Nous voyons les débats enflammés sur la composition raciale de l’équipe de France. Un des arguments utilisés et largement répétés est « Les joueurs de NBA (NDLR : la ligue professionnelle de basket aux États-Unis) sont noirs. Et cela ne pose aucun problème ! » Argument fallacieux. Les Euro-Américains ont cessé d’importer des esclaves aux États-Unis dès le 1er janvier 1808. Cependant, cette traite — maintenant que nous en avons le terme ! — commença en 1619. Aux prémisses de la guerre civile américaine, en 1860, le pays comptait environ 4 500 000 noits, soit 15% de la population. Ainsi, le joueur que l’on voit courir sur l’érable de son terrain de basketball ou le voyou de Jackson, Mississippi, qui, dans une volute de fumée, dit sheeeeeeit, bruh… ain’t nobody finna do allat, savent que leurs ancêtres sont arrivés sur des bateaux négriers au XVIIe ou XVIIIe siècle. Quatre-cents-ans ou trois-cents-ans, ce n’est pas quarante ou trente ans. Second point : les Noirs, aujourd’hui, représentent 13% de la population américaine. Troisième et dernier point : les Macroniens, en se croyant progressistes, continuent de dire afro-américain pour désigner un Noir, ce n’est pas un américain-tout-court. Un Mexicain est un Latino. Un Anglais est un Américain. Les Italo-Américains, arrivés bien plus tard, à la fin du XIXe siècle, sont renvoyés à leurs origines. Les Français et les Anglais, arrivés les premiers, avec les Néerlandais, sont les Américains. En Louisiane, ces Français sont les Cajuns — ou Acadiens —. À noter : avec une population dépassant les 40 millions de personnes, les Germano-Américains représentent la principale composante du pays. Les journaux étaient encore imprimés en allemand, au Texas, en 1920. L’auteur de ces lignes participa d’ailleurs à l’Oktoberfest de New Braunfels, très récemment. Pour conclure, comparer la France et l’Amérique est et restera une ânerie. La signature du fat.
Nous voyons tous passer des photos de l’équipe de France de 1970. Ils sont tous blancs. Leurs prénoms ? Georges, Hervé, Philippe, Claude, Bernard, Jean ou Roger. Si nous prenons une photographie de l’équipe des Bullets de Baltimore, en NBA, ou des Knicks de New York, à la même époque, nous constatons que la ligue était divisée équitablement : moitié de joueurs blancs, moitié de joueurs noirs. Maintenant, si nous évoquons l’équipe de France de 1998, nous nous souvenons de Fabien, notre gardien, Laurent, notre défenseur, Didier, Emmanuel, Robert et Alain, au milieu. Il y avait un Basque. Un autre aux origines portugaises, ayant un prénom français. Un autre aux origines arméniennes, ayant un prénom français. Et nous nous souvenons des tentatives acrobatiques de Stéphane Guivarc’h qui voulut tant enter dans l’histoire. Un Breton.
Ce que nous déplorons, c’est la radicalité et la soudaineté de la transformation qui a mené à l’équipe quasi exclusivement noire d’aujourd’hui.
Invisibilisation des blancs
Ne plus soutenir l’équipe de France depuis 2002, avec son lot de racailles, n’est pas du racisme. C’est un droit, tant l’expression d’un mal profond doit être analysé et respecté. Nous entendons souvent l’argument : « S’il n’y avait que des Chinois dans l’équipe du Congo, vous crieriez au scandale ! » En effet, imagine-t-on dix joueurs chinois et un joueur noir dans l’équipe de Guinée ? D’autres répondent: « C’est parce qu’il n’y a pas de Français de souche capables d’accomplir de telles performances ! » Encore faudrait-il que les Blancs ne souffrent pas d’un racisme systémique au sein de cette institution sportive, et cela depuis… vingt-cinq ans. Beaucoup de Français, ne se sentant plus représentés, ont cessé de regarder cette compétition — ou soutiennent l’Argentine.
Pire, cela accompagne un mouvement plus général : la disparition des Blancs dans les médias. Hélène de Troie est maintenant noire. Les Vikings sont noirs. La Petite sirène est noire. Hermione Granger est noire. Le racisme systémique grossit. À Londres, certaines annonces interdisent aux non-musulmans l’accès aux biens immobiliers. Nous avons tous à l’esprit les réunions interdites aux personnes blanches. Sarah Knafo a tenté d’alerter l’opinion sur la nouvelle outrance de la commission européenne : les victimes de racisme sont uniquement les personnes noires, musulmanes, juives, asiatiques ou manouches.
