En 2012, Bertrand Burgalat, patron du label Tricatel, sortait Dubaï My Love, une chanson presque prémonitoire, à en juger des récents événements. Tout y était déjà. Les putes d’Europe de l’est et le soleil climatisé illuminant des tours de verre. Du vent.
À en croire Le Monde, l’éminent quotidien vespéral qu’on sait, près de 64 000 Français résideraient dans cet émirat de trois millions d’habitants dont seulement 5 % sont de souche. Parmi les plus voyants de nos compatriotes, il y a évidemment ces influenceuses sans lesquelles la vie locale serait probablement bien morne. Enfin, tout cela été vrai avant que trois drones et demi ne viennent percuter ce lupanar de luxe, comme un ouragan, tel que jadis chanté par une autre princesse de pacotille. Et là, ne boudons pas notre plaisir devant cette fête de l’esprit, même si nous sommes loin des séances du dictionnaire de l’Académie française. Florilège.
Honneur à la première dame, Maeva Ghennam, ancienne de la téléréalité, qui a participé à plusieurs saisons des Marseillais, dont Les Marseillais à Dubaï, en 2021, avant de se reconvertir en vendeuse de shampooing sur internet. Elle pousse donc ce cri du cœur : « On est des Français, hein, la France, protégez-nous ! Je n’ai pas dormi de la nuit. » Algérienne d’origine, elle semblait pourtant ne pas aimer son pays d’accueil plus que ça, tel qu’en témoigne cet autre post : « À Dubaï, y a pas d’alarme chez moi, je dors les fenêtres ouvertes, la porte ouverte. Pour rien au monde je rentrerais vivre en France. » Il est vrai qu’elle avait été récemment agressée dans son pied-à-terre parisien par un groupe de jeunes manifestement issus de la diversité. À qui se fier ? Décidément, nous ne sommes plus en sécurité nulle part. Notons encore que cette pimprenelle est connue pour avoir assuré la promotion d’un traitement miracle, à base de « radiofréquence et mésothérapie sans injection » destiné à « rajeunir son vagin ». De quoi retrouver le sourire vertical de ses vingt ans, en quelque sorte. Pour le reste, elle assure avoir été contactée par LFI à l’occasion des législatives de 2024. Ce que la direction de ce mouvement dément. Les trotskistes sont ce qu’ils sont, mais n’en sont pas fous à ce point pour autant.
La sainte colère du rugbyman Vincent Moscato…
De quoi agacer le rugbyman Vincent Moscato, lui aussi coincé à Dubaï entre deux avions, qui parait autrement moins sensible : « Quelle bande de pompes. Ils font honte à la France. “Je n’ai pas dormi de la nuit ?” Mais on s’en cague. Il y a des choses plus importantes dans la vie. Va vendre tes dentifrices ou tes merdes. Nous, on va essayer de rentrer. On ne demande rien, ni au gouvernement, ni à personne. On va se démerder. » Voilà qui est dit de manière plus que rugueuse, mais qui peut s’entendre. Invité sur RMC, à l’occasion des Grandes gueules, un autre ronchon, le cheminot Bruno Ponceta, n’est guère plus tendre : « Ça me fait bien rigoler, ces influenceurs qui se vantent d’être partis, de ne plus payer d’impôts en France et qui souvent crachent sur la France. Aujourd’hui, ils demandent qu’on vienne les chercher… » Plus directe encore, Cécile de Ménibus, animatrice de La Matinale de TF1 : « Vous choisissez : vous voulez partir, vous voulez revenir, la France c’est bien, la France ce n’est pas bien, restez-y s’il vous plaît, ça nous fera des vacances. » Bel exemple de sororité… Idem pour un autre influenceur, plutôt situé à droite, Tibo in Shape : « Les influenceurs de Dubaï, finalement, on est bien France, n’est-ce pas ? »
Les maximes de Jazz Coreia…
Mais quand il n’y en a plus, il y en a encore, et pourquoi bouder un petit plaisir coupable ? Soit la lecture des tweets postés par une autre starlette, Jazz Coreia, qui a exercé ses talents dans l’émission de téléréalité Qui veut épouser mon fils ? Ou de l’art d’atteindre des sommets tout en touchant le fond. « Hello tout le monde, petite vidéo bien courte parce que j’en ai fait une juste avant de huit minutes donc je vais arrêter de déballer. Je vais essayer de la faire courte et circoncis. » Voilà qui est concis. Puis : « Aujourd’hui, on parle de 340 000 ressortissants français qui vivent ici, qui sont détenaires de la nationalité française. » On a mis des détenteurs de la même nationalité en détention pour moins que ça. Et une petite dernière pour la route : « Ça fait carrément des années-lumière que je n’ai pas fait de storys en râlant. En fait, je n’en peux plus, c’est une overdose. Je reste quand même la personne que je suis. » Elle a raison, qu’elle ne change rien.
Malheureusement, les meilleures choses ayant une fin, les autorités de Dubaï ont mis bon ordre à cette véritable diarrhée verbale. Ainsi, à en croire l’article 52 du décret-loi fédéral numéro 34 de 2021, toute personne qui propage des informations litigieuses risque au moins un an de prison et 47 000 euros d’amende. Quant aux vidéos montrant des drones frappant les immeubles locaux, il a été rappelé que de telles images pouvaient mettre la sûreté de l’État en péril. Pour tout arranger, les contrevenants de nationalité étrangère risquent également l’expulsion du pays. Comme quoi il ne faut pas non plus prendre les Dubaïotes pour des fiottes. Dommage, voilà un spectacle auquel nous n’assisterons jamais. On aurait tant aimé voir toutes ces demoiselles repartir à la nage vers la mère patrie. Avec tout ce qu’elles ont de silicone dans les fesses, les seins et les lèvres, elles ne risquaient pas de couler.



