La musique populaire, bastion ethno-différentialiste ?

La musique, langage universel ? Tu parles ! Chaque peuple a développé sa propre personnalité musicale, loin, très loin des musiques du monde.
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

On le sait au moins depuis la petite école (républicaine), il n’y a aucune différence entre les races, celles-ci d’ailleurs n’existant pas, à part bien sûr la race noire dont les membres sont pour leur part victimes d’un racisme systémique produit par les représentants des autres races, qui, elles, n’existent vraiment pas (vous suivez ?). Quoi qu’il en soit, tout le monde est donc rigoureusement identique sur notre belle planète, vaste rassemblement d’individus sans spécificités, identités ou goûts particuliers, autres bien sûr que ceux forgés par l’odieux carcan culturel discriminant en passe aujourd’hui, fort heureusement, de trépasser. Pourtant, malgré des dizaines d’années d’éloge du vivre-ensemble, de panégyrique du mélange et du métissage, de dénonciation aussi exaltée que vertueuse de « l’entre-soi », il existe (ou du moins existait dans le monde pré-Covid) des lieux échappant toujours à l’impérieux dogme diversitaire : les salles de concerts.

Nous ne parlerons pas ici des salles de concerts de musique classique et autres opéras, vestiges d’un élitisme bourgeois d’un autre âge, encore piteusement protégés par les barricades de l’argent tels des Fort Alamo suprémacistes, derniers émétiques relents d’un « privilège blanc » subclaquant. Non, nous évoquerons uniquement ces lieux populaires, sans tenue correcte exigée, tarifs exorbitants ni « physionomistes » oppressifs à l’entrée, où, malgré ces absences, on peut pourtant constater une étonnante répartition ethno-culturelle en fonction des styles musicaux de ceux qui s’y produisent. Un spectacle de ségrégation choisie, d’homogénéité ethnique spontanée, à faire frémir d’horreur et de dégoût un éditorialiste de Libé.

À chacun sa musique

Seule exception notable, le « rap », création moderne hybride et sans racines qui, fort d’un aussi gigantesque qu’intensif matraquage médiatico-publicitaire visant toutes les couches et catégories de population, du berceau à la maison de retraite, parvient à obtenir un public ressemblant, à la marge, au mythe « black-blanc-beur » qu’il prétend incarner. On ne se lasse d’ailleurs de voir de gentils « babtous » se dandiner au rythme d’hymnes syncopés appelant à leur bolossage et à l’enculage sans vaseline de leur chère maman, mais ceci est une autre histoire.

Hors le rap, donc, du zouk au black metal en passant par le rock alternatif, point de salut pour la mixité musicale et festive ! À chaque communauté sa salle et son ambiance. Il suffit pour le constater de visionner quelques-unes des innombrables vidéos de concerts « live » diffusées par les plateformes internet du type YouTube. Et même le très talentueux et très gauchiste Damien Saez peut bien hurler « qu’Ahmed est un prénom  français », il le fait devant un parterre atrocement monochrome, composé quasi exclusivement de « de souche » sans doute grands thuriféraires « intellectuellement » d’une diversité qu’en tout cas ils ne vivent pas en ces instants.

Et que dire du succès non démenti depuis maintenant plusieurs années du groupe « Trois cafés gourmands » et de son incontournable  « tube » vantant leur « Corrèze charnelle » assimilée à un « paradis terrestre », chanson reprise à pleins poumons aussi bien par tout le petit peuple de la « France périphérique » que par la population autochtone citadine nostalgique de son enracinement perdu, bref par cette « France moisie » qui donne la nausée à BHL et Sollers ? Peut-être serait-il temps que le politiquement correct s’empare de ce périlleux sujet et impose, là comme ailleurs, des « quotas » afin que le public, arraché à ses appétences naturelles, soit, peu importe l’artiste ou le groupe en représentation, toujours « représentatif» de la « pluralité » de notre société… Car imaginer que des hommes, fruits de cultures, d’histoires, de sensibilités et de rapports au monde divers, puissent être sensibles à des sonorités, des poésies et des textes distincts, et ne pas vibrer à l’unisson mais en fonction de cet héritage, serait vraiment trop insupportablement odieux…

© Photo : capture vidéo « Trois Cafés Gourmands en folie à l’Olympia », le 02 décembre 2019.

Laisser un commentaire

Sur le même sujet

S’abonner à la newsletter
{"cart_token":"","hash":"","cart_data":""}