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Justin Trudeau

Mathieu Bock-Côté ou Justin Trudeau, choisis ton Québécois !

Tout le monde a interviewé Éric Zemmour, on n’allait pas s’y mettre. Mieux valait interviewer celui qui a pris sa suite sur CNews : Mathieu Bock-Côté. Ce qu’on a fait dans le dernier numéro d’Éléments. Histoire d’une rencontre.
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Mathieu Bock-Côté et Éléments, c’est une vieille histoire. Elle aurait même pu commencer plus tôt si Pascal Eysseric, notre directeur, et moi-même nous étions donné la peine d’écouter Alain de Benoist. Rembobinons la pellicule, dix ans en arrière. Pas une conférence de rédac’ sans qu’Alain de Benoist nous alerte sur un jeune auteur québécois dont il avait découvert la signature dans un papier du Débat en 2012. « Dites les gars, il y a un type au Québec qui a l’air des plus intéressants ! » Ah, les antennes paraboliques d’Alain, toujours à l’affût. Il capte tout. La NSA n’a qu’à bien se tenir, même si les mots clefs de ses recherches ne sont pas les mêmes. « Mathieu avec un seul “t”, hein ! »

– Ouais, ouais ! Encore un Québécois, pfuit ! Déjà qu’on doit se taper tous les week-end la Céline Dion et son Renééééé de malheur chez Drucker…

Le Canada, un laboratoire ! Le Québec, un observatoire

Nous sommes impardonnables, moi en particulier. Ma femme est franco-canadienne. Son grand-père, un Cévenol installé au Canada, avait remonté le Saint-Laurent sur le Colbert avec de Gaulle en 1967, avant d’emprunter le fameux Chemin du Roy qui conduirait le général à Montréal et à son tonitruant « Vive le Québec libre ! ». Les amis québécois du grand-père n’avaient pas seulement remonté le Saint-Laurent, ils avaient aussi remonté de Gaulle comme un coucou, qui est arrivé survolté à Montréal. En 1967 comme en 1944, à Bayeux, il s’agissait de faire la nique aux Anglo-Saxons. Du Bock-Côté dans le texte.

Les Français ont toujours eu un faible pour leurs cousins de la Belle Province, la dernière d’Ancien Régime, cernée par l’Anglois et le froid. Entre tous, c’est leur accent préféré. Mathieu Bock-Côté profite de cet engouement, mais ce capital sympathie ne suffit pas à expliquer son succès. Il a quelque chose en plus. Un coffre de ténor d’opéra, un vieil art oratoire, une gourmandise pour les idées. Le verbe pugnace, il gagne haut la main le concours d’éloquence des chroniqueurs télévisuels. Résultat : lui le boulimique, il est partout, sur CNews, Europe 1, au FigaroVox, sans compter ses interventions au Québec, où il est en première ligne. Mais ce n’est pas pour cela qu’on l’a rencontré. On a voulu le voir pour qu’il nous parle de l’Amérique du Nord.

Le Canada aujourd’hui, c’est un laboratoire de tous les délires contemporains – et un observatoire. On y brûle des livres « réactionnaires » avec la bénédiction tacite de Justin Trudeau, le Premier ministre dégoulinant de bons sentiments. Dans son genre, Trudeau est même plus fort que le pape François : il n’essuie pas les pieds, lui les astique. Depuis que le dalaï-lama s’en prend à l’immigration, c’est la star des médias centraux.

Justin Trudeau, le premier des politiclowns

Trudeau, c’est Instagram avant Instagram, le selfie avant le selfie, le m’as-tu-vu sans scrupules, Bel-Ami à l’ère des réseaux sociaux. Sa vie est une parade nuptiale politique à destination de la ménagère, qu’importe son âge. On parle beaucoup aujourd’hui des démagogues, moins des démagogues sentimentaux, une variété très répandue de nos jours. Trudeau est le plus accompli d’entre eux. L’appel aux larmes. Il veut abattre tous les murs, sauf les murs de Lamentations. Ses opposants l’appellent « Madeleine Trudeau », toujours en train de verser une larme – face caméra cela va de soi. Il veut toujours être sur la photo, c’est un « kid kodak », comme on dit au Canada. Sa vie est un press-book où il pose en tutu, en turban, en turlututu chapeau pointu. Le concept d’appropriation culturelle dont il est un ardent promoteur s’est ironiquement retourné contre lui. Il ne peut plus se déguiser en Amérindien ou en Sikh, alors il se déguise en chippendale et en homme politique. En vérité, il aurait eu sa place dans notre dossier sur les bouffons et la politique : c’est le premier des politiclowns.

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