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Le masculinisme : de la haine de soi à la haine des siens

Vous avez pu découvrir, dans le numéro d’Éléments actuellement en kiosque, notre dossier consacré à la condition masculine. Certains lecteurs, peut-être égarés par la vieille et très binaire dichotomie gauche/droite (à laquelle pourtant nous n’avons jamais cédé), ont pu être surpris d’y lire une critique sans concession du masculinisme, cette nouvelle tendance importée d’outre-Atlantique qui rencontre un certain succès chez une partie des jeunes hommes. Ces lecteurs-là ont sans doute pensé que le combat de fond que nous menons depuis de nombreuses années contre le féminisme et le wokisme aurait dû nous amener, au moins dialectiquement, à trouver un point d’accord avec ces jeunes hommes – ce qui est évidemment mal nous connaître. Faisons donc le point pour prolonger la réflexion du dossier.

Dans un des articles du dossier, je dresse la liste de six raisons pour lesquelles les jeunes hommes, malgré l’adversité à laquelle certains d’entre eux sont confrontés de nos jours, ne devraient pas céder aux sirènes du masculinisme.

Pour rappel ces six raisons sont les suivantes :

  • Le masculinisme n’est qu’un féminisme inversé
  • Le masculinisme est un américanisme
  • Le masculinisme est féminophobe (ou misogyne si vous préférez)
  • Le masculinisme est un puritanisme
  • Le masculinisme est un business
  • Le masculinisme est une passion triste

Je vous renvoie au numéro en cours pour le détail de chacun de ces six points, leur simple énoncé ne suffisant pas à constituer en soi une démonstration. Or il existe à mon sens une septième raison, qu’il m’a été impossible d’exposer dans le dossier par manque de place, et dont j’aimerais vous entretenir aujourd’hui. Cette raison, difficilement résumable en une formule simple, a trait à l’identité, au rapport à soi et à l’autre. Et par soi et autre, je ne parle pas cette fois de l’homme et de la femme, mais d’un autre clivage, celui du national et de l’étranger, de l’autochtone et de l’allochtone.

La question identitaire et le rapport à l’étranger ont, dans l’opinion commune, partie liée avec ce qu’on appelle en politique la droite. Dès lors une première question se pose : le masculinisme est-il de droite ?

De quelques liens entre masculinisme et extrême droite

Dans le discours médiatique, le masculinisme est souvent, voire presque toujours, associé aux idées de droite ou d’extrême droite, comme s’il en était la dernière mouture à la mode chez une partie de la jeune génération. Ce phénomène est généralement envisagé comme l’extension, au plan de l’identité de genre, de plusieurs caractéristiques connotées à droite de l’échiquier idéologique :

  • le conservatisme ou la réaction (ici l’aspiration au retour d’un patriarcat monolithique fondé sur une distinction nette, rigide et hiérarchisée entre les rôles sociaux de sexe) ;
  • la nostalgie « fascisante » (ici le goût d’un entre-soi viriliste avec un accent mis sur la discipline sportive et une glorification du muscle et du corps masculin) ;
  • le darwinisme social d’inspiration ultralibérale (ici l’optimisation de soi comme « meilleure version de soi-même », et une vision des rapports entre les sexes calquée sur les catégories du marché : offre, demande, plus-value, avantages comparatifs, retour sur investissement, etc.).

Ainsi, même si cette reductio systématique du masculinisme à l’extrême droite peut avoir quelque chose d’agaçant – par la paresse intellectuelle ou la mauvaise foi partisane qu’elle présuppose chez ceux qui établissent ce lien – elle n’est pas pour autant dénuée de fondements. La journaliste norvégienne Annvor Seim Vestrheim voit dans toutes ces idées, et notamment dans le lien menant de la tentation masculiniste à l’adhésion à des thèses d’extrême droite, un « continuum idéologique tentaculaire »1. De fait les logiques de pensée très droitières que nous venons de mentionner sont bel et bien présentes dans la vision du monde de nombreux masculinistes, et un certain nombre d’entre eux, en tout cas parmi ceux qui prennent la parole publiquement, se disent ouvertement de droite, certains plutôt conservateurs ou réactionnaires, d’autres plutôt libéraux, et beaucoup ne se souciant d’ailleurs aucunement des contradictions théoriques existant entre les deux. La psychothérapeute Sylvie Tenenbaum, dans son livre Le Péril masculiniste (Harper Collins, 2025) parle d’ailleurs à leur propos de « contre-révolution ».

