Plus rien ne l’arrête. Elle ment, elle désinforme, elle dissimule la réalité. Elle est prête à tout pour atteindre ses buts : cacher ses échecs et détruire les nations européennes. Ses alliés sont puissants : la majorité des médias mainstream, la plupart des partis politiques, une myriade d’associations et d’ONG issues ou non de l’Open Society de George Soros, les milieux universitaires woke, la techno-bureaucratie bruxelloise et son laquais, le Parlement européen. Les effets délétères de l’immigration (insécurité galopante, islamisation, services publics détruits), du « Pacte vert » et des accords commerciaux négociés par Ursula von der Leyen (économie en ruines, agriculture dévastée, précarité généralisée), poussent inexorablement les peuples européens dans les bras des partis « populistes ». Peu importe, l’oligarchie euro-fédéraliste, puisqu’il s’agit d’elle, a décidé de se passer de leur avis. La Russie lui sert en ce moment d’épouvantail pour manipuler des élections dont elle redoute les résultats et mettre en place un « bouclier démocratique européen » qui est en réalité un système sophistiqué de contrôle, de surveillance et de censure des dissidents, partis, médias ou individus contrecarrant son projet fédéraliste – nous en reparlerons. Les dernières élections en Moldavie confirment ce que les élections en Roumanie ont révélé au grand jour et que de précédents événements laissaient subodorer : l’oligarchie européiste ne laissera rien ni personne empêcher l’élargissement et l’avènement de l’Europe fédéraliste, technocratique et despotique, qu’elle appelle de ses vœux.
Élections sous contrôle
Rappel. En Moldavie, le 21 octobre 2024, conjointement aux élections présidentielles, était organisé un référendum sur l’inscription ou non de l’objectif d’adhésion à l’UE dans la Constitution. Jusque tard dans la soirée, le résultat penche nettement en faveur du « non » – 54,7 % des voix, alors que 85 % des bulletins ont déjà été dépouillés. Le retard du « oui » semble alors irrattrapable. Mais dans la nuit, le dépouillement des bulletins des Moldaves de l’étranger inverse miraculeusement la tendance jusqu’à parvenir au résultat espéré par le gouvernement moldave dirigé par le Parti action et solidarité (PAS) pro-européen et la Commission européenne, à savoir la victoire du « oui », obtenue sur le fil avec… 50,28 % des voix ! Maia Sandu, la présidente moldave, continue toutefois de dénoncer une « ingérence étrangère » qui aurait eu une influence considérable sur ce résultat jugé décevant en regard de celui qu’elle espérait et que souhaitaient également les instances bruxelloises et atlantistes. Rappelons que Maia Sandu a suivi en 2009 et 2010 une formation administrative à la célèbre John F. Kennedy School of Government de l’université Harvard avant d’être conseillère au bureau exécutif de la Banque mondiale à Washington. Les médias français ont naturellement repris les arguments de Mme Sandu et de l’UE concernant l’ingérence étrangère en question, laquelle ne peut être que… russe. Ils ont cependant omis de rappeler le fait suivant : quelques jours seulement avant ce référendum, la Commission européenne débloquait une enveloppe de 1,8 milliard d’euros afin de renforcer des réformes économiques censées « faciliter l’adhésion à l’UE » de la Moldavie et Mme von der Leyen se rendait personnellement dans la capitale moldave pour célébrer ce pot-de-vin officiel. Le message envoyé aux Moldaves était clair. Rappelons également que, depuis 2021, l’Agence française de développement (AFD) « accompagne la République de Moldavie dans la convergence vers les normes de l’Union européenne et la mise en œuvre de l’Accord de Paris1 », à coups de dizaines de millions d’euros. Un nouvel accord portant sur 30 millions d’euros vient d’être signé entre l’AFD et la Moldavie. Il a pour objectif de « diversifier les sources en investissant dans les énergies renouvelables », d’aligner le pays « sur les normes européennes en matière de protection de l’environnement et d’énergie », et d’empêcher, bien sûr, que la Moldavie ne rachète du gaz russe2. De plus, comme le soulignait récemment Philippe Karsenty, porte-parole du Comité Trump France, sur le site du magazine Causeur, « en Moldavie comme ailleurs, l’aide au développement sert désormais de cheval de Troie idéologique. Les ONG locales [sont] généreusement financées par l’AFD et ses satellites. À la clef, revendication du mariage pour tous, diffusion du féminisme décolonial, apprentissage de la fluidité du genre dans les écoles, et réforme de la langue pour mieux “promouvoir” toutes les identités possibles. » L’adhésion de la Moldavie dans l’UE passe nécessairement par l’écologisme et le wokisme.
