« Les États-Unis d’Amérique ont mené avec succès une frappe à grande échelle contre le Venezuela et son dirigeant, le président Nicolas Maduro, qui a été capturé avec son épouse et évacué du pays », a déclaré le président sur Truth Social. « Cette opération a été menée en collaboration avec les forces de l’ordre américaines. Les détails suivront. » Lors d’un bref entretien téléphonique, le président américain a déclaré au New York Times que l’opération avait nécessité « beaucoup de bonne planification et beaucoup de soldats et de personnes formidables ».
Les différentes frappes aériennes des forces américaines n’ont pas été faites au hasard. Au moins sept explosions et des avions volant à basse altitude ont été signalés dans la région. Les frappes ont commencé vers 2 heures du matin, heure locale, dans un contexte de tensions accrues entre Maduro et les États-Unis. Les frappes ont secoué des sites dans l’État de Miranda, où se trouve Caracas, ainsi que dans les États voisins d’Aragua et de La Guiera, provoquant des panaches de fumée et des incendies et causant des coupures d’électricité. Parmi les cibles de ces frappes se trouvent de nombreux sites stratégiques : le grand complexe militaire de Fuerte Tiuna à Caracas (quartier général de l’armée), la base aérienne « La Carlota », principal aérodrome militaire de Caracas, les installations d’antennes de communication à Cerro El Volcán (antennes stratégiques de télécoms/radars), le Higuerote Airport (base aérienne dans l’État de Miranda, au nord-est de Caracas) ou encore le port de La Guaira, principal port maritime du Venezuela.
Le secrétaire d’État adjoint américain Christopher Landau a déclaré que l’action militaire et la capture de M. Maduro marquaient « une nouvelle aube pour le Venezuela », affirmant que « le tyran n’était plus ». Il a publié ce message sur X heures après l’attaque. Son supérieur, le secrétaire d’État Marco Rubio, a republié un message datant de juillet qui affirmait que M. Maduro « n’est PAS le président du Venezuela et que son régime n’est PAS le gouvernement légitime ».
Le sénateur Mike Lee, républicain de l’Utah, a déclaré que M. Rubio l’avait informé qu’il « ne prévoyait aucune autre action au Venezuela maintenant que Maduro était détenu par les États-Unis ».
La mission américaine à Caracas aurait duré moins de 30 minutes. Le Pentagone n’a fait aucun commentaire samedi matin.
Du côté vénézuélien
Une opération de cette envergure et menée aussi promptement laisse le Vénézuela et le monde entier sans voix. La vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez, qui prendrait le pouvoir en vertu de la loi du pays, a déclaré qu’elle ne savait pas où se trouvaient Maduro et Flores, ajoutant : « Nous exigeons une preuve de vie ». Les habitants quant à eux, ont réagi aux explosions qui ont secoué le sol alors qu’ils marchaient dans les rues de la capitale. « Tout le sol a tremblé. C’est horrible. Nous avons entendu des explosions et des avions au loin », a déclaré Carmen Hidalgo à l’Associated Press. « Nous avons eu l’impression que le ciel nous frappait. »
La Federal Aviation Administration a interdit les vols commerciaux américains au-dessus du Venezuela tôt samedi matin en raison de « l’activité militaire en cours ».
L’ambassade américaine à Caracas a conseillé aux Américains de ne pas se rendre au Venezuela et a exhorté ceux qui se trouvaient dans le pays à le quitter. Le gouvernement vénézuélien a dénoncé cette attaque présumée comme une agression de la part des États-Unis et une violation de la Charte des Nations unies. « L’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, en particulier son pétrole et ses minéraux, afin de tenter de briser de force l’indépendance politique de la nation », a déclaré le gouvernement dans un communiqué. «Ils n’y parviendront pas. Après plus de deux cents ans d’indépendance, le peuple et son gouvernement légitime restent fermes dans la défense de leur souveraineté et de leur droit inaliénable à déterminer leur propre destin. » Le gouvernement vénézuélien a déclaré l’état d’urgence et « ordonné la mise en œuvre de tous les plans de défense nationale ».
« Aujourd’hui, dans l’esprit de Bolivar, Miranda et de nos libérateurs, le peuple vénézuélien se soulève une fois de plus pour défendre son indépendance contre l’agression impérialiste. Peuple, descends dans la rue ! », peut-on lire dans la déclaration du gouvernement. Dans une allocution vidéo diffusée jeudi, Maduro a accusé les États-Unis de vouloir imposer un changement de gouvernement dans ce pays d’Amérique du Sud afin d’accéder à ses réserves de pétrole.
Nicolás Maduro, âgé de 63 ans, qui est au pouvoir au Venezuela depuis 13 ans, a été accusé de narcoterrorisme par les États-Unis. Vendredi, Maduro a rencontré un envoyé spécial du président chinois Xi Jinping au palais présidentiel de Caracas afin de réaffirmer les liens avec la Chine dans un contexte de tensions avec les États-Unis. Le président colombien Gustavo Petro a déclaré que son pays voisin avait été « attaqué » et a appelé à une réunion entre l’Organisation des États américains et les Nations unies.
« En ce moment même, ils bombardent Caracas. Alerte au monde entier, ils ont attaqué le Venezuela », a écrit Petro sur X. « Ils bombardent avec des missiles. L’OEA et l’ONU doivent se réunir immédiatement. » Les responsables cubains ont qualifié ces frappes d’« activité criminelle des États-Unis ».
« Notre « zone de paix » est brutalement attaquée. Il s’agit d’un acte de terrorisme d’État contre le courageux peuple vénézuélien et contre notre Amérique », a déclaré le président cubain Miguel Diaz-Canel. « La patrie ou la mort, nous vaincrons ! » La veille de l’attaque, Maduro a déclaré que son régime était « prêt » à discuter d’un accord avec les États-Unis pour empêcher le trafic de drogue. L’appel de Maduro à des négociations intervient une semaine après une frappe de drone de la CIA sur une zone d’accostage qui serait utilisée par les cartels.
Le Venezuela a arrêté au moins cinq Américains à la suite de la dernière campagne de pression militaire et économique menée par l’administration Trump. L’un des détenus, James Luckey-Lange, résident de Staten Island, affirme avoir été injustement arrêté alors qu’il traversait la frontière vénézuélienne lors d’un long voyage à travers l’Amérique latine.
M. Maduro pourrait être extradé vers les États-Unis pour y être jugé par un tribunal fédéral. Il a été inculpé en mars 2020 pour « narco-terrorisme » dans le district sud de New York.
© Photo : Nicolas Maduro