Plus encore qu’être « de droite », ils sont en opposition frontale avec les valeurs de gauche contemporaines. Celles-ci, à tort ou à raison, sont associées à des idées et à des doctrines que les masculinistes contestent : l’égalité des sexes, la déconstruction des normes genrées, la cause féministe, le wokisme, etc. Il va de soi (les lecteurs d’Éléments sont bien placés pour le savoir) que porter un regard critique sur ces idées n’implique aucunement d’être masculiniste, ni même d’ailleurs d’être de droite – mais a contrario je connais peu de masculinistes qui adhèrent à cette conception-là de la société.

Précisions que si les gens de gauche sont quasiment unanimes à condamner le masculinisme, on trouve à droite de nombreuses personnalités qui s’en distancient également, même si leur critique n’est pas forcément du même ordre. Mathieu Bock-Côté parle ainsi d’une « droite masculiniste affligeante », et ajoute que « sans virilité, il ne reste que la masculinité primitive : comme idiots utiles, on ne fait pas mieux ! »2. Il est vrai que les masculinistes, tout comme peuvent l’être dans un autre registre les catholiques intégristes ou les nervis néonazis, constituent pour la gauche un épouvantail terriblement efficace lorsqu’il s’agit de faire le procès de la droite, systématiquement ramenée à ses éléments les plus extrémistes.

Le masculinisme, un truc de blancs ?

Si la réduction masculinisme = extrême droite est tentante pour la frange la plus militante des sociologues (souvent situés à gauche), cela n’empêche pas certains d’entre eux de faire la part des choses. « Tous les masculinistes ne sont pas d’extrême droite, et il convient de nuancer le préjugé selon lequel l’antiféminisme serait le fait de jeunes hommes blancs catholiques occidentaux. »3 écrit ainsi Pauline Ferrari dans son livre sur la manosphère. Indépendamment du positionnement idéologique des masculinistes, beaucoup d’observateurs insistent sur la variété ethnique des hommes concernés. Sur YouTube on peut d’ailleurs relever, rien que dans la sphère francophone, plusieurs hommes noirs ou d’origine maghrébine parmi les influenceurs mascus. Quant à la communauté incel, ces « célibataires involontaires » ayant développé un profond ressentiment misogyne suite à leurs difficultés à plaire aux femmes, elle semble très bigarrée, certains hommes « racisés » n’hésitant pas à faire valoir leur origine ou leur couleur de peau comme un handicap supplémentaire sur le « marché » de la séduction. Ainsi par exemple de ces jeunes hommes issus de l’immigration arabo-musulmane ou de l’Asie du Sud-Est, prompts à pointer un inconscient « raciste » chez les femmes refusant leurs avances.

Les incels n’hésitent d’ailleurs pas entre eux à se cataloguer en fonction de leur ethnie, inventant des néologismes qui fleurissent sur les forums en ligne et qui pourraient tout à fait passer pour racistes s’ils n’étaient pas souvent forgés par les principaux concernés : les blackcels (incels noirs), les ricecels (incels asiatiques), les currycels (incels indiens)… En dépit de cet éclectisme, Pauline Ferrari relève tout de même que « s’il est difficile d’établir une sociologie de la manosphère, tant ses différentes communautés sont éclatées et hétérogènes, on remarque néanmoins des facteurs communs : ce sont des hommes cisgenres, hétérosexuels, en majorité blancs, venant de pays occidentaux, ayant moins de la trentaine (voire de la vingtaine), et provenant pour la plupart des classes moyennes urbaines. »4 Je ne sais pas s’il est exact qu’ils soient majoritairement blancs mais il est sans doute politiquement utile de l’affirmer, les féministes ayant tendance, on l’a souvent constaté, à détourner pudiquement le regard lorsque la « masculinité toxique » se présente comme un produit d’importation.

