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Soldat ukrainien en service près de la ville occupée d'Irpin, une banlieue de Kiev, lors des attaques de l'armée russe.

Guerre russo-ukrainienne à J+38 : Les revers du plan Rudskoï

Le déblocage de Kiev apparaît comme une double victoire aux yeux des Ukrainiens : victoire tactique seulement mais victoire à forte valeur symbolique. Spécialiste militaire d’« Éléments », Laurent Schang suit au jour le jour le conflit.
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30 mars (J+34)

– Pas d’évolution notable sur le terrain ; toujours des accrochages le long des grands axes ferroviaires et routiers.

31 mars (J+35)

– Plusieurs contre-attaques ukrainiennes localisées autour de Kiev (Bucha, Gostomel, Brovary), de Soumy et en direction de Kherson, qui compliquent le mouvement de rotation opéré depuis quelques jours au sein des forces russes.

– Retrait confirmé des 35 et 36e Armées et de la 76e Division aéroportée du secteur NO de Kiev à des fins de recomplètement/remobilisation. Combien de temps avant leur redéploiement sur les fronts E et SE ?

]– Conformément à la déclaration du général Rudskoï, seules les opérations dans le Donbass (Izioum, Sievierodonetsk, Stakhanov) et à Marioupol se poursuivent côté russe.

1er avril (J+36)

– Après trois semaines de combat, le verrou d’Izioum est sous contrôle russe (144e DM). Avec la réduction en cours du saillant de Sievierodonetsk par la 3e DM et la poussée de la 144e DM en direction de Slaviansk, la jonction avec les forces russes présentes dans l’ex-Oblast de Louhansk (2e CA) se précise. Un des objectifs de l’OMS (vider la République populaire de Louhansk de toute présence militaire ukrainienne) serait alors rempli.

– Interrogations quant au possible transfert d’unités russes actuellement stationnées en Syrie. Aussi évoqués, l’envoi d’unités régulières syriennes dans le Donbass et le recours aux volontaires qualifiés (spécialistes, sous-officiers ayant quitté le service).

2 avril (J+37)

– Le désengagement de Kiev se poursuit en bon ordre malgré la pression exercée par les unités ukrainiennes infiltrées. L’activité remarquée du génie laisse à penser que l’armée russe ne se retire pas sans piéger et/ou miner la zone.

– Même ordonné par le Kremlin dans un contexte où l’armée russe continue de dicter son rythme (voire son calendrier : on pense à l’échéance du 9 mai 2022, date du 77e anniversaire du Jour de la Victoire), le déblocage de la capitale ukrainienne apparaît comme une double victoire aux yeux des Ukrainiens et de leurs soutiens occidentaux : victoire tactique seulement (l’OMS se poursuit) mais victoire à forte valeur symbolique, car la première depuis le 24 février.

– Si les Russes réorientent leur stratégie sur d’autres fronts, les Ukrainiens peuvent désormais en faire autant avec leurs propres unités. Questions : de combien de brigades opérationnelles (personnel et matériel) disposent encore les FAU, et avec quels effectifs ? Quelles sont leurs réserves de carburant ? Quelle liberté de mouvement, du centre de l’Ukraine au front du Donbass ?

– Sur le front NE aussi, retrait progressif de la 41e Armée de Tchernihiv.

3 avril (J+38) 

– L’artillerie russe fixe toujours les unités ukrainiennes enfermées dans Kharkiv (tirs de suppression).

– Annonce de la montée en gamme des systèmes d’armes antichars et antiaériens livrés par les États-Unis et la Grande-Bretagne à l’armée ukrainienne (usage d’un missile à très haute vélocité Starstreak attesté par l’image : un hélicoptère d’attaque au sol russe abattu).

– L’AUD (Armée ukrainienne du Donbass) compterait encore entre 60 000 et 80 000 hommes. Armée et équipée de moderne, elle peut s’appuyer sur des positions défensives solides – une des leçons de 2014.

– La phase 1 du plan russe, tel que présenté par le général Rudskoï, a subi des revers en partie liés à l’infériorité numérique des forces engagées (75 GTIA restants dénombrés, contre 120 le 3 mars). Une équation à revoir pour que la phase 2 ne dégénère pas en une guerre d’attrition.


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Sources : dailymail.com, Institute for the Study of War, lavoiedelepee.blogspot.com, southfront.org, @war_mapper, oryxspioenkop.com, Ministère des Armées, Sim Tack, lecourrierdesstrateges.fr, mars-attaque.blogspot.com

© Photo Kutsenko Volodymyr : soldat ukrainien en service près de la ville occupée d’Irpin, une banlieue de Kiev, lors des attaques de l’armée russe.

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