Yann Barthès sur le gril. Le quotidien de « Quotidien »

L’Observatoire du journalisme, sous la houlette de Claude Chollet, son président, lance une collection aux éditions de la Nouvelle Librairie : Désintox, qui veut réintroduire une bouffée d’oxygène dans l’atmosphère confinée des médias français. Inutile de dire qu’il y a du travail. Premier chantier de décontamination : Yann Barthès et son émission, « Quotidien », cas d’école de la désinformation ricanante et débilitante. La parole à Claude Chollet.
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ÉLÉMENTS : L’Observatoire du journalisme Ojim est aujourd’hui un observatoire reconnu. Qu’est-ce qui vous distingue d’Acrimed. Et pourquoi avoir fait le choix de lancer une collection à la Nouvelle Librairie. L’avenir, c’est le papier ?

CLAUDE CHOLLET. Il faut du temps pour exister sur le créneau de l’analyse des médias. Nous avons maintenant huit ans d’existence, un peu plus que l’âge de raison et après plus de 4 500 articles publiés, environ cent mille visiteurs uniques par mois sur le site, plus de 6 000 personnes qui nous suivent sur Twitter, nous enregistrons un début de reconnaissance, je dis bien un début, beaucoup reste à faire.

Nos confrères d’Acrimed, qui font parfois des choses de qualité et qu’il nous arrive de citer, ont pour eux le privilège de l’âge, avec 25 ans de travail. Ils se situent dans un univers paléo-marxisant plus ou moins post-trotskyste où on considère que les rapports économiques sont le soubassement de tout. L’économie compte bien sûr et nous en parlons, mais tous les jours nous démontrons que les enjeux et les rapports de force sont avant tout culturels. Que ce soit dans le privé, propriété d’une poignée de milliardaires, ou dans le secteur public, la doxa libérale-libertaire domine, de L’Opinion à Libération, d’Europe 1 à France Inter, de TF1 à France 2. Ce ne sont pas seulement les propriétaires qui donnent le ton, mais la majorité d’une profession qui pratique l’entre soi et l’endogamie idéologique.

Nous sortons notre première brochure papier pour une simple raison : scripta manent, les écrits restent. C’est aussi un moyen de toucher le monde médiatique qui est une partie de notre cible. On prête plus attention à un exemplaire physique bien présenté qu’à un mail parmi des centaines avec un lien qui sera ouvert aléatoirement. À moins de 5 euros, nos brochures s’adresseront aussi largement au monde étudiant.

ÉLÉMENTS : Désintox ! Vous lancez-vous à votre tour dans le fact checking ?

CLAUDE CHOLLET. Désintox, c’est le titre de notre nouvelle collection aux Éditions de la Nouvelle Librairie, c’est aussi la rubrique de Check News (financé par Google) à Libération. Le journalisme dit « de données » ou de « fact cheking » est dans la plupart des cas un piège à gogos. 90 % des informations sans intérêt sont justes, mais quel est l’intérêt de savoir qu’il y a 14 cas de Covid dans l’Orne et non pas 28 ou de découvrir le nombre exact d’hectares de forêts brûlés lors des incendies en Australie ? Réponse : quasi aucun. Mais sur les 10 % restants, politiquement ou culturellement sensibles, l’information est manipulée par omission partielle ou torsion de l’angle de vue. Nous n’allons pas compter les petites cuillères en argent du PAF (paysage audio-visuel) français ni enquêter pour savoir qui pique une petite cuillère pour compléter son ménage. Concentrons-nous en « informant sur ceux qui nous informent » via nos 230 portraits, nos 30 infographies et nos deux articles quotidiens.

ÉLÉMENTS : La première brochure est consacrée à Yann Barthès, qui anime Quotidien, Pourquoi d’abord lui ?

CLAUDE CHOLLET. Notre collection Désintox pratique « l’effet vampire ». Pour faire disparaître le vampire du politiquement correct, rien de tel que de l’amener à la lumière, alors ses effets nocifs disparaissent. Quotidien de Yann Barthès représente la synthèse d’un type d’émission qui se veut « rebelle », mais qui incarne le style et les valeurs d’une bourgeoisie ricanante. Le tout sous les trois signes de la morgue, du vide et du faux. Un vampire exemplaire en quelque sorte. Lumière !

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