Précisons d’ailleurs que ce ressentiment masculiniste ne se confine pas à l’Occident et qu’il semble aujourd’hui particulièrement présent dans certains pays asiatiques, où là aussi il lui arrive de céder à la tentation d’hypothèses explicatives fondées sur la race. Les politologues Raffaello Pantucci et Kyler Ong, qui ont étudié le risque terroriste dans les communautés incel, évoquent le ressentiment exprimé par des hommes de Singapour à l’égard des hommes blancs des diasporas européennes et nord-américaines, à qui ils reprochent de leur faire une concurrence déloyale auprès des femmes de souche5. Commentant les observations de cette étude, Annvor Seim Vestrheim écrit qu’il « est apparemment plus facile pour un homme blanc d’exploiter une femme originaire d’Asie du Sud-Est pour des services sexuels, car les femmes asiatiques – souvent appelées “putes nouilles” (noodlewhores) – seraient obsédées par l’argent »6.

Le pays du monde où le masculinisme paraît actuellement le plus fort et le mieux structuré est d’ailleurs un pays asiatique, la Corée du Sud, où la crise du renouvellement démographique est particulièrement préoccupante et où l’opposition féminisme/masculinisme semble avoir radicalisé le radical right gender gap (RRGG), cette fracture électorale entre hommes et femmes qui, selon certaines analyses, recouvrirait un clivage politique entre idées conservatrices et idées progressistes7. A gauche de l’échiquier politique sud-coréen, la candidate du Parti des femmes Yoon Ji-hye, explique que « le néolibéralisme et la méritocratie ont peut-être aggravé la rancune des jeunes hommes envers la société, et la dirigent finalement contre les femmes au lieu d’identifier la racine de leur mal-être »8. Cette observation, qui m’apparaît tout à fait pertinente, laisse à penser qu’une réaction droitière d’hommes déjà socialement déclassés et fragilisés par le système capitaliste pourrait bien aggraver le mal dont ils souffrent plus que de les en libérer. C’est là tout le paradoxe de la troisième composante « de droite » que je mentionnais en début d’article (le néolibéralisme et le darwinisme social) : il s’agit pour la plupart des masculinistes (à l’exception de quelques influenceurs millionnaires tirant profit de la misère affective de leur public) d’un capitalisme du pauvre.

La femme française, bête noir de l’incel

Si donc on peut dire, en simplifiant beaucoup, que le masculinisme est un phénomène plutôt marqué à droite – et ce indépendamment de la composition ethnique des communautés qu’on désigne sous ce terme – se pose alors la question de l’identité, grande préoccupation des droites actuelles. De l’identité, du rapport à la sienne et à celle des autres. Si on postule que les masculinistes sont globalement plutôt conservateurs, pourrait-on aussi dire par exemple qu’ils sont patriotes ou nationalistes ?

Derrière la fierté d’être un homme, qui n’est pas un mal en soi mais qui a toujours quelque chose d’un peu artificiel (une masculinité apaisée et sûre d’elle-même a-t-elle vraiment besoin de fierté, d’affirmation ou de revendication ? vivre sa masculinité lorsqu’on est un homme ne devrait-il pas relever d’une simple évidence ?), on trouve non seulement une grande insécurité identitaire mais aussi, parfois, un rapport à soi non exempt d’un certain masochisme. C’est particulièrement vrai chez les incels dont les épanchements en ligne témoignent d’une véritable haine de soi. Ce n’est pas contre la masculinité qu’ils en ont (contrairement aux hommes dont je vous parlais dans mon article « Ces hommes qui détestent les hommes », à lire dans le dossier de notre dernier numéro) mais contre eux-mêmes, en tant qu’ils pensent ne pas répondre aux exigences de cette masculinité idéale qu’ils rêveraient d’atteindre et qui devrait leur permettre, croient-ils, d’être agréés par les femmes. Cette haine de soi peut prendre différentes formes : complexes physiques, auto-dénigrement, troubles alimentaires, repli nihiliste, pensées suicidaires. Or, comme nous l’enseigne la psychologie, les expressions individuelles de la haine de soi peuvent facilement s’étendre à des expressions collectives, le « soi » haï prenant alors la forme d’un groupe auquel on appartient, auquel on s’identifie ou avec lequel on entretient des liens étroits. Autrement dit, du masochisme individuel au masochisme identitaire il n’y a parfois qu’un pas.

