Laurent de Boissieu

Laurent de Boissieu, un rienologue au chevet d’Éléments

Ce vigilant devrait exercer du reste son prurit antifasciste et ses manies de purificateur sémantique dans son champ de compétence – le gaullisme – au lieu de nous chercher des poux. Faut-il lui rappeler la France « pays de race blanche » de son grand homme ?
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

On connaît la répartie de de Gaulle au fameux « Mort aux cons ! »
– Vaste programme, eût-il dit.
Le général ne croyait pas si bien dire. L’un de ses jeunes thuriféraires, salivant à longueur de journée sur les réseaux sociaux, journaliste à La Croix, Laurent de Boissieu – qui porte au passage l’un des noms les plus prestigieux du gaullisme (serait-ce encore l’un de ces innombrables « fils et fille de » qui pourrissent notre quotidien ?) –, vient d’en administrer la preuve. Il traque la bête immonde dans les rangs souverainistes et s’est trouvé une nouvelle cible : Jacques Sapir, au prétexte que ce dernier a donné un entretien à Éléments, « le pire du pire de l’extrême droite », « identitaire racialiste-raciste », « hors du champ de l’acceptable », « Entre le camp national-républicain et l’extrême droite (Éléments), Jacques Sapir doit choisir », « C’est très simple : pour moi il y a un mur infranchissable qui sépare les racialistes (Nouvelle Droite, Identitaires) de tout le reste. Franchir ce mur c’est devenir indéfendable » « j’ai défendu tant de fois Sapir… c’est désormais fini. » (et on en passe).

De-boissieu2

Jacques Sapir, vos papiers ! Quand l’économiste est sommé de s’expliquer pour avoir donné un entretien à Éléments

Autant dire la résurgence de l’hydre nazie sous la forme d’un « fanzine militant » (c’est trop aimable à lui). A-t-il seulement ouvert une fois notre journal, cet ignorantin, au lieu de prononcer des excommunications sentencieuses ?
On imagine bien que c’est cette sorte de saillies universitairement compatibles, au plat conformisme, qui lui ont ouvert les portes du CEVIPOF (Sciences Po) et du CELSA (Sorbonne), où ce robinet d’eau tiède sévit. Ah, la banalité du bien quand elle est assortie à l’expression du rien – quel attelage ! Mais quitte à remplir des fiches de police, autant les rédiger consciencieusement. Pauvre garçon. Il nous est bien arrivé de lire La Croix (et même d’y lire de bons papiers – pas les siens, qu’on se rassure), sans pour autant croire que le quotidien est toujours « le journal catholique le plus anti-juif de France », comme le journal des assomptionnistes se plaisait à se définir au temps de l’affaire Dreyfus.

De-boissieu3

Rien de tel qu’une infographie pour rehausser le néant d’une pensée. Laurent de Boissieu devrait d’abord songer à débroussailler la confusion qui l’habite.

Ce vigilant devrait exercer du reste son prurit antifasciste et ses manies de purificateur sémantique dans son champ de compétence – le gaullisme – au lieu de nous chercher des poux. Faut-il lui rappeler la France « pays de race blanche » de son grand homme ? Le « Colombey-les-Deux-Églises » plutôt que le « Colombey-les-Deux-Mosquées » ? Faut-il lui rappeler la lettre sur la politique migratoire adressée par grand-papa au garde des Sceaux, Pierre-Henri Teitgen, en 1945, recommandant « sur le plan ethnique » de « limiter l’afflux des Méditerranéens et des Orientaux qui depuis un demi-siècle ont profondément modifié la structure humaine de la France » ?

Non, évidemment !
Qu’il en fasse autant avec nous.

Laisser un commentaire

Sur le même sujet

S’abonner à la newsletter de la revue Éléments