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Quand la gauche veut interdire la critique des médias

Quand la gauche veut interdire la critique des médias

La frénésie liberticide de Gérald Darmanin semble dangereusement contagieuse. C'est ainsi aujourd'hui au tour d'Alexandra Cordebard, maire socialiste du 10e arrondissement de Paris, de réclamer l'interdiction de la traditionnelle cérémonie des « Bobards d'Or ». Au nom sans doute de la défense de la démocratie que les rires du public de cet événement humoristique dénonçant les mensonges les plus flagrants des médias mettraient gravement en danger.

Depuis 2010, la fondation Polémia organise la cérémonie des Bobards d’Or qui brocarde les mensonges médiatiques. Mais cette année, des associations de gauche tentent de la faire interdire.

Tous les ans,  la fondation Polémia épingle le quatrième pouvoir lors de la cérémonie parodique des Bobards d’Or. Elle récompense les pires mensonges journalistiques et politiques de l’année écoulée : Yann Barthès, Delphine Ernotte, AFP, Gérald Darmanin… les plus grands bobardeurs – comprendre ceux qui mentent le mieux pour servir le politiquement correct – sont distingués.

Mais dénoncer et rire des mensonges médiatiques ne sont pas des activités supportables pour le maire du 10e arrondissement de Paris, Alexandra Cordebard. L’élue socialiste a donc fait pression sur le théâtre du Gymnase, qui devait accueillir les Bobards d’Or, pour empêcher que cet événement drôle et festif se tienne. Dans un communiqué rédigé en écriture inclusive et signé par une quinzaine d’associations locales de gauche (CGT, NPA, LFI, Jeune Garde…), les signataires interpellent la direction du Théâtre sur la dangerosité d’une telle cérémonie. Ils utilisent leurs habituels poncifs et phrases creuses : « Le 10e arrondissement est populaire, inclusif, multiculturel », l’événement « permet l’expression de propos qui tombent sous le coup de la loi » qui « divisent et incitent à la haine ». L’amour de l’extrême-gauche pour la liberté n’est en effet plus à démontrer.

Jean-Yves le Gallou – fondateur de Polémia et organisateur de la cérémonie – pourrait ajouter une nouvelle catégorie à ses Bobards d’Or : le meilleur abus de pouvoir. Cette année, il a l’embarras du choix tant les mesures liberticides ont plu sur les opposants. Une dictature en marche évoquée dans le numéro d’Éléments actuellement en kiosque : censure, interdictions, dissolutions, la répression est tous azimuts ces derniers mois. Annulations de colloques, de marches, de rassemblements pacifiques, fermetures de comptes en banque, dissolutions de mouvements, rien n’est suffisant pour assouvir la soif de répression du pouvoir.

La gauche veut interdire la critique de ses médias et ses pressions portent leurs fruits : le Théâtre du Gymnase, qui accueille les Bobards d’Or depuis huit ans, vient de refuser de recevoir l’événement. Pas d’inquiétude, la quinzième cérémonie aura bien lieu le 5 mars prochain dans une autre salle : chaque année, les journalistes attendent le palmarès des Bobards d’Or avec impatience, il serait dommage de les priver de leurs statuettes.

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