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Pourquoi je vote Sandrine Rousseau

Sandrine Rousseau, c’est le Jean-Claude Van Damme de l’écologie. Dans une autre vie, elle a rencontré le mal absolu : le mâle blanc. Depuis, elle ne cesse de le déconstruire et de l’exorciser.
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Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, il n’y a pas vraiment de clowns femmes. Il y a des humoristes femmes, comme l’hilarante Blanche Gardin, il y a des sapeurs-pompiers femmes, des camionneuses, mais guère de clowns. Comme si l’univers des saltimbanques se réservait pour l’éclosion de son chef-d’œuvre : Sandrine Rousseau. Elle qui est née pourvue du déguisement complet : le chapeau pointu, le nez rouge, les chaussures multicolores XXL à bout arrondi. Dans ma collection des cruches de l’année, elle est le numéro 1. Elle collectionne le prix de l’humour politique, les César du rire, la médaille d’or du canular, l’Ig Nobel de la connerie.

On espère tous que son compte parodique Twitter, Sardine Ruisseau, ne sera pas de nouveau suspendu. C’est le compte le plus drôle du moment. Sandrine Rousseau a voulu le faire fermer. Mal lui en prit. Elle a contribué à le faire connaître. Il affiche désormais plus d’abonnés que le compte officiel de son double numérique. Il faut dire que son facétieux animateur est bien aidé par la bêtise débordante de Sandrine. Elle n’en rate aucune. La criminalisation du jet-ski de Macron, c’est elle. La piscine de son frère transformée en baignoire de 50 mètres cubes où il fait ses ablutions pour ne pas gaspiller de l’eau, c’est elle. La nécessité d’accueillir des migrants pour pouvoir surveiller d’éventuels terroristes, c’est elle. Les Verts qui sont l’antenne française du Ku Klux Klan, c’est elle. Vivre avec un homme déconstruit, c’est elle. La création d’un délit de non-partage des tâches domestiques, c’est elle. L’obligation de surveiller ce que font les gens dans leur lit, c’est elle.

EELV, ce Ku Klux Klan français

C’est une marathonienne de la connerie. Quelle endurance ! Jamais de baisse de régime. À côté d’elle, Bécassine, c’est Marie Curie. À chacune de ses sorties, elle enrichit le lexique du con d’Audiard, qui attendait sa déclinaison féminine. La conne donc, qui ose tout ; c’est même à ça qu’on la reconnaît.

Je vais finir par prendre au mot la théorie fumeuse qui prétend que les femmes, en tout cas les ancêtres de Sardine Ruisseau, n’avaient pas accès dans la paléohistoire aux protéines animales, du moins pas autant que leurs congénères mâles Homo sapiens. Or, sans viande, les neurotransmetteurs qui assurent la transmission de l’information dans le cerveau sont grippés. C’est sûrement pour cela que le QI de l’écoféminisme oscille entre celui de la crevette nordique et celui de la loutre de mer. C’est ce qu’on appelle en langage darwinien une réversion évolutive (une régression, si vous préférez). Le burkini est par exemple une réversion évolutive ; le hijab comme « embellissement de la femme », selon Sardine Ruisseau, est une réversion évolutive ; le couscous aussi, comme plat traditionnel du réveillon de Noël, dixit la même Sardine.

Je l’aime tellement que je suis allé l’écouter le week-end dernier aux Journées d’été d’Europe-Écologie-Les Verts, à Grenoble, la capitale européenne de la piscine islamique, la ville d’Éric Piolle. Je dois avouer que Sandrine Rousseau a raison. On se serait cru dans une réunion du Ku Klux Klan. C’est bien simple : je n’ai pas vu un seul burkini. Il n’y avait que des Blancs, et même une majorité de Blanches, surtout des bourgeoises de plus de 50 ans. Le sujet est sensible chez les Verts, en particulier chez Sardine Ruisseau qui vient de fêter son demi-siècle – le seuil fatidique pour la blanchité. Entre un atelier sur l’expérimentation potagère dans la pratique du féminisme trans-inclusif et un atelier sur le génie lesbien dans les collectivités territoriales sous la houlette d’Alice Coffin – véridique –, j’ai pu croiser l’insoumise Manon Aubry, ex-Oxfam France, et Cécile Duflot, ancienne secrétaire nationale des Verts, patronne d’Oxfam-France. Ah, le système des portes-tambour à gauche ! On reverse le surplus des cadres dans le pantouflage doré des ONG milliardaires.

Le patriarcat à l’origine du cacapipitalisme

Sinistre, le malheureux Yannick Jadot était venu prêcher « l’esprit de joie », mais à l’inverse de la Pentecôte, l’esprit saint de la joie écologique n’est pas descendu sur l’assemblée. En revanche, les participants ont fait un triomphe à Sandrine Rousseau et à sa brochure autopromotionnelle, Par-delà l’androcène, 4,50 euros, 60 pages en gros caractères, le double en écriture inclusive. Ah, le concept d’androcène ! C’est beau comme du Jean-Claude Van Damme. Le néologisme signifie qu’on est entré dans « l’ère de l’homme », celle du vilain mâle blanc prédateur. La paternité du mot, pardon la « maternité », vient des foldingueries écoféministes.