Un seul narratif
Pour la grande majorité des dirigeants européens, il est hors de question que la Moldavie échappe à la sphère d’influence otano-européiste. C’est la raison pour laquelle, plusieurs semaines avant que ne se déroulent les récentes élections législatives, une phénoménale machine propagandiste s’est mise en branle – elle ressemblait fort à celle qui a abouti à l’annulation des élections présidentielles en Roumanie, lorsqu’il est apparu qu’un candidat ne portant pas particulièrement l’UE dans son cœur risquait de l’emporter. Les Russes, une fois de plus, ont servi de parfaits coupables. En France, la plupart des journaux, Le Monde en tête, l’audiovisuel public, BFMTV et LCI se sont empressés de relayer un seul « narratif », celui de l’UE. Il était entendu que si le Parti action et solidarité, parti pro-européen et pro-atlantiste de Mme Sandu, perdait les élections, cela ne pourrait être qu’à cause des « ingérences russes » – il faudrait alors envisager, comme en Roumanie, l’annulation et la reconduction de ces élections dont les résultats doivent être conformes aux souhaits des élites européistes. Emmanuel Macron, le premier ministre polonais Donald Tusk et le chancelier allemand Friedrich Merz se sont rendus dans la capitale moldave, Chisinau, le 27 août 2025, soit un mois avant les élections, officiellement pour participer à la fête de l’indépendance de la Moldavie. Là, ils ont surtout tenu des discours encourageant vivement les Moldaves à voter pour les gentils européistes à même d’attirer les subsides de l’UE plutôt que pour les méchants souverainistes prêts à livrer leur pays à l’ogre russe. Cette immixtion dans la vie politique moldave n’est pas de l’ingérence, mais le soutien amical et désintéressé de grands démocrates qui craignent que la Moldavie ne verse du côté obscur de la force géopolitique, qu’on se le dise. Comme prévu, le PAS a gagné les élections. De très très peu (50,03 % !) et grâce, une fois de plus, aux votes miraculeux des Moldaves de l’étranger.
« La bonne nouvelle moldave », titre dès le lendemain Le Monde qui, comme l’ensemble de la presse française, pointe « la campagne massive de désinformation » supposément pratiquée par les Russes mais omet de rappeler certains faits avérés qui, s’ils s’étaient déroulés en Russie par exemple, auraient été qualifiés pour le moins de douteux, assurément d’anti-démocratiques, voire pire. En Allemagne, c’est le Berliner Zeitung quitire la sonnette d’alarme. « Moldavie : comment l’UE influence les élections et fait chanter les pays eurosceptiques avec l’argent des contribuables », titre le quotidien berlinois dès le lendemain des élections avant de poser la question qui fâche : « Est-ce encore de la démocratie ? » Lorsque le Conseil de l’UE décide « d’imposer des mesures restrictives à l’encontre de sept personnes et trois entités » – en l’occurrence des partis s’opposant à l’entrée de la Moldavie dans l’UE et accusés, par conséquent, d’être « responsables d’actions visant à déstabiliser la République de Moldavie » – ou lorsque l’UE co-finance Nord News, le site d’information moldave qui, le premier, a affirmé avoir décelé l’influence russe dans la campagne électorale, on ne parle pas d’ingérence, mais d’un « soutien sans faille à la Moldavie, à sa paix, à sa résilience, à sa sécurité3 ». Assuré de ce soutien, le pouvoir moldave n’a donc pas hésité à exclure deux candidats « pro-russes » et à interdire leurs partis… deux jours seulement avant la tenue des élections ! Cela fait-il partie des « réformes démocratiques » attendues par Mme von der Leyen pour accélérer l’entrée