Ainsi, pour couper court à la comparaison, et contrairement aux équipes américaines de basketball, nos joueurs qui représentent la France, au sein de l’équipe nationale, viennent à peine d’être français. Le père de Kylian Mbappé est né au Cameroun. Les parents de Dembélé sont nés en Afrique. Tout ceci procède d’un phénomène très récent. Il est donc normal d’en débattre. Le ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a ainsi déclaré : « Quel que soit le vainqueur, c’est l’Afrique qui aura battu l’Afrique. » Un présentateur noir américain, Trevor Noah, ajoutait en 2018 : « L’Afrique a gagné la Coupe du monde ! » Aucune réaction. Mais si c’est Chilavert ou un ou un joueur argentin qui le dit, c’est vilain.
En effet, il n’y a pas plus néo-colonial que le football. La Colombie parle espagnol. Le Brésil parle portugais. Les Australiens parlent anglais. Curaçao parle le néerlandais. Les Sénégalais parlent français. Sport anglais inventé en 1863, il s’est exporté partout sur la planète : des Arabes du Qatar jouent au football. C’est même un rappel permanent de ce que nous ne voyons plus : l’équipe de France actuelle est la preuve de la toute puissance historique de notre nation. La coupe du monde est la preuve d’une empreinte européenne durable et totale.
Les gens qui défendent l’équipe de France, telle qu’elle est, rendent hommage à Jules Ferry. Un petit pays comme la France, capable de coloniser 40 pays à lui tout seul, dut être très puissant pour parvenir à cette fin. Et sur tous les continents. Elle est là notre toute-puissance. La transmission d’une langue et d’une foi. Car je vois partout des Noirs faire le signe de croix (même si l’Éthiopie fut chrétienne avant la France, l’exemple est unique). Et les enfants de nos colonies jouer à présent pour les Européens qui éructent dans les stades. C’était le rêve de la gauche, de Ferry. En civilisant les races inférieures, il fallait reproduire l’apport des Romains envers les Gaulois. Permettre de faire baisser la mortalité infantile sur le continent d’en face, au sud, leur permettre d’accéder à des vaccins, de construire des hôpitaux, des écoles, des routes, de leur apprendre notre langue, de leur transmettre nos croyances — et de les inviter chez nous afin qu’ils profitent de notre prospérité, de notre éducation apatride.
Perte d’identité réciproque
C’est ironique. Les « indigènes » ne le savent pas mais ils vont perdre toute leur culture en venant en Gaule. Tôt ou tard. Kylian Mbappé ne parle pas les langues du Cameroun, il n’est pas animiste. De mère algérienne, il est à peine noir. Francisé, il s’exprime en français. La Gaule l’a assimilé. N’Golo Kanté et Ibrahima Konaté ont un document qui prouve leur citoyenneté. On voit ces vidéos de Noirs agitant leur passeport français devant la caméra, en menaçant Marine Le Pen ! Pas de remigration ! Pas pour tous, mais une commission de dé-naturalisation.
Car l’Africain s’assimile, il porte des vêtements européens, parle une langue européenne, utilise les inventions européennes, il est déjà largement acculturé. Beaucoup sont en train de s’assimiler à nous. Leur peau s’éclaircit. Ils abandonnent leurs langues (pour certains). Leurs croyances. Leur culture. Mais d’autres résistent encore. Ils font bloc. Récemment, dans Vanity Fair, Mbappé déclarait : « Je sais ce que ça signifie et quelles conséquences cela peut avoir pour mon pays lorsque des gens comme eux arrivent aux commandes. » Marine Lepen est donnée gagnante à 70% contre Jean-Luc Mélenchon. Kylian Mbappé joue-t-il pour les 30% qui restent ? En prenant le partie de Merzouk, en ne rendant pas hommage à Lola, à Thomas, à Louis et à tous les autres, a-t-il fait sécession ?
Alors quand la sénatrice paraguayenne commet ses provocations, nous crions au racisme, nous poussons des cris de vierge, sans voir que la majorité du monde, peut-être, pense comme elle. Car c’est évident, les Européens… ce sont les Européens. Le XXIe siècle sera le dernier siècle des Blancs. Comme les jeunes femmes qui se voilent, comme les jeunes hommes qui prient dans la rue, certains Gaulois réfractaires subissent les conséquences des idées folles de Bruxelles. Et ce n’est que le début.
Louis Bance