L’incel, on le sait, n’aime pas les femmes – ou se convainc qu’il ne les aime pas, pour mieux supporter le fait qu’elles se refusent à lui (c’est ce que j’ai appelé dans notre dossier le principe du renard aux raisins d’Ésope). A un certain stade de sa dérive il réalise alors que les femmes autour de lui n’ont pas un mais deux défauts rédhibitoires : 1) elles sont des femmes ; 2) elles sont Françaises/occidentales/blanches (rayez la mention inutile en fonction du contexte). Il se dit alors que la nature viciée des femmes qu’il diabolise depuis si longtemps est en réalité aggravée par un contexte culturel, celui du progressisme, du féminisme, de l’aspiration des femmes qui l’entourent à s’émanciper et à ne pas vivre dans son ombre et sous sa tutelle. Et ce contexte culturel, il le lie à un pays ou à une aire civilisationnelle : les femmes françaises sont les pires parmi toutes les femmes précisément parce qu’elles sont Françaises ! C’est parce qu’elles sont Françaises (émancipées, progressistes, etc.) qu’elles se refusent à lui et qu’en plus elles ne présentent pas les attributs de la féminité traditionnelle qui pourraient, éventuellement, le réconcilier avec la gent féminine. Il songe alors que toutes les femmes du monde n’ont pas été contaminées par ce virus émancipateur et qu’il en existe peut-être, dans d’autres cultures, dans d’autres pays, dans un ailleurs fantasmé, qui seraient susceptibles de lui plaire et qui pourraient vouloir de lui.

Le masculinisme est-il un ethnomasochisme ?

De la haine de soi on glisse au masochisme identitaire, et de là à une xénophilie fantasmée. Il suffit de parcourir les forums masculinistes pour tomber sur des messages, presque touchants de naïveté, dressant l’éloge convenue, et non dénuée d’un certain paternalisme, des femmes d’Europe de l’Est, d’Asie ou d’Afrique. Ces femmes-là, que la plupart des commentateurs ne connaissent que de très loin, sont présentées comme des modèles de féminité traditionnelle mêlant élégance, douceur et vertus domestiques. A l’extrême droite certains influenceurs cyniques – et tout à fait lucides quant à la détresse amoureuse et sexuelle qui domine dans leur public – en ont d’ailleurs fait un business, proposant à leurs souscripteurs de leur présenter des femmes en Roumanie, en Géorgie, en Russie ou ailleurs, voire de les aider à s’expatrier dans ces pays, qu’une certaine propagande présente comme des bastions de résistance au monde moderne. D’autres proposent des services similaires pour le continent asiatique.

Pour cette extrême-droite-là, non seulement la nation n’est plus du tout un référent (oubliant, comme le disait Danton, qu’on n’emporte pas la patrie sous la semelle de ses souliers) mais le critère ethnique, présenté un temps comme le nouveau référent identitaire, finit par se retourner contre lui-même, la « blanchité » tendant à devenir une circonstance aggravante chez les femmes honnies, auxquelles on préférera une Thaïlandaise ou une Sénégalaise (lesquelles, en général, s’avéreront beaucoup moins soumises et beaucoup plus émancipées que prévu !).

C’est le phénomène connu depuis quelques années sous l’expression de « sexpatriation » et personnifié par ceux qu’on appelle les passport bro (« frères de passeport »), une dénomination tirée du documentaire Frustrated (Al Greeze, 2011). Ce film, réalisé par un journaliste afro-américain, s’interrogeait sur les raisons pour lesquelles de nombreux hommes noirs aux Etats-Unis avaient tendance à chercher l’amour auprès de femmes d’autres ethnies. L’expression a fini par s’étendre aux hommes de toutes origines, se focalisant ensuite majoritairement sur les hommes blancs. « L’expression passport bros, explique Le Monde, désigne les hommes occidentaux qui, s’estimant injustement déclassés économiquement et méprisés par des femmes trop émancipées, se tournent vers des pays supposément préservés du “poison féministe”. »9

