Rechercher
Filtres
Le magazine des idées
La liste de Guy Birenbaum

La liste Birenbaum d’intimidation

Devant l'absence de réactions de soutien à un libraire parisien victime d'une honteuse manipulation, le rédacteur en chef d'Eléments, Pascal Eysseric dénonce les méthodes de Guy Birenbaum, «épicier» dans les médias.
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur whatsapp
Partager sur telegram
Partager sur print

C’est la règle intangible d’une vengeance : il faut que l’ennemi n’ait qu’une tête pour être abattu. En prenant pour cible un libraire qui n’a pas eu l’heur de lui plaire, Guy Birenbaum (ici) s’est livré à une opération de basse police. Avec le sourire, dit-il. Celui qu’affiche le thanatopracteur au moment de la toilette des morts.

Le journaliste de vengeance agit pour faire peur et faire haïr.

Ses recettes sont simples : il s’agit d’opérer un amalgame entre plusieurs ennemis, réduits à une seule et même figure, explique Pierre-André Taguieff dans un livre magistral paru récemment Le Diable en politique, réflexions sur l’antilepenisme ordinaire (CNRS Éditions, Paris 2014). La règle de l’ennemi unique fonctionne très bien dans les débats qui mettent aux prises des esprits manichéens, postulant qu’ils incarnent seuls le Bien et les autres le Mal.

Rappel des faits : pour dénoncer Xavier de Marchis, un libraire parisien indépendant refusant de se soumettre aux exigences marketing de l’éditeur du livre de Valérie Trierweiler (ce qu’il explique très bien ici), le billettiste Guy Birenbaum choisit de photographier et de réunir dans un article (ici) tous les ouvrages « des fachos » que le libraire vend : « Dominique Venner, Alain de Benoist, Soral ou les Cahiers d’Histoire du Nationalisme – qui invitent à s’abonner par votre intermédiaire à un journal raciste et antisémite comme Présent ». Naturellement, Guy Birenbaum commet son forfait « avec le sourire », car il est « contre la censure », mais n’oublie pas d’être « grossier à l’égard de ces fachos ». Dans son sillage, Bruno Roger-Petit (Nouvel Observateur) explique que : « Xavier de Marchis sent un peu l’extrême droite. » Le psychanalyste Erich Fromm disait que l’un des attraits de l’indignation morale, c’est qu’elle permet à l’envie ou à la haine de se manifester sous l’apparence de la vertu.

Le monde entier doit le savoir: «j’ai un doctorat», répète en trépignant Guy Birenbaum. Nous adressons notre soutien et notre compassion à ses proches qui ont dû souffrir de tant de poussées juvéniles de narcissisme.

Bien évidemment, je ne ferai pas l’injure à M. Guy Birenbaum de lui rappeler les différences doctrinales insurmontables entre les personnalités qu’il a citées. M. Guy Birenbaum est titulaire d’un doctorat, – à le voir ainsi le claironner toutes les semaines, faut-il qu’il ait souffert le martyre pour le décrocher ! Je ne lui ferai donc pas l’injure de souligner la bêtise profonde d’associer, dans un collage insensé, Présent, le quotidien catholique et nationaliste, avec Alain de Benoist, auteur de Comment peut-on être païen, éditorialiste de la revue Éléments pour la civilisation européenne ! M. Birenbaum sait très bien tout cela. Il sait que son amalgame entre le nationaliste Alain Soral et l’Européen convaincu Dominique Venner est risible. Son but est ailleurs : il lui faut créer un ennemi absolu contre lequel tout est permis pour décrédibiliser Xavier de Marchis devenu par la grâce des médias le libraire qui fait la promotion « des gens qui me caricaturent mes coreligionnaires et moi avec le nez crochu, dans un journal nommé Présent, qu’il le sache ou non ».

Une méthode digne des Nazis ?

Stratège de la peur, Guy Birenbaum pratique un journalisme d’intimidation d’un genre nouveau, « serrant chaleureusement la main » de sa victime. Contre la bête immonde, tous les moyens sont bons, même la mise au pilori « avec le sourire ». Le chroniqueur s’est offusqué lorsqu’il fut accusé d’avoir des méthodes dignes de la Stasi ou des Nazis. Reprenons donc, avec lui, l’historiographie de la méthode de l’ennemi unique, de la reductio ad unum, dont M. Guy Birenbaum s’est fait l’ardent défenseur dans sa lutte contre le diable. D’où vient-elle ? «La diabolisation de l’ennemi unique, synthèse de toutes les figures répulsives ou menaçantes, a été illustrée jusqu’au délire par la vision hitlérienne du « Juif international » ou « éternel », désigné comme le principe explicatif unique des malheurs du monde» (Pierre-André Taguieff).

Devant cette insistance à dire qu’il n’est pas journaliste, Guy Birenbaum nous a convaincu. Dommage qu’il le reste toujours aux yeux des auditeurs de France Info.

Partons du principe que cette méthode, hier appliquée par les pouvoirs totalitaires pour mettre aux pas leurs opposants, est désormais largement partagée par une communauté juive sur la défensive. Des exemples ? C’est le photographe Jean-Claude El Fassi qui appelle à faire bastonner l’animateur de télévision Aymeric Caron par une bande de nervis pour avoir donné son sentiment au sujet du conflit israélo-palestinien. C’est un certain Grégoire Chelli, pirate franco-israelien, qui divulgue des casiers judiciaires et pratique le harcèlement téléphonique contre des familles de journalistes accusés de servir la propagande palestinienne. C’est Patrick Cohen, l’animateur de la Matinale qui dresse une liste noire d’invités sur France Inter. Dois-je continuer ?

Alors, M. Birenbaum, dites-moi, que dit cette liste de personnalités, cette liste que dorénavant j’appellerai « la liste Birenbaum d’intimidation »? Je l’ai établie en suivant la même méthodologie que vous. Suis-je fier de l’avoir fait ? Non, mais il est vrai que je ne m’appelle pas Guy Birenbaum. Cette liste procède de ce que les psychologues sociaux appellent le « biais de confirmation », un biais cognitif qui nous incite à privilégier les informations allant dans notre sens et à écarter celles qui contredisent nos certitudes. Cette liste ne rappelle rien, M. Birenbaum? C’est la vôtre, pourtant.

   M. Guy Birenbaum, je ne vous remercie pas pour ce moment. Et veuillez croire que nous ne nous quittons pas « bons amis », monsieur l’«épicier». Contrairement à vous, je n’ai pas le sourire à visage humain…

Il y eut un temps, en France, où des hommes de gauche pouvaient dire tout le bien qu’ils pensaient des publications de Dominique Venner sans encourir les foudres de la bien-pensance médiatique.

Laisser un commentaire

Sur le même sujet

S’abonner à la newsletter