28 février 2026 :
– Après plusieurs mois de planification, début des opérations coordonnées Epic Fury (« Furie épique ») et Roaring Lion (« Lion rugissant », Am KeLavi en hébreu) contre la République islamique d’Iran. Les forces aériennes américaine et israélienne se lancent dans une série de frappes ciblées, dites de décapitation, sur les villes de Téhéran, Qom, Esfahan (Ispahan), Kermanshah, Tabriz, Shiraz, Kerman, Bandar Abbas. D’autres sites sont aussi touchés le long des côtes iraniennes du golfe Persique et à la frontière irano-pakistanaise.
– En soutien de l’opération, deux groupes aéronavals (l’un au large d’Haïfa, l’autre en mer d’Oman), 7 escadrons d’avions multirôle F-35A et 108 avions ravitailleurs KC-135 américains sont sur zone.
– La mort de l’ayatollah et guide suprême (président) Ali Khamenei, écrasé sous 30 bombes de 500 kg dans son QG de Téhéran, est rendue officielle à 9 heures du matin.
– Dès 10 h 30, le CGRI (le Corps des Gardiens de la Révolution islamique) réplique par des tirs de projectiles (missiles balistiques, drones) dirigés contre les systèmes radar US installés au Qatar (base aérienne d’Al Udeid), le QG de la 5e flotte de l’US Navy à Bahreïn, la base aérienne Ali al-Salem (Koweït) et la base aérienne Prince Sultan (Arabie Saoudite) : un radar à longue portée de détection (5 000 km) et un dôme radar de surveillance aérienne détruits.
– Dans le même temps, des frappes iraniennes sont signalées contre les milices kurdes d’Irak.
– Les forces combinées israélo-américaines se donnent 72 heures pour faire tomber le régime.
1er mars (J+1) :
– Les attaques en profondeur de la coalition se succèdent contre les cibles à caractère stratégique iraniennes : centres de commandement, bases militaires, bases aériennes, radars, lanceurs fixes et mobiles, etc.
– Dans une stratégie de saturation de l’espace aérien, le CGRI (le Corps des Gardiens de la Révolution islamique) riposte par des tirs massifs de drones kamikaze type Shahed 136 et de missiles balistiques : 400 drones et près de 200 missiles selon les analystes occidentaux. Sont notamment visés Israël, la base aérienne d’Erbil (Irak), la base aérienne Sas al Nakhl et le centre-ville de Dubaï aux Émirats arabes unis.
– Les États-Unis reconnaissent leurs premiers morts : 4 soldats de réserve tués par des drones dans le port civil Shuaiba de Koweït – d’autres sources, non officielles, évoquent déjà 100 fois plus de pertes (tués et blessés).
– Dans la nuit du 1er au 2 mars, 3 drones sont tirés contre la base militaire britannique d’Akrotiri, au sud de Chypre : 2 sont interceptés en vol. Située à 200 km des côtes libanaises, la base d’Akrotiri (avions, ravitailleurs, plateformes d’écoute et de détection) balaie tout l’espace aérien proche-oriental. Ces dernières 24 heures, les Britanniques avaient déclaré avoir abattu plusieurs drones tirés par l’Iran contre ses voisins.
2 mars (J+2) :
– Poursuite des frappes aériennes (et navales : tirs de missiles de croisière Tomahawk) israélo-américaines.
– Côté iranien, poursuite des lancements de drones suicides, mais baisse du nombre de missiles balistiques tirés, conséquence probable des frappes de la coalition : 385 missiles et 881 drones iraniens interceptés selon les analystes, dont 165 et 541 pour les seuls EAU (Émirats arabes unis).
– Perte de 3 chasseurs bombardiers F-15E Strike Eagle américains, abattus au-dessus du Koweït (équipages éjectés et récupérés). Attribuée par le CENTCOM (Commandement central US) à une erreur des Koweïtis (tir fratricide), ce triple accident ne convainc pas tous les observateurs du conflit : 1) le rapport de l’USAF (United States Air Force) reconnaît que l’aviation iranienne (équipée de chasseurs multirôle Su-35) avait engagé ces appareils ; 2) les F-15E sont équipés du système d’identification radio IFF (Identification Friend or Foe – ami ou ennemi), qui permet de vérifier la nationalité de l’avion. L’Iran revendique leur destruction, compatible aussi avec l’emploi du missile S-300.
– D’après les premières estimations, la marine américaine aurait déjà tiré 200 missiles Tomahawk sur l’Iran (2,5 millions de dollars le missile, à comparer aux 35 000 dollars que coûte un drone Shahed).
3 mars (J+3) :
– Les 72 h sont dépassées.
– À ce jour, les Iraniens ont pilonné 27 bases militaires US dans la région, contraignant l’armée américaine à évacuer ses installations en Irak, au Koweït, en Arabie Saoudite, à Bahreïn, au Qatar, à Oman et aux EAU (tous pays membres du Conseil de coopération du Golfe).
