Si le lecteur nous autorise cet avant-propos : la communauté homosexuelle n’existe pas. Tout comme celle des femmes, par ailleurs : entre la caissière du Super U et Sandrine Rousseau, rien de commun ; hormis les organes reproducteurs. Idem chez les homosexuels. La sodomie entre hommes relève du loisir d’ordre privé ; mais ne saurait en rien incarner une quelconque communauté constituée, ce d’autant plus que nombre de couples hétérosexuels la pratique dans la joie et la bonne humeur. Bref, personne ne saurait être assigné, par son sexe, ses mœurs ou sa couleur de peau à on ne sait quelle identité politique. C’est du simple bon sens.
Après, il y a toujours une prime aux braillards et aux minorités agissantes, telles certaines associations ayant décidé une bonne fois pour toute qu’un homosexuel devait être de gauche ou, dans le cas contraire, retourner dans le placard dont il n’aurait jamais dû sortir. Comme toujours, tout est rapport de force. La gauche est plus forte que la droite dans le lobbying. Et cela vaut pour les cercles homosexuels, sommés par La France insoumise de les rejoindre sur le terrain de la convergence des luttes, pour ensuite mieux leur tordre le cou. Il est vrai que la culture masculiniste trotskiste et de ses alliés islamistes n’est pas tout à fait gay-friendly.
Après avoir trahi le peuple, la gauche abandonne les homosexuels…
Seulement voilà, il y a toujours un moment où les contradictions finissent par éclater au grand jour. C’est la couverture de Marianne de ce 25 juin : « Comment LFI a trahi les gays. » Explications : « Comme un symbole. Pour la seconde année de suite, l’association universaliste et apartisane Fiertés citoyennes s’est vu interdire de participer à la Pride de Paris par l’inter-LBBT, le comité organisateur. Pis, lors d’une réunion préparatoire, Fiertés citoyennes a été listée parmi les organisations présentant des « risques » pour la sécurité des manifestants, aux côtés de Civitas, groupuscule intégriste catholique dont elle combat pourtant les positions homophobes. » Pourquoi tant de haine ? L’hebdomadaire avance, en guise d’explication : « Ce collectif paie-t-il le fait d’avoir traité de “dindes qui votent pour Noël” les LGBT soutiens du Hamas dans une tribune publiée par Marianne en octobre 2023 ? »
Poser la question équivaut à y répondre. Quand LFI prétend faire la jonction des luttes entre militants islamistes et leurs homologues gays et lesbiens de LGBTQI+AERTUYOP, c’est évidemment les premiers qu’il privilégie. La preuve en est, toujours selon la même source, que le parti mélenchoniste, lors des dernières élections municipales, a discrètement exfiltré la candidate écologiste, Sabrina Decanton. Le motif ? Trop gauloise ? Trop lesbienne. Pas assez compatible donc, avec les valeurs du maire sortant, le socialiste Karim Bouamrane, largement réélu.
Faire de la politique consiste souvent à surmonter ses contradictions internes. Ce n’est pas toujours facile, même au Rassemblement national, entre une ligne plus sociale et une autre, plus libérale. Mais cela demeure jouable. Chez LFI, ça paraît plus complexe. Entre islamistes pour lesquels la place des femmes est aux fourneaux et celle des invertis au four, et militants LGBTQI+ expliqant qu’un homme peut être « enceint », que choisir ? Car elle est loin cette époque où il nous était affirmé que la gauche était synonyme d’ouverture et de bienveillance, que la droite n’était que malveillance et fermeture à un « Autre » paré de toutes les vertus.
À l’époque, certains journalistes taquins affirmaient que « s’ouvrir à l’autre » était encore « la meilleure façon de se faire mettre ». Mais du côté de ces « infréquentables », tout cela n’était que façon de causer. Un Pierre Gripari, le génial écrivain qu’on sait, sans oublier tous les autres dont nous tairons les noms, savaient qu’il n’y avait là ni méchanceté et encore moins de ressentiment.
Le magazine Têtu sonne le tocsin…
Ces temps-là ne sont plus. Quoique. À en croire un sondage du magazine Têtu, 32 % des homosexuels s’apprêteraient à glisser un bulletin RN dans l’urne, lors de la prochaine échéance présidentielle. À côté, 6 % pour la droite institutionnelle, 16 % pour les socialistes et les écologistes, et 25 % pour les mélenchonistes. C’est peu. À eux deux, ça fait certes 41 % des suffrages potentiels. Cela suffira-t-il pour faire pencher la balance ? Rien n’est moins sûr.
Déjà, l’année dernière, nous rappelle Têtu, l’affiche de la Gay Pride était problématique : Pour comprendre l’ampleur du chemin parcouru, il faut rembobiner. « Dévoilée à la une de L’Humanité, l’affiche de la Pride 2025 représentait un groupe de six personnes mettant KO un homme censé incarner l’internationale réactionnaire. Sous le slogan “Queers de tous les pays unissons-nous”, les symboles accumulés sur le visuel dépassaient largement les sujets LGBT+, via notamment un voile islamique et des pin’s représentant un gilet jaune, l’opposition à la réforme des retraites, le triangle rouge des déportés communistes qu’arbore aujourd’hui Jean-Luc Mélenchon ou encore le drapeau palestinien. » Résultat ? Valérie Pécresse, présidente du Conseil régional d’Île-de-France, siffle la fin de la récréation et des subventions, bientôt suivie par des sociétés telles qu’Air-France, Disney, la RATP ou Paypal.
Il est vrai que cette affiche n’est pas du meilleur goût et que Sébastien Chenu (RN), a beau jeu de rajouter une cerise sur le pompon : « Femme voilée, homme blanc martyrisé et caricaturé en facho, soutien à la Palestine, alors que les homos, bis et trans y sont massacrés… voilà les marqueurs d’extrémistes. »
Finalement, il n’est pas plus mal que la météo ait renvoyé cette Gay Pride, pas forcément la meilleure vitrine du bon goût français, aux calendes grecques.



