Peinture : Le temps suspendu de Marie Laurence Gaudrat

Artiste peintre et sculptrice, Marie-Laurence Gaudrat expose quelques-uns de ses plus beaux tableaux jusqu’en 21 décembre à l’Atelier Valérie Michelin : « Regards croisés entre terre et mer ».
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Franchir l’embrasure de porte du 47 rue Ampère, à Paris, puis monter au premier étage, dans l’atelier Valérie Michelin, c’est entrebâiller une fenêtre d’où pénètrent soudainement les rayons du soleil et de la vie. C’est approcher avec bonheur les œuvres de l’artiste-peintre Marie Laurence Gaudrat, et laisser le temps se suspendre. Jusqu’au 21 décembre 2019, l’exposition « Regards croisés entre terre et mer » investit l’atelier parisien, transformé en havre dédié à la contemplation. Loin de l’agitation parasite et vulgaire de la production artistique contemporaine, l’art remplit ici sa fonction première, sublime : offrir un accès à nos émotions les plus profondes et intimes ; faire voir la beauté d’une vérité révélée sous nos yeux. Pour le dire avec les mots d’Auguste Rodin, l’art se manifeste comme un « exercice de la pensée qui cherche à comprendre le monde et à le faire comprendre ».

L’atmosphère des tableaux d’où émane une vitalité éclatante ; les couleurs chaudes, presque palpables, enveloppent le corps et l’esprit, et entrent en résonance avec les mots de L’Invitation au voyage de Charles Baudelaire :

« Les soleils couchants

Revêtent les champs,

Les canaux, la ville entière

D’hyacinthe et d’or ;

Le monde s’endort

Dans une chaude lumière »

Et tout d’un coup, la vie rêvée figurée par Marie Laurence Gaudrat nous happe, nous émeut, et se substitue subrepticement à notre vie réelle. C’est nous, qui sentons le sable encore mouillé des plages bretonnes sous nos pieds nus ; nous, qui respirons le grand air des champs impressionnistes aux couleurs d’or ; nous encore, qui baignons dans la lumière si caractéristique des villes toscanes, ici Volterra ou Montemagno.

Il faudrait prescrire la contemplation des peintures de Marie Laurence Gaudrat comme un remède au spleen et à la morosité. Les toiles, en nous imposant une pause, possèdent en effet les vertus de l’otium célébré par Marc Fumaroli, désignant le loisir studieux, créateur, et fécond – ce temps que seuls possèdent les hommes libres. Remède, ensuite, au nihilisme affiché et revendiqué des « maîtres » contemporains, car l’art de Marie Laurence Gaudrat est irrigué par une dimension sacrée, exprimant ces choses mystérieuses et secrètes, qui prennent les yeux pour oreilles. Profitez donc d’un temps suspendu pour vous imprégner de cette foi vibrante dans la vie, et vous recueillir devant cette sensibilité véritablement personnelle, sensuelle et solaire.

Marie Laurence Gaudrat et Pierre Risacher,
« Regards croisés entre terre et mer »
Atelier Valérie Michelin
47, rue Ampère 75017 Paris, du 3 au 21 décembre 2019

Laisser un commentaire

Sur le même sujet

S’abonner à la newsletter de la revue Éléments