de la Moldavie dans l’UE ? Il semblerait bien que oui. Il faut noter par ailleurs que, comme pour le référendum de 2024, la courbe des votes en faveur du PAS a connu un pic étrangement abrupt au moment du dépouillement des votes des très nombreux Moldaves vivant à l’étranger. Ceux qui demeurent dans l’UE ou en Ukraine ont été particulièrement gâtés : plus de deux cents bureaux de vote judicieusement répartis ont été mis à leur disposition. En revanche, pour les 300 000 Moldaves vivant dans la vaste Fédération de Russie, le gouvernement de Mme Sandu n’avait prévu que… deux bureaux de vote, tous les deux à Moscou ! Quant aux électeurs moldaves de la russophone Transnistrie, une fermeture opportune des voies d’accès permettant de rejoindre les bureaux de vote a tout simplement empêché une bonne partie d’entre eux d’aller voter. Finalement, dans ce pays à l’économie dévastée, à l’inflation galopante et à la corruption endémique, seuls 51,9 % des électeurs inscrits sont allés voter. Mme Sandu a obtenu de justesse la « majorité absolue » avec… 50,03 % des voix – un tel résultat aurait mérité pour le moins un recomptage minutieux des bulletins de vote, cela n’a bien sûr pas été le cas.
La souveraineté sous tutelle technocratique
Aux yeux des élites médiatico-politiques, les ingérences russes relèvent d’un « processus de déstabilisation antidémocratique », tandis que les interventions directes ou indirectes des gouvernements français, allemand, britannique, polonais, et de la Commission européenne, sont globalement considérés comme un « outil géopolitique de protection démocratique », pour le dire dans la merveilleuse novlangue du magazine européiste Le Grand Continent4. Lors des dernières élections allemandes, Thierry Breton avait prévenu que, s’il était constaté des «interférences», il faudrait faire ce que « l’on a fait en Roumanie ». Sous-entendu : nous trouverons les moyens d’annuler les élections si les résultats ne nous conviennent pas. Sur la radio publique, Nathalie Loiseau, de mauvais augure, prépare la population française à accepter l’inacceptable, à savoir une brutale remise en cause des résultats de la prochaine élection présidentielle si l’« extrême droite » venait à l’emporter : « Ce qui se passe dans ces pays-là [en Roumanie et en Moldavie], ça se passera en France en 2027. Nous sommes le pays le plus ciblé après l’Ukraine par la désinformation russe. » Les propos délirants de Mme Loiseau ne peuvent être compris que si l’on se souvient qu’elle préside, au Parlement européen, la Commission spéciale chargée de mettre en place un « bouclier démocratique européen » qui n’a rien de démocratique du tout. Ce « bouclier » viendra renforcer la loi liberticide sur les services numériques (Digital Services Act) entrée en vigueur en novembre 2022, et parfaire ainsi l’appareil de surveillance sociale et électorale que les instances bruxelloises peaufinent depuis des années. « L’ingérence russe » servie matin, midi et soir par la caste otano-européiste, encore récemment par l’euro-atlantiste Raphaël Glucksmann sur France Inter, n’est qu’un prétexte pour mettre en place de nouvelles directives européennes autoritaires et censoriales dont la justification orwellienne laisse songeur, puisqu’il s’agit de promouvoir une « résilience démocratique face aux menaces hybrides locales ainsi que face aux attaques et aux ingérences malveillantes » et de prévoir « des politiques contribuant à l’éducation aux médias et à l’information ». Bref, de soumettre à un contrôle total les esprits dissidents et de dresser les peuples européens à « bien penser ».
