L’immigration est enfin devenue un sujet d’inquiétude générale. Soit que la gauche l’applaudisse comme l’émergence d’un nouveau peuple ou s’alarme de la part grandissante des Français qui la rejettent, soit que le centre en découvre les méfaits, soit que la « droite républicaine » promette d’être enfin sévère, soit que le RN se satisfasse, à juste titre, d’engranger les dividendes électoraux des années d’aveuglement volontaire de tous les précédents.
Et donc voici que, de Retailleau à Édouard Philippe, on nous promet lois, moratoires, négociations et contrôles, toutes choses déjà promises et jamais tenues, mais surtout inutiles tant l’ampleur du phénomène, largement décrit, exige des mesures fondamentalement différentes : il n’est plus temps de contrôler l’immigration actuelle, il est temps de corriger l’immigration passée.
C’est-à-dire qu’il est bien sûr nécessaire de stopper toutes les immigrations de confort, les immigrations d’aubaine, légales ou clandestines, mais surtout qu’il est nécessaire de renvoyer tous ceux qui, installés en France, contribuent à changer la France en y imposant une religion et des cultures qui ne sont pas françaises et ne veulent pas l’être, sans même parler de République, qui n’est pas du tout le sujet puisque la République n’a pas du tout été un rempart – au contraire. Le danger est désormais à la fois à nos portes et dans nos murs, car toute société multiculturelle est multiconflictuelle, le Liban et le Royaume-Uni en étant les tragiques preuves.
Il n’est plus le temps de s’inspirer de ceux qui contrôlent l’immigration (exiger un contrat de travail avant d’avoir l’autorisation d’immigrer, par exemple, et toutes ces mesures de bon sens), il est temps de regarder du côté de ceux qui, littéralement, évacuent le problème.
Corriger l’immigration passée, c’est inverser les flux migratoires, remigrer. Renvoyer chez eux ceux que nous n’avons pas su accueillir et ceux que nous ne pouvons pas accueillir (parce que la France est ruinée, que se loger est difficile, qu’être soigné est une gageure, que se nourrir correctement devient un luxe et que gagner sa vie est un combat harassant), et renvoyer chez eux ceux qui sont installés, depuis une ou deux générations, comme des coucous malfaisants, occupant les HLM, trustant les logements d’urgence, monopolisant les services sociaux, engorgeant les tribunaux.
Renvoyer tous les illégaux en simplifiant radicalement les procédures, en réformant le droit d’asile, en empêchant les blocages juridictionnels. Renvoyer tous les délinquants étrangers et binationaux – et d’ailleurs déchoir systématiquement de la nationalité française tous les binationaux délinquants – parce que c’est normal et que la France a les moyens de contraindre les pays étrangers de reprendre leurs ressortissants. Renvoyer tous ceux qui n’ont pas de travail, renvoyer tous ceux qui vivent de prestations sociales sans avoir cotisé – et bien sûr réformer le droit social, mais la remigration ne traite pas de ce qui permet de limiter l’immigration à venir, elle traite des immigrés qui doivent repartir.
Elle traite de ceux qui vivent en France et ne devraient pas y vivre parce qu’ils rendent la France invivable, et d’abord en expliquant que la France n’est qu’une idée, un contrat, une volonté, ou une fatalité créolisée – mais on pourrait croire que j’aimerais remigrer tout LFI et la macronie –, que la France n’est qu’un espace vierge de traditions et riche de subventions. Puis ceux qui rendent la France invivable en clamant pouvoir y jouir de droits qu’ils n’ont pas acquis et en refusant les devoirs légitimes du patriote, et d’abord celui de se reconnaître Français quand tant de ceux qui ensanglantent nos rues ou détruisent nos villes expliquent qu’ils sont d’ailleurs, agitent des drapeaux étrangers et prêchent ainsi la guerre civile. Ceux qui ne veulent pas être Français doivent être remigrés et la remigration ne sera possible qu’en supprimant tous les obstacles juridiques qui accordent aux étrangers des droits contraires aux intérêts des Français, et d’abord le droit de devenir « automatiquement » Français quand cette qualité devrait être accordée avec une parcimonie tatillonne.



