Ce vendredi 16 février, LFI tenait un meeting à La Courneuve, histoire de lancer la campagne municipale d’Aly Diouara, leur candidat. Histoire de mettre le petit millier de personnes présentes dans l’ambiance, Mohamed Awad, cadre du mouvement mélenchoniste, commence ainsi : « Nous sommes une terre d’accueil universelle que l’extrême droite déteste ». Dans la foulée, la députée européenne Rima Hassan pourfend le « génocide à Gaza » et « l’État raciste ». Assa Traoré, autre vedette ayant fait le déplacement, affirme que « ce pays et cette terre nous appartiennent à 100 % » tout en remerciant Aly Diouara d’avoir été « l’un des premiers à mener le combat contre les violences policières lors du meurtre de son frère, Adama, en 2016. » Et Mathilde Panot de pronostiquer : « À la fin, ça se jouera entre les fascistes et nous, le peuple populaire ». Comme si un peuple ne pouvait être autre que populaire… Passons.
La question raciale remise sur le tapis…
Pour qu’autant d’inepties aient pu être ânonnées en un seul endroit et en aussi peu de temps, c’est à croire qu’il y avait là comme une sorte de « cluster », tel qu’on disait en temps de Covid. En effet, si la France est « universelle », elle appartient de fait à tous, même à ceux qui y vivent depuis des siècles. D’ailleurs, si l’humanité est elle aussi « universelle », cela signifie donc que les races n’existent pas, tel que cela nous est en permanence asséné, au nom d’une science pas toujours bien comprise. Les mêmes assurent pourtant que le salut serait dans le métissage ; mais pour qu’il y ait mélange des races, faut-il encore que ces dernières existent. C’est le serpent qui se mord la queue, ou le bonobo qui se mord les noix, au choix. Ensuite, à propos de « violences policières » sur fond de « racisme ». Il suffit de se promener dans les villes et villages de France pour se rendre compte que Noirs et Arabes sont nombreux dans les forces de l’ordre. Quand l’un d’eux arrête un délinquant Arabe ou Noir, si racisme il y a, il doit être singulièrement endogame. De même, il est un fait que les étrangers, en situation régulière ou pas, et que les enfants d’étrangers forment les gros bataillons de la population carcérale. Alors, de deux choses l’une : ou « l’État raciste » n’emprisonne que des Noirs et des Arabes ou ce sont les Arabes et les Noirs qui sont majoritaires dans la délinquance.
Des problèmes plus identitaires que raciaux…
Pourtant, les races criminogènes n’existent pas ; ce d’autant plus que dans leurs pays d’origine, Noirs et Arabes se tiennent généralement à carreau, les polices locales n’étant pas spécialement connues pour leur bienveillance et un sens inné de l’humour. Interrogé par l’auteur de ces lignes, il y a maintenant une quarantaine d’années, un médecin exerçant ses talents en milieu carcéral répondait en ces termes à cette question : « Ce que je constate chez la plupart de mes patients, ce sont de graves troubles psychiatriques dus au déracinement. Nous avons à faire à des gens façonnés par deux cultures, européenne et afro-maghrébine, mais qui n’en maîtrisent aucun des codes, d’origine comme d’adoption. D’où le sentiment de n’être nulle part à sa place et une incapacité à ne pas savoir résoudre le moindre différent autrement que par la violence, tels des enfants à la fois trop gâtés et mal élevés, incapables d’exprimer ce qu’ils ressentent. Un nourrisson, quand il a faim, n’a pas les mots pour dire qu’il a faim. Alors, il hurle. Ces grands enfants, eux, frappent ». Les couteaux, les armes à feu, l’alibi religieux, les drogues jadis douces mais de plus en plus dures, le consumérisme de masse, l’ultra-violence et les réseaux sociaux n’ont fait qu’aggraver le phénomène. Mais, à presque un demi-siècle d’écart, le diagnostic de notre médecin demeure toujours aussi pertinent. N’allez pas croire que ce dernier participait de l’antipsychiatrie à la Félix Guattari : il tenait la rubrique médicale de National hebdo, le défunt journal officiel du Front national.