Dans 1984, Orwell décrit une société de surveillance généralisée élaborée par une oligarchie invisible se cachant derrière les traits d’un Big Brother omniscient et désignant aux masses un ennemi-épouvantail (homme ou pays, réel ou non) à même de détourner leur éventuelle opposition et de canaliser leur haine lors de fanatiques grand-messes durant lesquelles l’ennemi en question est conspué. D’un côté, une population précarisée, terrorisée et manipulable ; de l’autre « une nouvelle aristocratie constituée de bureaucrates, de savants, d’organisateurs de syndicats, d’experts en publicité, de sociologues, de journalistes et de politiciens professionnels ». L’UE prépare l’émergence d’un ministère de la Vérité qui affirmera, à l’inverse de la réalité, protéger les populations des mensonges, de la désinformation, de la manipulation. Les noms des « acteurs étrangers étatiques et non étatiques » soi-disant responsables d’ingérence changeront au gré des circonstances. Vladimir Poutine, la Russie ou Elon Musk seront remplacés, le moment voulu, par d’autres « ennemis » susceptibles de « déstabiliser la démocratie européenne ». Les médias alternatifs et les réseaux sociaux sont sous surveillance continue – tout sera fait pour entraver ou « encadrer » leur diffusion, comme l’a confirmé à Sarrebruck celui qui imagine devenir un jour le premier président des États-Unis d’Europe, Emmanuel Macron, dans un discours enragé contre les réseaux sociaux accusés de « complotisme5 ». Quelques semaines plus tard, le même triste personnage proposera qu’une instance « indépendante » – composée en réalité de tous les argousins et commissaires médiatiques à la solde de l’idéologie euro-mondialiste – organise une surveillance accrue grâce à un moyen de censure supplémentaire portant le joli nom de « labellisation ». Mme von der Leyen a applaudi cette énième initiative totalitaire. Le mensonge, c’est la vérité. Plus orwellienne que jamais, c’est au nom de la liberté d’expression et de la démocratie que l’oligarchie technocratique bruxelloise prévoit de continuer de désinformer, de surveiller, de censurer toute opposition, de créer des commissions chargées d’« éduquer » les populations aux médias et à l’information, de vérifier que les résultats des élections sont conformes à son projet fédéraliste et d’imposer aux États vassaux de nouvelles décisions et lois liberticides si tel n’est pas le cas.
Vers une révolte des peuples ?
Dans un essai en tous points remarquable6, le professeur de philosophie et ancien euro-député conservateur polonais Ryszard Legutko écrit : « Même un contact distant avec les institutions de l’Union européenne permet de ressentir l’atmosphère de raideur typique d’un monopole politique, de constater la destruction du langage qui devient une forme de novlangue, d’observer la création d’une métaréalité, de nature principalement idéologique, qui masque le monde réel, d’être témoin de l’hostilité violente qui se manifeste contre tous les dissidents et de déceler maintes choses qui ne sont que trop familières à ceux qui se souviennent d’un monde gouverné par le parti communiste. » Autrement dit, en plus du culte du « progrès » et de la conviction qu’il existe un « sens de l’histoire », les instances technocratiques bruxelloises montrent, à bien des égards, des similitudes avec le Politburo soviétique, de sinistre mémoire. La manière change, mais l’objectif demeure – il s’agit, au nom de la modernité, de l’égalité et du progrès, de détruire la vieille humanité en désagrégeant les couches successives qui la constituèrent et l’affermirent au fil des siècles – mœurs, traditions, mémoires, langues – puis, après l’anéantissement total de ces ultimes blocs de résistance, d’instaurer un régime technocratique et autoritaire, une possible combinaison des systèmes cauchemardesques que Huxley et Orwell décrivirent dans Le Meilleur des mondes et 1984. De récents événements laissent toutefois penser que de plus en plus d’Européens, qu’on qualifiera d’ordinaires pour les distinguer des élites médiatico-politiques progressistes et mondialistes, n’ont pas l’intention de se laisser faire. Accrochons-nous à cet espoir en espérant que leurs rangs grossiront rapidement et permettront de contrecarrer efficacement les projets dévastateurs de l’oligarchie en place.
1. https://www.afd.fr/fr/page-region-pays/moldavie
3. Communiqué de presse du Conseil de l’Union européenne, 15 juillet 2025. République de Moldavie : le Conseil inscrit sept personnes et trois entités sur la liste pour des actions déstabilisant le pays.
4. https://legrandcontinent.eu/fr/2025/09/29/legislative-en-moldavie-comprendre-la-victoire-du-parti-de-sandu/
6. Rysgard Legutko, Le Diable dans la démocratie, tentations totalitaires au cœur des sociétés libres, 2021, L’Artilleur.



