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Jean-Yves Le Gallou : le Forum de la dissidence contre Macron

Date dorénavant incontournable dans le monde de la politique « hors les murs », le Forum de la dissidence est de retour, samedi 3 décembre, pour sa huitième édition. Au programme, cette année : « Faire face au système Macron. » Autour de Jean-Yves Le Gallou, un grand nombre de personnalités de la « droite forte » seront présentes comme Damien Rieu, Renaud Camus, Pierre Gentillet, Michel Geoffroy ou encore Thaïs d’Escufon. Des intervenants qui, du moins pour certains d’entre eux, font directement écho au dernier numéro d'Éléments sur le phénomène du youtubing et l’omniprésence des réseaux sociaux. Nous sommes allés interroger le président de Polémia…

ÉLÉMENTS : Pour cette huitième édition du Forum de la dissidence, vous réunissez une nouvelle fois un tour de table riche et hétéroclite…

JEAN-YVES LE GALLOU : Ce n’est pas une équipe hétéroclite. Par-delà leurs différences, nos invités cumulent deux qualités, rarement associées : l’intelligence et le courage. Ils partagent l’intelligence du courage et le courage de l’intelligence. Ils répondent au double défi de Charles Péguy pour qui « il est difficile de dire ce que l’on voit et encore plus difficile de voir ce que l’on voit ». Et en plus ils agissent !

ÉLÉMENTS : Le Forum de la dissidence est en train de devenir une institution incontournable de la scène politique à droite. Aussi, nous avons l’impression qu’à chaque édition la situation de notre pays se dégrade un peu plus. Constatez-vous une accélération des phénomènes que vous pointez du doigt depuis la première édition ?

JEAN-YVES LE GALLOU : Nous avons parfois le sentiment d’être dans la situation du type qui touche le fond de la piscine et s’apprête à donner un coup de pied pour repartir vers le haut… hélas une trappe s’ouvre.

Plus sérieusement, il y a trois ans, en décembre 2019, nous avions consacré le forum de la dissidence à La dictature Macron. À l’époque, beaucoup pensaient que nous exagérions. Et pourtant, nous avons depuis connu les confinements, les interdictions de sortir de chez soi, les randonneurs traqués par hélicoptère, les commerces et restaurants fermés, les enfants interdits d’aller rendre visite à leurs parents mourants, le passe sanitaire. Incroyable, non ? J’appartiens à une génération à qui on avait appris à croire qu’il était « interdit d’interdire », puis qu’Internet était le domaine de la liberté, et j’ai vu arriver au grand galop la censure des GAFA et des médias. Stupéfiant.

ÉLÉMENTS : Une chose est certaine, votre liste d’invités permet d’embrasser tout le spectre de l’activisme politique (presse, littérature, militantisme de terrain, réseaux sociaux). L’un des objectifs d’un événement comme le Forum de la dissidence est-il de créer des ponts entre ces univers souvent repliés sur eux-mêmes ?

JEAN-YVES LE GALLOU : Le forum porte bien son nom : c’est un lieu d’échanges, de rencontres. Et de rencontres « mammifères », pas virtuelles. Pour que ceux qui tiennent des lignes de front différentes puissent échanger, se voir, se parler, se toucher. C’est aussi un défi à la société hygiéniste. C’est notre manière à nous de penser la « convergence des luttes ». « Marcher séparément, frapper ensemble », comme disait le président Mao !

ÉLÉMENTS : L’autre aspect intéressant de cette liste est le mélange générationnel entre les invités. Dialogue parfois difficile, vous semblez attacher personnellement une grande importance à travailler en commun avec les plus jeunes. Expliquez-nous ce choix.

JEAN-YVES LE GALLOU : Le système Macron c’est la dictature des minorités : sexuelles, religieuses, ethniques, financières, d’intérêts.

Pour imposer plus facilement leurs lois, ces lobbys doivent culpabiliser les Français et surtout les diviser. Voilà pourquoi on promeut la guerre des sexes, on oppose les hommes et les femmes, féministes contre masculinistes, et les générations entre elles, millénials contre boomers. C’est évidemment un piège. J’y tombe d’autant moins que n’ayant pas considéré les plus anciens comme des « vieux cons » quand j’étais jeune, j’évite de penser que ceux qui émergent aujourd’hui sont des « jeunes cons ». Plus profondément, les uns et les autres sont complémentaires : les plus jeunes, victimes de l’Éducation nationale, ont besoin de renforcer leur capital culturel, les plus anciens peuvent les y aider. Et quant à eux, éviter, grâce aux plus jeunes, de se couper de l’évolution du monde, de ses mutations en profondeur et des technologies nouvelles.

ÉLÉMENTS : Dans notre dernier numéro d’Éléments, notre dossier reprend en filigrane ce bouleversement technique – du monde de l’écrit au monde du tout-image – qu’est en train de subir l’univers de la politique. Vous concernant, vous semblez avoir très tôt senti les enjeux d’un tel changement. À quel moment avez-vous compris que la politique ne se ferait plus comme vous aviez appris à la pratiquer ?

JEAN-YVES LE GALLOU : Longtemps, mon plus grand espoir politico-idéologique a résidé dans le développement d’un Internet libre. C’est ce qui a permis la naissance et le développement de la réinfosphère, puis des médias alternatifs en attendant les influenceurs sur YouTube. C’est un champ de bataille qui reste essentiel malgré le retour de la censure. Mais comme au jeu de go, il faut avoir un coup d’avance et donc faire prévaloir le retour au réel au-delà du virtuel. Ce n’est pas un hasard si plusieurs des hommes et de femmes d’action qui interviendront samedi 3 décembre au Forum de Polémia sont victimes de la répression-Macron. Quelle belle brochette de « repris de justice ». Honneur à eux ! Car le système n’accepte pas qu’en agissant ils sortent de la matrice. Et par ailleurs, même si je crois au pouvoir des images et que j’apprécie les vidéos longues qui permettent de vrais débats, je crois que l’écrit (le livre, la revue) restera un sanctuaire de la transmission. D’où l’importance du travail d’Éléments, de la Nouvelle Librairie ou de l’Institut Iliade par exemple.

ÉLÉMENTS : Dans votre dernier livre, La société de propagande : manuel de résistance au goulag mental, vous faites la généalogie de la manipulation de masse qui accable les peuples occidentaux. Pour demeurer des Européens et des Français comme l’ont été nos ancêtres, êtes-vous plutôt un partisan de la sécession ou de la confrontation ?

JEAN-YVES LE GALLOU : La sécession est la première étape. Il faut d’abord reprendre la maîtrise de son esprit et de son environnement pour mieux combattre les forces d’oppression.

Propos recueillis par Rodolphe Cart

Faire face au système Macron !
8e Forum de la dissidence Polemia

3 décembre 2022 14:00 à 18:00 : Billeterie

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