Cette préférence allogène, que certains observateurs ont pu hier associer à la gauche (pensons par exemple à la critique de Guillaume Faye et à sa mise en accusation de l’ethnomasochisme ou, plus généralement, à la xénophilie morale très présente dans les milieux bobos), semble aujourd’hui être passée à droite. Le 16 avril 2025, Kyle Langford, candidat républicain au poste de gouverneur de la Californie, déclarait que s’il était élu il soumettrait un projet de loi tout à fait révolutionnaire. La loi qu’il avait imaginée donnerait la possibilité aux femmes migrantes résidant en situation irrégulière sur le territoire californien et menacées d’expulsion de disposer d’une année de carence avant de devoir partir, cette année devant leur permettre d’épouser un célibataire américain pour pouvoir rester. Ou, comme l’écrit un peu plus brutalement Annvor Seim Vestrheim, d’« un an pour se marier avec un incel et ainsi échapper à la déportation »10.

Qu’il s’agisse de se « sexpatrier » dans un prétendu eldorado traditionnaliste (avec le pouvoir d’achat occidental en guise de carotte) ou de se tourner, dans les diasporas étrangères, vers les femmes ressortissantes de pays plus conservateurs ou de cultures plus patriarcales (avec la menace d’expulsion en guise de bâton), la logique est la même et se fonde sur une série de présupposés assez peu propres à faire naître un sentiment amoureux entre deux individus. Dès lors se demander si le masculinisme est ou non de droite apparaît très secondaire, voire tout à fait anecdotique.

1 Annvor Seim Vestrheim, Les Incels. Du clic à l’attentat, Remue-ménage, 2026, p.15

2 Mathieu Bock-Côté, entretien, Causeur, février 2024

3 Pauline Ferrari, Formés à la haine des femmes. Comment les masculinistes inflitrent les réseaux sociaux, JC Lattès, 2023, p.128

4 Ibid, p.39. Au-delà de la question du prestige lié à l’argent, les hommes blancs (toujours selon ces incels) bénéficieraient d’un différentiel de virilité leur donnant un avantage sur les hommes asiatiques. « Chez les incels non blancs, écrit Pauline Ferrai, on blâme le racisme opérant dans le monde du dating avec ses nombreux préjugés : c’est notamment le cas des hommes asiatiques, perçus comme “moins virils”. La plupart blâment les femmes blanches qui leur refusent la sexualité, mais aussi les femmes partageant leur origine ethnique ou leur couleur de peau qui préféreraient avoir des relations avec des hommes blancs, appelant ces derniers des Chads. » (op. cit., p.129)

5 Raffaello Pantucci et Kyler Ong, (« Incels and terrorism : sexual deprivation as security threat », in. RSIS Commentary, vol.176, 6 octobre 2020

6 Annvor Seim Vestrheim, op. cit., p.67

7 « Le glissement à gauche des jeunes femmes a rendu plus visible encore un phénomène ancien et bien identifié : la capacité d’attraction de jeunes hommes par les partis d’extrême droite et populistes. Ce radical right gender gap (RRGG) est constaté dans de nombreux pays. Comme l’explique Ansgar Hudde, ces partis antisystème attirent des hommes ayant le sentiment de ne pas être les gagnants des bouleversements actuels : “Dans le système éducatif, ils sont passés derrière les femmes. Lorsqu’ils ont un faible niveau d’éducation, certains ont plus de difficultés à trouver une partenaire affective, ce qui suscite aussi des frustrations.” Ces jeunes hommes voient le monde comme un jeu à somme nulle, d’où leur ressentiment contre les étrangers et les femmes, qui dans leur esprit viennent saisir les positions qui leur revenaient. » (Pascal Riché, « Les hommes sont de Mars, les femmes sont de gauche », in. Le Nouvel Obs, 21 mars 2024)

8 citée dans Axel Nodinot, « La Corée du Sud à l’heure sexiste », in. L’Humanité, 10 avril 2024

9 Laure Coromines, « Les passport bros ou le masculinisme sous cocotiers », in. Le Monde, 23 mars 2026. Lire aussi à ce propos :Maëlys Kapita, « Les sexpatriés », in. Society, 11 avril 2024.

10 Annvor Seim Vestrheim, op. cit., p.97

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