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Remigration : la main ne doit pas trembler (7)

Remigration : la main ne doit pas trembler (7)

Notre dernier dossier consacré à la remigration a fait réagir une partie de la rédaction, sceptique sur la possibilité de mettre en œuvre une politique de retour des immigrés extra-européens. Auteur de la « Remigration. Pour l’Europe de nos enfants », Jean-Yves Le Gallou répond à ces objections. Derrière le débat sur la faisabilité de la remigration, il voit surtout une question plus fondamentale : celle de la volonté politique. Car aucune transformation historique ne s’est jamais accomplie sans détermination. La parole au président de « Polémia ».

Soixante ans après sa naissance la Nouvelle Droite a un sacré bilan : elle a contribué bien avant tout le monde à faire connaître de grands penseurs (Georges Dumézil, Arnold Gehlen, James Watson, Hans Eysenck, Konrad Lorenz et bien d’autres). Elle a souligné l’importance du combat culturel et imposé la notion de métapolitique dont chacun mesure bien l’importance aujourd’hui. Elle est toujours restée sur son axe : la double critique de l’individualisme, négateur des identités, et de l’égalitarisme, tombeau des libertés individuelles et collectives.

A-t-elle gagné la bataille des idées ? Sans doute, mais pas la bataille de la propagande. La Nouvelle Droite offre sans nul doute de bonnes clés de compréhension du réel. Mais la gauche progressiste et wokiste impose le « faussel », car elle contrôle les centres de pouvoir : médias dominants, édition, universités, associations subventionnées, le tout adossé au pouvoir judiciaire. Avec quel résultat ? Les idées confortables, celles qui ne nuisent pas à la carrière, les idées de luxe (ou les votes de luxe), celles ( et ceux) qu’on peut afficher à la cafétéria de l’entreprise, en salle des professeurs ou dans les dîners en ville, sont les idées « progressistes ».

La propagande est si puissante qu’elle atteint même les meilleurs esprits. Puis je avouer que la lecture de certaines prises de position de plusieurs rédacteurs-boomers d’Éléments m’ont consterné. Bien sûr il y a de bons immigrés qui travaillent et qui offrent leur place aux plus âgés dans les transports en commun : est-ce à dire pour autant que l’immigration de masse n’est pas un problème majeur en termes de sécurité, d’identité et à terme de paix civile ?

La remigration sera difficile ? C’est vrai. Mais plus nous tardons, plus la situation empirera. Ce qui conduit Pierre Brochand – ancien directeur général de la DGSE sous Jacques Chirac – à évoquer un « radicalisme sans remords ». Propos choquant ? Inquiétant ? Sans doute dans une vision Bisounours du monde. On ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs. Le pouvoir n’existe pas sans la force. Et d’ailleurs les progressistes, qui y recourent massivement, le savent bien.

Croyez-vous que la loi Taubira sur le mariage de deux personnes de même sexe aurait pu être voté si Manuel Valls n’avait pas mobilisé les blindés de la gendarmerie et fait gazer des poussettes ?

Le moment schmittien

Croyez-vous que la révolte légitime de la France périphérique, lors de l’épisode des Gilets jaunes, se serait essoufflée aussi rapidement si Christophe Castaner et son ministre délégué Laurent Nunez n’avaient pas donné l’ordre d’une répression violente « pour sauver la République » ? Quant aux victimes des 125 mutilations et des 25 énucléations, elles attendent toujours un débouché judiciaire huit ans après les faits. L’« État de droit » sait parfois attendre…

Croit-on davantage que les campagnes de France pourraient se couvrir d’éoliennes et les bourgs de foyers de migrants si les préfets ne veillaient pas à priver les opposants de manifestations avec l’aide parfois des antifas ?

Croit-on enfin que le régime pourrait tenir longtemps sans la répression massive de la liberté d’expression avec parfois des perquisitions et des gardes à vue de 48 heures pour de simples tweets ou des banderoles ?

Alors, arrêtons l’hypocrisie ! Il ne sera peut-être pas toujours facile de mettre en œuvre la remigration, mais n’oublions pas qu’aujourd’hui l’invasion migratoire ne peut se poursuivre que par des atteintes majeures à la démocratie et aux libertés. Bref remettons les idées à l’endroit !

Oui camarades, c’est bien de se gargariser avec Carl Schmitt, mais à condition de ne pas avoir la main qui tremblote à la première occasion sérieuse de mettre en œuvre ses théories sur la souveraineté.

Jean-Yves Le Gallou, Remigration. Pour l’Europe de nos enfants, Éditions La Nouvelle Librairie/Institut Iliade, 144 p., 14,90 €.

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