Vrais Noirs et faux Juifs…
Il n’empêche que les problèmes soulevés par les candidats mélenchonistes sont réels. L’immigration de masse a créé une nouvelle France, regardant l’ancienne en chien de faïence. « Côte à côte » pour le moment, en attendant de se retrouver « face à face », tel que le craignait Gérard Collomb ? Un fait est avéré : ce n’est pas en racialisant les problèmes qu’on aura une chance de les résoudre. C’est pourtant la dialectique insoumise, estimant que tout citoyen à la peau plus ou moins sombre, serait génétiquement programmé pour voter à gauche, voir à la gauche de la gauche. Quant à ceux qu’y n’obéiraient pas à la consigne, il ne s’agirait que de nègres de maison ou de harkis. Les théoriciens racialistes ne disent fondamentalement pas autre chose, eux qui prédestinent ces gens à la paresse décomplexée ou à la violence débridée. Joe Biden affirmait ainsi « qu’un vrai Noir ne pouvait pas voter républicain », au même titre qu’Éric Zemmour fut dénoncé par certains de ces coreligionnaires comme « faux Juif », puisque de droite. Comme s’il existait de « faux Noirs » ou de « faux Juifs ». Mais alors, quelle autorité est-elle apte à décider qui est qui et qui ne l’est pas ?
Bilongo pris à son propre piège…
À cette seule aune racialiste jugée, le compte humain n’y est pas, sachant qu’en chacun de nous cohabitent plusieurs identités, celle de la nationalité, de la langue, de la culture, de la religion, du village ou de la ville, quand ce n’est pas celle du club de foot local. Et la couleur de peau, évidemment. Mais cela ne serait être le seul critère. Voilà qui ne semble pourtant pas être l’avis de Carlos Martens Bilongo, député LFI, déjà cité en ces colonnes la semaine dernière, qui affirme : « Sur les statistiques par rapport au racisme, c’est dans les territoires où les gens n’ont pas de diplôme. Là où tu as une pauvreté intellectuelle, dans des territoires du nord de la France ». Pas de vase, il vient de se faire sèchement retoquer par Jean-Yves Le Gallou. Lequel, sur Radio Courtoisie, lui répond : « Ses parents viennent à la fois de l’Angola et du Congo. Quand on regarde une carte des quotients intellectuels par pays, l’Angola et la République démocratique du Congo, c’est plus près des 70 que de 130, c’est plus près de 70 que de 100, et c’est même à 70. Donc aborder la question du quotient intellectuel, ça mérite réflexion. » Du coup, notre député insoumis porte plainte pour « racisme ». Un peu comme si Gérard Depardieu se mettait en tête d’ouvrir une école de maintien pour jeunes filles à marier. Bref, à identitaire, identitaire et demi. Cela doit être ça, le « privilège noir », à contrario de ce « privilège blanc » tant dénoncé, mais qui ne paraît pas avoir la cote dans les tribunaux.
Et après ? Certes, ce maximalisme racialiste peut éventuellement se révéler efficace dans des élections locales à fort potentiel électoral « racisé ». Mais, est-ce si sûr ? 15 % de l’électorat musulman vote RN et, comme chacun sait, ou devrait savoir, l’islam n’est pas une race. Autrement, tous les catholiques de France auraient voté pour Christine Boutin ou François Bayrou. Ainsi, segmenter l’électorat en factions raciales n’est-il pas forcément la manière de l’élargir à l’occasion de la prochaine élection présidentielle, ce que notait notre consœur Élisabeth Lévy, ce lundi 19 janvier, sur les ondes d’Europe 1. Le même jour, c’est L’Humanité qui s’inquiète, sans toutefois véritablement la définir, de cette dérive : « LFI mène une autre stratégie. Elle entend faire le plus gros score possible au premier tour pour être présente et en situation de force pour négocier ». Mais négocier quoi ? La reddition de la gauche, pardi. En finir avec les staliniens du PC, des sociaux-traites du PS et des idiots utiles écologistes. Le tout pour enfin accéder au grand soir : cette lutte finale censée opposer Jean-Luc Mélenchon et le candidat « fachonaziste ». Les mathématiques sondagières et électoralistes du grand timonier trotskiste, même si ancien sénateur socialiste, y sont. Et son raisonnement n’est pas sot, surtout qu’en cas d’échec annoncé, il a déjà prévu de déplacer l’affrontement dans la rue. En revanche, le compte n’y est pas en matière de bon sens et de bien commun. Et là, les enfants d’immigrés, nouveaux goumiers du mélenchonisme, seront probablement en droit de lui en demander, des comptes.
© Photo : extrait d’une affiche électorale de Mohamed Awad avec Jean-Luc Mélenchon pour LFI



