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Comment naît une Hécatombe ? Lisez Xavier Eman

Pour les vacances, révisez vos devoirs avec Xavier Eman : je ne médirai pas de mon prochain, je chérirai le vivre-ensemble… Son nouveau livre, Hécatombe. Pensées éparses pour un monde en miettes, aux Éditions de la Nouvelle Librairie, égaiera votre été. Des aphorismes au cordeau, sombres comme du Cioran, drôles comme du Desproges, qui rhabillent pour l’hiver tous les importants et les importuns qui polluent nos journées. Une lecture de circonstance.
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En ce temps-là, j’avais encore un compte Facebook, et la seule chose qui, aujourd’hui, me le fait regretter, c’est de passer à côté des publications de Xavier Eman. Je lui avais envoyé une « demande d’ami » car la noirceur n’attend pas : j’avais déjà lu les deux tomes d’Une fin du monde sans importance (le premier publié chez Krisis, le deuxième aux Éditions de la Nouvelle Librairie) et je ne pouvais attendre deux mois la parution du nouveau numéro d’Éléments sans aucune dose de réalité nue, d’un soupçon de mauvaise foi ni d’une pincée d’espoir feutré. Car c’est bien de cela dont il s’agit : Eman a le talent, terrible et si lourd à porter, de passer au tamis la réalité apprêtée pour le monde, un peu trop fardée, un peu trop « fake » finalement et de nous la restituer dans toute sa vérité, dans toute sa cruelle simplicité. Tout le monde y passe, les antifas comme les militants de droite, les païens comme les cathos, les bourgeois comme les prolos, les hommes comme les femmes ; ça peut, parfois, être excessif, ça n’en n’est pas moins jouissif.

Un antidote à la bassesse

Une véritable hécatombe donc. « La plus belle de tous les temps » assurément. Facebook ne lui suffisait pas, il devenait vital de la faire connaître aux réfractaires des réseaux asociaux, aux résistants qui préfèrent les lieux de rencontres réels aux salons virtuels des GAFAM. François Bousquet est de ceux-là. Absolument rétif aux nouvelles technologies, il n’a eu vent des aphorismes, traits de génie et autres punchlines de Xavier Eman que par l’entremise de quelques-uns (dont je me flatte d’avoir fait partie) qui lui envoyaient quelques captures d’écran des saillies de celui qui, par sa plume, fouette le sang de ceux qui seraient tenter par le compromis, la bassesse, l’hypocrisie, la veulerie, la petitesse. Il est donc apparu évident qu’un recueil de ses meilleures sentences devait avoir sa place en librairie et entre les mains de lecteurs avides de claque dans la gueule en guise de réveil suivie de rappels essentiels de ce « pourquoi nous combattons ». Sans objectif digne de ce que nous fûmes, le combat est inutile, et nous ne valons pas mieux que ceux que nous combattons.

François Bousquet a donc pris son bâton de pèlerin pour convaincre Xavier Eman de publier son troisième livre. Le voici donc, prêt à sauter dans vos mains, prêt à vous scandaliser, à vous faire rire, à vous émouvoir aussi, car c’est l’essentiel, la preuve :

« La nouveauté, l’innovation me laissent de marbre, quand une vieille marche d’escalier usée par le passage des générations peut me mener les larmes aux yeux. La puissance m’indiffère quand la bonté m’émeut, la richesse parvenue m’écœure quand la générosité m’oblige, le talent et l’intelligence ne m’impressionnent que lorsqu’ils sont bornés par les garde-fous de l’humilité et de la sagesse… » Maintenant, lisez !

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