même aptitude à vanter en dépit des nuages noirs qui s’amoncellent, la justesse de leurs mesures, la même inculture impudente qui forme en fait le soubassement de leur obéissance aveugle et de leurs décisions néfastes. Peu importe à ces gens de dire tantôt blanc et tantôt noir, ils sont infiniment modulables, fièrement flexibles et garantis à toute épreuve puisqu’ils n’ont d’autre moteur que leur ambition.

Sibeth Ndiaye a suivi le parcours le plus exemplaire qui soit : née dans une famille bourgeoise de Dakar, elle arrive en France à sa majorité et devient aussi sec, militante de l’Unef. Elle prendra la nationalité française seize ans plus tard, mais d’ici là se constitue avec soin la classique panoplie des travailleurs au noir de la vie politicienne, faite d’opportunisme, de compromissions et surtout de mensonges circonstanciés. Lorsqu’elle finira par intégrer la Macronie, elle annoncera d’ailleurs sans honte la couleur : « J’assume parfaitement de mentir pour protéger le président ». Préalablement, Sibeth Ndiaye a donc fort logiquement adhéré au Parti Socialiste, travaillé pour Dominique Strauss-Kahn, Claude Bartolone et Arnaud Montebourg, sans doute déjà reconnaissante de la probité morale de ces mentors. Après son parcours auprès des éléphants du PS, elle rejoint l’écurie présidentielle d’Emmanuel Macron, et devient sa conseillère en communication. Celui-ci lui donne rapidement carte blanche, notamment pour dresser la liste noire de journalistes encore trop récalcitrants. C’est donc le plus logiquement du monde que le 1er avril 2019, cela ne s’invente pas, elle devient à la faveur d’un remaniement ministériel, porte-parole du gouvernement.

Une ascension cousue de fil blanc

Quand Sibeth Ndiaye dit avec un gloussement de contentement qu’elle ne croit que ce qu’elle voit, « comme Saint Thomas d’Aquin », elle ne se contente pas de faire une bien anodine erreur de date (à douze siècles près, ces incompréhensibles âges noirs se ressemblent tous, n’est-ce pas ?), ou de produire un contresens tout ce qu’il y a de plus véniel sur la pensée du dominicain, non, elle se dévoile en toute franchise. En ajoutant « d’Aquin » au « Saint Thomas » conventionnel, en cherchant ainsi à se démarquer de l’expression populaire, elle tient à assurer qu’elle a des lettres alors qu’elle prouve illico qu’il n’en est rien. Or, cette forfanterie est éminemment macronienne : vouloir à tout bout de champ, par goût du paradoxe ou ultime bravade, donner des lettres de noblesse littéraire ou scientifique à un projet qui n’est jamais rien d’autre qu’un nivellement organisé, la façon la plus efficace qu’a trouvé le Marché pour triompher des dernières poches de résistance. Finalement, l’énigme de l’ascension vertigineuse de Sibeth Ndiaye était dès le départ cousue de fil blanc : parfaitement adaptée au spectacle médiatico-parlementaire, son image est sa vérité, ce qu’elle représente fonde sa qualité.

Une réponse

  1. J’aime beaucoup ce portrait « en noir et blanc » de Sibeth Ndiaye, qui illustre si bien son prénom en confondant, dans son ignorance crasse (si macronienne !) les deux Thomas, le saint et le théologien, que séparent tant de siècles.Ce portrait « haut en couleur » d’une opportuniste inculte empaquetée dans ses boubous multicolores, si peu « ministériels », prouve encore une fois que l’on doit aussi juger les hommes de pouvoir à la façon dont ils choisissent leurs collaborateurs.
    Ajoutez Ferrand l’escroc et le désastreux Castaner, tout est dit… Le poisson, toujours pourrit par la tête, qu’il s’agisse d’une morue ou de maquereaux…

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