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Agnès Pannier-Runacher

Faut-il sauver Agnès Pannier-Runacher ?

Agnès Pannier-Runacher n’est pas seulement ministre de la Transition énergétique, c’est un robot, une bonne copie managériale, calibrée selon les normes internationales. Au risque de certains conflits d’intérêts avec le numéro 2 du pétrole en France lié à sa famille, comme l’a révélé le média Disclose. La transition énergétique a du plomb dans l’aile.

Agnès Pannier-Runacher est une grande fille bonde qui a l’apparence terne et formatée des néo-bourgeoises de centre-ville. Notre ministre de la Transition énergétique, dont le col roulé a fait récemment la joie des réseaux sociaux, est une créature dont l’espèce se rencontre souvent dans les quartiers gentrifiés de Bordeaux, de Lyon ou de Paris. On imagine sans mal son univers intellectuel et moral : un néant laqué de quelques petites touches d’humanisme et d’ouverture sur le monde, mais surtout l’assurance que « la vie est un challenge permanent ».

Sans doute, un jour, Agnès Pannier-Runacher a-t-elle été une fillette qui rêvait aux combats héroïques de braves et charmants chevaliers, aux licornes, aux juments vertes, aux maisons dans les bois où se cachent des princesses persécutées. Mais cette petite-fille rêveuse, si elle fut mais j’en doute, est depuis longtemps oubliée, trahie. Agnès Pannier-Runacher est devenue très vite une femme « compétente », dynamique et performante. Agnès Pannier-Runacher, rigoureuse élève et fille d’un vice-président de la banque Paris Bertrand Rothschild & Co , n’a jamais dérogé. Agnès Pannier-Runacher a toujours suivi les directives de sa classe. Agnès Pannier-Runacher, obéissante, s’est même mariée, une première fois, avec un inspecteur des Finances, ancien condisciple de l’ENA, une seconde fois – rien ne se perd tout se transforme – avec son chef de cabinet. L’existence d’Agnès Pannier-Runacher n’a au fond aucune importance tant c’est un archétype.

Une femme-symptôme

J’ai rencontré pour la première fois le nom – étonnant, amusant, sonore, un peu grotesque ce qui ne gâche rien – de cette femme-symptôme dans un article que lui a consacré Le Point lors de sa nomination au gouvernement. Agnès Pannier-Runacher m’a immédiatement intéressé car elle incarne presque parfaitement ce que sont aujourd’hui les élites occidentales, des managers qui paraissent avoir été fabriqués en série, des mutants dressés par les mêmes maîtres. Agnès Pannier-Runacher, qui avouait « une culture politique presque nulle » avant de s’engager pour Emmanuel Macron, ajoute à cette qualité, une fureur et un zèle à se conformer aux normes du nouveau monde qui me stupéfie, me laisse encore incrédule. Il existe donc une humanité inédite, absolument étrangère à tout ce que nous aimons et défendons, une nouvelle race qui n’est pas seulement séparée de nous par les jeux de la politique mais par sa morale et sa vison du monde, et par tout ce qui constitue son style de vie.

Dans ce numéro du Point, que j’ai gardé pour mes archives et mes listes, Agnès Pannier-Runacher est ainsi louée par François Fassier, un individu qui a travaillé sous ses ordres à la Compagnie des Alpes, une sinistre entreprise d’exploitation de stations de skis et de parcs d’attraction :

« Agnès ? C’est un rouleau compresseur avec un moteur de Ferrari. Elle est obsédée par les résultats. Même ses enfants doivent apprendre systématiquement le programme de l’année suivante ! Cela a pu déplaire à certains, mais j’ai adoré cela. Quand elle s’engage, elle le fait à fond. Elle testait toutes les attractions, et c’était la première à se mettre en maillot en me traînant par les pieds dans les parcs aquatiques. C’était une vraie dirigeante, avec une vision. »

J’ai fait un rêve patagon

Julius Evola écrivait : « Le grand chef d’entreprise qui se consacre totalement à l’activité économique en fait une sorte de stupéfiant dont il ne peut plus se passer – car s’il s’arrêtait il ne verrait que le vide autour de lui et ressentirait toute l’horreur d’une existence privée de signification. » Je n’en doute pas, Agnès Pannier-Runacher a l’étoffe d’un grand chef d’entreprise. Et elle se satisfait sans doute très bien, et avec la fierté du travail bien fait et du devoir accompli, de cette existence privée de signification. Mais j’ai fait un rêve, non pas un rêve antiraciste tel Martin Luther King mais un rêve patagon. Avec quelques amis nous convainquions Agnès de traverser la Patagonie. C’était pour elle la révélation de la beauté, du silence, du vent, du blanc, du sauvage. Son visage perdait ses tristes teintes cadavériques et retrouvait couleurs humaines. Son corps se redressait et ses yeux brillait à nouveau comme une petite-fille émue devant le sapin de Noël. Elle revivait. Elle comprenait. Agnès décidait de vivre en ermite dans un petit hameau non loin de la frontière chilienne. Elle finissait ses jours entre la lecture de Pascal, de Jean Raspail et de Thoreau, l’élevage des moutons, la chasse et la pêche au harpon. Agnès était sauvée…

2 réponses

  1. Un extrait révélateur de sa fiche Wikipedia, révélateur de sa « vision du monde » :

     » … Pendant la pandémie de Covid-19, durant le krach boursier de 2020, elle déclare sur CNews que « c’est plutôt le moment de faire des bonnes affaires en Bourse aujourd’hui », suscitant de vives critiques. Le PCF la qualifie alors de « secrétaire d’État à la spéculation », et le sénateur Bruno Retailleau (LR) estime qu’il « faut lui rappeler qu’elle est ministre, pas trader »  » …

  2. Incontestablement la Macronie est féministe en politique. Mais à une condition : qu’elles viennent des classes sociales bien fortunées, qui ont réussi… Pas n’importe qui tout de même, pas celles « qui ne sont rien » !

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