Louvre

Quand le Louvre corrige l’histoire bulgare

L’affaire est assez inédite et choquante. L’Église et le gouvernement de Sofia ont fini par renoncer à une exposition des œuvres les plus précieuses de l’art spirituel orthodoxe bulgare au Louvre.
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L’exposition, intitulée «Art et cultures en Bulgarie entre les XVIe et XVIIIe siècles», était prévue de juin à novembre et devait présenter soixante objets religieux, dont des icônes, des manuscrits, des livres, des bijoux et des assiettes, remontant à une période où la Bulgarie faisait partie de l’Empire ottoman.

Le prestige du cadre n’a pas suffi à faire avaler aux Bulgares le motif «pédagogique» de cette exposition: la «conciliation» de l’art chrétien et islamique en Bulgarie.

Le «non» du ministère de la Culture est intervenu après les réactions négatives du Saint Synode et d’Emmanuil Mutafov, directeur de l’Institut d’étude des arts de l’Académie des sciences bulgare, qui estimait que le Louvre distordait les événements historiques.

«Les “interactions” entre l’art islamique et l’art chrétien, presque inexistantes à cette époque, sont marginales et purement décoratives», a souligné Mutafov dans une déclaration publiée par artstudies.bg. (…)
Après la décision d’annulation, l’historienne de l’art Klemena Antonova a déclaré à la Radio nationale bulgare que «cela montre que les gens en Bulgarie sont facilement offensés. Mais surtout, cela montre une incompréhension totale de l’histoire et de la culture bulgares de la part du Louvre».

Il suffirait pourtant de quelques notions d’histoire ou de passer quelques jours en Bulgarie pour mesurer l’horreur d’une très longue occupation, dont les côtés positifs n’ont jamais encore été établis. On se demande quelle mouche a piqué la direction du Louvre pour tenter d’étendre l’esprit de soumission en cours à Paris aux orthodoxes d’Europe de l’Est…

Source : Les Turbulences

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