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Bob Morane Marabout

Hommage à Henri Vernes, le père de Bob Morane

Le romancier belge, Henri Vernes est mort le 25 juillet à l’âge de 102 ans. Rendons-lui hommage en réécoutant les excellentes émissions de France Culture « Mauvais genres » à propos de son héros Bob Morane.
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Les 50 ans de Bob Morane ½ : « Des personnages comme ça, il suffit de les inventer, de les laisser vivre. » « Mauvaise genre » 27/12/2003

Le 16 décembre 1953, la littérature pour la jeunesse changeait de face, sortait en effet en libraire la première des aventures de Bob Morane. Plus de deux cents épisodes plus tard, la saga continue sous la plume de son auteur, Henri Vernes, et s’apprête à toucher les écrans grâce à Christophe Gans. Pour fêter dignement cet anniversaire, Henri Vernes a accordé à « Mauvais Genres » un long entretien diffusé en deux parties.

Henri Vernes se souvient de sa jeunesse à Tournai dans les années 20 et 30, « c’était une époque bénie« , « on espérait la paix à jamais », et d’ajouter, »c’était la folle jeunesse« . Il lisait déjà beaucoup de romans d’aventures, ce qui lui fait dire qu’il aurait voulu « être marin ou aviateur« .

Henri Vernes raconte sa fugue à 19 ans, « je m’étais retrouvé à Anvers et d’Anvers je me suis retrouvé en Chine ! » Il raconte des anecdotes pleines de fougue dans ce Shanghai de 1937. Pendant la guerre, il rejoint la résistance. Fin 1945, il part à Paris où il a été le correspondant de deux journaux du Nord. Il évoque son intérêt pour la cryptozoologie qu’il partage avec Bernard Heuvelmans et son goût pour le roman noir américain. C’est sur une commande pour les éditions Marabout Junior, que Henri Vernes commence à publier des romans d’aventures, notamment Conquérants de l’Everest en 1953 au moment de l’ascension victorieuse d’Edmund Hillary et de son sherpa. « Je ne connaissais rien à l’alpinisme, j’ai le vertige, je n’aime pas tellement la neige, j’ai dit Amen ! et j’ai été à la Bibliothèque Royale sélectionner quelques bouquins sur l’Everest et j’ai écrit Les Conquérants de l’Everest. »

L’auteur prolixe de 85 ans raconte comment il a créé le personnage de Bob Morane à la fin de l’année 1953, ainsi que celui de Bill Ballantine : « Quand on a un héros et un faire-valoir, on a l’avantage de pouvoir écrire des dialogues. Et les dialogues, ça donne beaucoup de vie au roman.« 

Quand il écrit, il commence par le titre, il n’a pas de plan, « l’aventure prend forme au fur et à mesure de [son ] imagination« . Il dit suivre son personnage, « c’est un peu lui qui me conduit« , confie-t-il.

Source France Culture

Les 50 ans de Bob Morane 2/2 : « J’ai autant de lecteurs adultes que de lecteurs jeunes ». Mauvaise genre » 03/01/2004

Après une première partie consacrée à son enfance rêveuse, sa jeunesse bourlingueuse, son activité dans le renseignement durant la guerre et des débuts de journaliste aboutissant à la création de Bob Morane, Henri Vernes nous parle de la construction et de l’évolution du personnage, de l’Ombre jaune et de l’extraordinaire diffusion de son héros. Passent également dans l’entretien, silhouettes inquiétantes, Jean Ray, Thomas Owen et Michel de Ghelderode. En bouquet final, une visite de l’antre aux merveilles qu’est l’appartement d’Henri Vernes.

Henri Vernes revient sur la création des personnages qui entourent Bob Morane, comme l’Ombre Jaune, le Duplicateur, le Tigre ainsi que le cycle d’Ananke. Il s’explique sur la place de la violence : « J’ai toujours eu une grande admiration pour les anarchistes de la Belle Epoque qui avaient compris qu’on ne pouvait pas changer le monde sans la violence. » Bien que les aventures de Bob Morane nous transportent parfois très loin de la réalité, Henri Vernes explique que pour écrire ses histoires, « très souvent je me base sur le temps présent, sur une sorte d’actualité« .

« Le succès a été quasi immédiat » à la parution des romans de Bob Morane comme l’explique son infatiguable créateur : « Je donnais en quelque sorte aux jeunes ce qu’ils n’avaient pas. C’était du point de vue politique et religieux complètement neutre. C’était un peu offrir aux jeunes ce qu’on ne leur avait pas donné jusque-là. » Dans les années 50 et 60 l’attrait du fantastique dans la littérature et au cinéma , « c’était un vent qui soufflait » selon Henri Vernes qui s’y est engouffré avec fougue.

Le passage de Bob Morane en bande dessinée s’est fait très simplement, sur demande : « J’ai fait une première bande dessinée, la façon de travailler, c’est facile, ça se découpe comme un scénario de cinéma, par plan. » Il donne également son avis sur les adaptations en série télévisée et le projet au cinéma. Sur l’évolution de son personnage, Henri Vernes, 85 ans, affirme : « Je crois que l’évolution est terminée. Il est devenu adulte, il a ses lettres de noblesse. Je peux lui faire faire n’importe quoi et on dit, Amen !« 

Source France Culture

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