Avec ces féministes, c’est toujours la faute des hommes, suivant un principe de causalité diabolique attesté par l’homonymie du mal et du mâle. C’est toujours papa qui cogne maman ; c’est toujours Johnny Depp qui gifle Amber Heard, jamais l’inverse. Le réchauffement ? C’est la faute des hommes. La guerre ? La faute des hommes. La maltraitance animale ? Les hommes. La constipation féminine ? La faute des hommes. L’homme est un salaud ontologique ; la femme, son ange exterminateur. Il n’y a rien en dehors de ce dualisme irréductible. Il aura fallu un siècle au féminisme pour se transformer en manichéisme meurtrier. Tuez tous les hommes, le dieu des féministes reconnaîtra les siens.

L’homme, c’est le patriarcat ; et le patriarcat, c’est le critère du mal absolu. Le raisonnement est sommaire, j’en conviens. Mais la masculinité toxique est un bloc de négativité indivisible ; c’est elle qui a donné naissance au capitalisme, rebaptisé par nous le cacapipitalisme. Le système cacapipitaliste, et je cite Sandrine Rousseau, « s’est nourri de trois prédations majeures, à savoir celle du corps des personnes noires, des femmes et de la nature ».

On est désolé de la contredire sur ce point. Mais le patriarcat ne remonte pas à la nuit des temps. C’est une invention des féministes radicales à la fin des années 1960. Il souffre d’un grave inconvénient : il est indémontrable, puisque, pour en prouver l’existence, il faut recourir à la démarche scientifique. Or, la science, comme la rationalité, comme la logique, est patriarcale. Le féminisme n’a ainsi jamais à apporter la charge de la preuve de qu’il avance. La boucle est bouclée.

Aux hommes, la cage de chasteté

À enfermer les hommes dans un mal sans retour, ce néoféminisme les pousse à se retrancher derrière une posture masculiniste pas moins ridicule qui postulerait la supériorité intrinsèque des hommes. L’économiste Guillaume Travers a brillamment démonté sur le site d’Éléments cette attitude. Car, à tout bien réfléchir, la condition d’émergence du capitalisme, c’est précisément que les rigueurs du patriarcat soient levées, que le désir féminin soit mobilisé. Lire à ce propos le génial Amour, luxe et capitalisme de Werner Sombart à la Nouvelle Librairie.

Sardine est une curiosité dans la ménagerie pittoresque de la Nupes. Alors qu’on y cultive le débraillé, elle, elle affiche un air sévère de surveillante de prisons pour hommes ; à la fois collet monté comme une mère supérieure du couvent écologique et dévergondée comme une féministe queer qui sortirait d’une réunion en non-mixité. Les Verts ont toujours aimé les cheftaines qui rudoient les garçons, les Dominique Voynet, les Cécile Duflot, les Eva Joly. Aujourd’hui, c’est Sardine Ruisseau qui incarne ce rôle de la mère fouettarde – cette « envie du pénal » qu’avait si bien anticipé Philippe Muray. Surveiller et punir. Voilà qui nous éloigne de l’écologie – et nous rapproche des sociétés de contrôle et de surveillance. La couleur verte n’est qu’un leurre. Rien de moins naturel qu’Europe-Écologie-Les Verts. Chez EELV, la photosynthèse fonctionne à rebours des lois de la biologie : elle ne transforme pas le carbone en oxygène, mais en anxiogène. C’est l’écologie punitive, étriquée, BDSM, qui veut nous faire rouler à 110 km/heure sur les autoroutes, en nous privant de sapins de Noël et de Tour de France. Quand on lit certaines féministes, on a l’impression désagréable de parcourir un manuel de tortures médiévales. Les douceurs de l’écartèlement, les plaisirs de l’éviscération, les joies de l’empalement. Sandrine n’échappe pas à la règle. Dans un de ses polars, car elle est aussi à ses heures perdues prof d’économie et romancière, dans un de ses polars donc, intitulé Épluchures à la lilloise (2007), son héroïne épluche au couteau économe les mecs qu’elle a tués. Le parfait tueur psychopathe.

Une étude israélienne très troublante, publié en 2020, a mis en évidence tout ce qu’il y a de toxique dans la personnalité victimaire – et qui la structure en profondeur : une tendance à ressasser la souffrance, un besoin pathologique de reconnaissance, un sentiment de supériorité morale, une absence d’empathie doublée d’une soif de vengeance. C’est la psychologie de #BalanceTonPorc. Être une féministe, c’est appartenir au camp du Bien. C’est comme dans la série Le Saint où Simon Templar, alias Roger Moore, a toujours une auréole au-dessus de la tête. Pour l’homme, en tout cas l’homme des féministes, c’est un bonnet d’âne, en attendant la couronne d’épines et la crucifixion sur du bois recyclé.

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