– Ports, raffineries, aéroports sont mis à l’arrêt.
– Américains et Israéliens poursuivent leurs incursions dans le ciel iranien. Tsahal déclare avoir détruit 300 lanceurs de missiles balistiques iraniens en 4 jours.
– Le Hezbollah libanais, pro-iranien, annonce avoir lancé 11 attaques contre les bases de l’IDF (Tsahal) au sud du Liban et au nord d’Israël : missiles, drones, roquettes.
– Il apparaît que l’Iran vise plus les pays du Golfe qu’Israël, qui n’est pas sa priorité stratégique. L’Iran prend pour cible les infrastructures énergétiques du golfe Persique, afin de perturber le transit du pétrole et du gaz, et le fret maritime.
– Frappes iraniennes contre la base aérienne Ali al-Salem au Koweït.
– Frappes conjointes contre le FMP (Forces de mobilisation populaire), une milice soutenue par l’Iran implantée dans 3 provinces irakiennes.
4 mars (J+4) :
– Les forces aériennes coalisées continuent de cibler le QG du CGRI (le Corps des Gardiens de la Révolution islamique) à Téhéran, celui du renseignement des Gardiens et celui des Basij/Bassidji (organisation paramilitaire proche de l’armée). 23 bases régionales des Basij ont également été visées.
– L’Iran continue d’intensifier ses attaques de drones : d’après le CENTCOM (Commandement central US), l’Iran a lancé 798 missiles dont 158 balistiques et 1 628 drones depuis le 28 février. 255 tirs répertoriés contre Israël, 1 138 contre les EAU (Émirats arabes unis).
– Conséquence de la guerre, le trafic dans le golfe Persique est réduit de 90 % : depuis le 28 février, 10 navires et pétroliers ont été la cible des Iraniens dans le détroit d’Ormuz (peu de dégâts enregistrés, aucun bateau coulé).
– Les soldats israéliens pénètrent dans la ville libanaise de Kiam, située à 2,50 km au nord des positions avancées occupées par l’IDF (Tsahal) depuis février 2025. Trois divisions dont une de réserve participent à l’opération.
– Frappes aériennes israéliennes contre plusieurs sites militaires du Hezbollah au Liban.
5 mars (J+5) :
– La coalition poursuit ses frappes aériennes contre les centres de décision de la capitale iranienne et intensifie ses frappes au nord-ouest de l’Iran (Kurdistan iranien).
Questions à J+6 :
– Sur le niveau de renseignement des Iraniens : 1) quelle est l’efficacité des 4 satellites d’observation iraniens Nahid-2 mis en orbite par la Russie en 2025 ? 2) quelle est l’efficacité du sytème BeiDou (le GPS chinois) dans le guidage des drones iraniens ?
– Les Iraniens n’ont pas encore utilisé leurs missiles hypersoniques (Mach+15) Fattah : le cas échéant, quelle sera l’efficacité du Dôme de fer israélien (Iron Dome), un système de défense antimissiles conçu pour déjouer les tirs de drones et de missiles de croisière ?
– Les munitions : le fer de lance de l’USAF (United States Air Force) est le missile Patriot ou PAC-3 MSE (Patriot Advanced Capability-3 Missile Segment Enhancement) dans sa dernière version. Au total, 4620 exemplaires en ont été produits depuis 2015. Quand une menace se profile à l’horizon, deux missiles Patriot sont tirés au minimum (4 millions de dollar par interception). Or, sur ce total, près de 850 ont été livrés à l’Ukraine, et près de 1 000 ont déjà été utilisés contre l’Iran durant la Guerre des douze jours. 400 auraient été tirés entre le 28 février et le 3 mars pour neutraliser les 200 missiles balistiques iraniens lancés contre les pays du Golfe et Israël. Si ce rythme quotidien de 50 missiles balistiques iraniens devait être maintenu, les batteries Patriot seront à court de munitions avant le 15 mars, à moins de transférer les 3 bataillons Patriot affectés en permanence à l’INDOPACOM et le bataillon de l’EUCOM stationné en Allemagne (en théorie : 1 bataillon = 4 à 6 batteries de 6 à 8 lanceurs chacune et 72 missiles par batterie). On le sait, avec ce type d’arme les stocks s’épuisent plus vite qu’ils ne se reconstituent.
– Et les Iraniens ? Des chiffres circulent, invérifiables : l’arsenal iranien serait riche de plusieurs milliers de projectiles, du drone Shahed (4 à 6 000 exemplaires) au drone stratégique (portée de 2 000 km), du missile de croisière S-300 (l’équivalent iranien du Tomahawk) au missile hypersonique (portée de 1 500 km). Assez pour tenir au-delà des quatre semaines d’opération annoncées – initialement – par le président américain Trump. De quoi donner un avantage stratégique aux Iraniens s’ils parviennent à transformer la guerre d’attrition israélo-américaine en une guerre d’usure.
Sources : RUSI, ISW, La Vigie, Zone Militaire.



