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Vœux 2022 éléments

Les vœux d’Éléments. Un réveillon sans président Omicron

Ah les vœux, exercice imposé. Impossible d’y couper. Rendons-les légers et guillerets pour les endurer stoïquement. Vous connaissez peut-être ce bon mot d’Alphonse Allais : « Je ne prendrai pas de calendrier cette année, car j’ai été très mécontent de celui de l’année dernière. » Je crois qu’on peut dire, avec la comète Alphonse de Allais, qu’on a été très mécontent, vraiment très-très mé-con-tent, du calendrier 2021. 2021 a été une Annus horribilis. 2022 sera-t-elle une Annus mirabilis, une année miraculeuse ? Rêvons un peu, discriminons beaucoup, réfléchissons surtout. « Éléments » est là pour cela.
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Ce soir, pour la Saint-Sylvestre, on aura droit aux vœux du maréchal Joseph Macron sur toutes les chaînes comme au bon vieux temps de l’ORTF et de l’URSS. Un grand moment d’ennui cathodique. Il n’y a que la cérémonie des Césars qui produise cette impression de néant, de jactance prétentieuse, d’encéphalogramme plat. Sauf si Macron nous annonce qu’il ne demande pas à ce qu’on lui reconduise son CDD de cinq ans. On a le droit de rêver, n’est-ce pas !

Le miracle serait d’assister au retour du Gaulois réfractaire, du grognard de la Grande Armée, du Chouan, du Communard – tous abonnés à Éléments, munis d’une fourche et d’une boîte à concepts. Voilà de quoi voir l’avenir avec un certain enthousiasme. Ce serait une année de grand déconfinement, les villes à la campagne, la campagne sans campagnes de rappel. Une année sans les avis mouillés de Jean-François Delfraissy, sans les points presse masqués de Gabriel Attal, le godelureau de service qui nous ferait presque regretter la garde-robe et les fautes de syntaxe de Sibeth Ndiaye. Bref, une année sans Covid. Franchement, on n’en peut plus des shoots quotidiens de Covid. Construisons des boulodromes – des terrains pour jouer à la pétanque –, pas des vaccinodromes ! Une année où le seul variant qui subsisterait serait le variant Macron du président Omicron. Libre à lui, ensuite, de faire l’aide à domicile chez sa chère et tendre Brigitte, au Touquet. Tout se décidera les dimanches 10 et 24 avril.

Une année qualitative

Une année sans installation de nanar contemporain dans les rues, sans Instagram, sans les fesses siliconées de Kim Kardashian, sans éoliennes, sans voitures électriques, sans Miss France Trans, sans jauge dans les salles de spectacle sauf pour la cérémonie des Césars. Une année sans matinales de France Inter, où Charline Vanhœnacker serait confinée à Molenbeek d’où elle pourrait lancer son appel de la prière quotidien du rire. Une année sans audiovisuel public, comme le demandent Marine Le Pen et Éric Zemmour. Une année sans vœux du président Omicron ni bénédiction du pape François. Une année sans attroupements de livreurs exotiques devant chaque enseigne de junk food. Une année sans toilettes dégenrées, sans concours androgyne de l’Eurovision, sans Les Tuche 5, 6 ou 7, sans soja, ni hommes soja, ni femmes à barbe. Sans son quota de trans, de vegans, de masculinité toxique. Une année sans moustiques, sans puces électroniques, sans QR code. Une année sans croissance quantitative, où tout serait qualitatif, croissance incluse.

Molière avec nous

Une année où l’on appuierait sur pause. Pause sur la connerie, pause aux écrans, pause au bougisme, pause au tourisme, pause à l’immigration – car c’est la même dynamique. Une année où l’on débrancherait Yann Barthès, où l’on mettrait Cyril Hanouna sous aspirateur médical et Nagui sous sommeil cryogénique. Une année où l’on célébrerait les 400 ans de la naissance de Molière sans mise en scène de Denis Podalydès ni festival d’Avignon. Une année où la capacité de concentration des jeunes repasserait au-dessus de la barre des 10 secondes – sans cela, ils ne liront jamais Éléments. Où l’on fermerait les facs de Jussieu et de Nanterre comme on a fermé naguère celle de Vincennes. Où Sciences Po Grenoble serait délocalisé à Kaboul et Sciences Po Paris à Vesoul.

Une année sans les lunettes de Lilian Thuram ni les bouclettes d’Assa Traoré. Une année où le privilège blanc retrouverait droit de citer dans les pays historiquement blancs, et le privilège noir dans les pays historiquement noirs. Où Renaud Camus serait reçu sous la Coupole. Où Alain de Benoist occuperait une chaire au Collège de France. Où Bernard-Henri Lévy lirait ses œuvres au théâtre des Deux Ânes et Alain Minc réduirait ses apparitions publiques à Fort Boyard, avec Luc Ferry et Raphaël Glucksmann. Où le prochain album d’Astérix ne serait pas inclusif et féministe. Où l’écologie redeviendrait de droite et le monde vivable. Un monde normal, quoi ! Rien qu’un peu, un tout petit peu. On a le droit de rêver, n’est-ce pas ! Bonne année quand même de toute l’équipe d’Éléments !

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