Il est vrai que les deux animateurs ne se sont jamais beaucoup appréciés, chacun ayant choisi un camp différent, où plutôt une cible marketing, une clientèle, distincte. Chacun sa part de marché, Cyril se consacrant au populisme racoleur, tandis que Sophia continue de labourer le terrain, plus encombré, du boboïsme bien-pensant.
Mais les véritables hostilités ont débuté lorsque Sophia Aram a, dans son billet de France Inter, épinglé l’émission de C8 dirigée par Cyril Hanouna à la suite des propos de Gérard Fauré, l’ancien « dealer des stars », évoquant les supposées pratiques « pédosatanistes » de certaines élites et notamment l’adrénochromie, soit la consommation de sang prélevé sur des « enfants kidnappés ».
Vexé de se voir qualifié d’« irresponsable », l’histrion en chef de Touche pas à mon poste lui a alors rétorqué : « Occupe-toi de ta maman, ma chérie. Qui a été condamnée à deux ans de prison et six mois fermes. Sophia, t’as déjà du boulot avec ta famille, lâche-nous ! »
En effet, ancienne adjointe au maire de Trappes, Khadija Aram, la mère de l’humoriste, a été condamnée, en 2011, à deux ans de prison dont six mois fermes pour avoir escroqué des migrants clandestins en leur promettant des titres de séjour moyennant finance.
Le rappel de cette crapuleuse affaire manque certes d’élégance, mais l’individu n’est pas spécialement connu pour cette principale qualité.
Casser nos télévisions
De son côté, celle qui traitait jadis avec morgue, déjà sur France Inter, les électeurs du Front national de « gros cons », a, semble-t-il, été « profondément blessée » par cette « attaque indigne » et a donc répondu, avec tout autant de raffinement et de subtilité, à « Cyril Hanouna et sa meute de dégénérés consanguins » que « personne n’est responsable des actes de ses parents ». On pourrait lui faire remarquer que, dans ce cas, on n’est pas non responsables non plus d’être « consanguins », mais ceci est une autre histoire…
Dans ce terrible drame, Sophia Aram a en tout cas pu compter sur le soutien inconditionnel et même véhément de Libération1, qui n’a pas hésité à qualifier l’animateur de C8 de « petite frappe » et de « chien de garde de Bolloré »2. Décidément, les relations entre employés de milliardaires semblent bien conflictuelles !
On ne choisit pas sa famille, il est vrai, mais on a connu nos belles âmes journalistiques moins sourcilleuses et éprises d’éthique lorsqu’il s’agit de stigmatiser Marine Le Pen pour les propos de son père ou de rappeler les liens familiaux, même lointains, de tel adversaire politique avec un historien controversé ou de tel autre avec un combattant d’un conflit passé ayant choisi le mauvais côté de la barricade.
Habitués à la morale à géométrie variable de la gauche, on se contentera donc de sourire, un peu tristement, devant cette énième tartufferie tragi-comique, en attendant de suivre, enfin, le précieux conseil du groupe de rock identitaire Île-de-France, qui, dès les années 90, nous invitait à « casser nos télévisions ».
Notes :