Rendez-nous Rahan !

Un espoir jaillit : Rahan, fils des âges farouches, peut-être, est revenu. Le personnage de bande dessinée de Pif Gadget semble réincarné depuis peu en professeur Raoult. Le récit de Rahan se déroule dans une préhistoire de fiction. Le récit de Raoult, lui, se passe dans une fiction de préhistoire.
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Raoult/Rahan, même destin, même combat. Le dessinateur André Chéret, mort il y a 3 mois sans virus, avait façonné Rahan, un Gaulois à la peau blanche et aux longs cheveux blonds, musclé, maigre, élancé, portant un couteau et un collier de dents. La science dure et les médias mous ont créé Raoult, un Marseillais aux mèches jaunes et à la longue barbiche blanche, émacié, massif et aquilin, portant un micro et une bague tête de mort.

Chez Rahan, la préhistoire imaginaire voit s’affronter les Hommes, « ceux qui marchent debout », les dinosaures et les bêtes sauvages. Seul survivant de son camp après une éruption volcanique, Rahan se forge une solide expérience en chasse et survie, transforme ses observations en inventions et combat sorciers et chamans qui abusent de la crédulité de leurs disciples. Rahan libère ses congénères de leurs superstitions et soumission.

Raoult envers et contre tout

Chez Raoult, la microbiologie remplace le maxi biscoto. Ceux qui marchent debout se mouchent du coude et arrachent les masques. Seul survivant de son camp après une irruption de connerie, Raoult se forge une solide réputation de grand scientifique, transforme ses observations en médications et combat aussi en libre-penseur charlatans et sophistes qui abusent de la crédulité des téléspectateurs de BFM.

Fils de médecin militaire et grande gueule quasi populiste, il déplaît avec sa façon de fustiger laboratoires et politiciens corrompus et de combattre la Covid et ses fantasmes à coup de bon sens empirique. À regarder absolument : son audition dynamite à la commission d’enquête parlementaire digne du bateleur Tapie de l’époque face à un aréopage de François Bayrou médusés.

L’Académie française a bien dit « la » Covid. Toutes les calamités sont féminines et le chiffre 19 lui-même apparaît comme un pied de nez malfaisant. 19, chiffre récurrent dans la série de romans La Tour sombre de Stephen King, entre Far West, horreur et magie.

Rendez-nous donc Rahan, sa virilité enfantine et désuète et aussi Raoult, qui prédisait le grand guignol de la forfaiture infantilisante du ballet des masques et des grincements de dents.

« La peste comme forme à la fois réelle et imaginaire du désordre a pour corrélatif médical et politique la discipline. Derrière les dispositifs disciplinaires, se lit la hantise des “contagions”, de la peste, des révoltes, du vagabondage, des désertions », dixit Michel Foucault dans Surveiller et punir.

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