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Conflit russo-ukrainien : un bilan d’étape européen

N’en déplaise à Jacques Julliard, s’il y a un absent dans cette guerre en Ukraine, c’est bien l’Europe, nonobstant les gesticulations de ses membres. Sortie de l’émotion, l’Europe reste prisonnière de sa dépendance à l’OTAN et à l’Amérique. Que faire ?
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Le conflit russo-ukrainien ne trouve toujours pas d’issue diplomatique. Quant à l’Europe, elle peine à se faire entendre. Ni l’Ukraine, ni la Russie ne semblent lui accorder la moindre importance. D’autant plus que le gouvernement de Kiev a rejeté la proposition du Kremlin d’assurer une « neutralité » sur le modèle suédois ou autrichien. Deux nations qui ne sont effectivement pas membres de l’OTAN (et ne peuvent envoyer des troupes de soldats sur le terrain qu’avec l’aval de l’ONU).

Ce refus ukrainien est un camouflet pour les partisans de la paix qui espéraient la fin prochaine du conflit, puisque que le président Volodymyr Zelensky avait renoncé – si tant est qu’il l’ait souhaité – à l’intégration de son pays dans l’OTAN. Cela laissait donc augurer un accord entre l’Ukraine et la Russie. De plus, Zelensky disait « reconnaître que [l’Ukraine] ne rejoindrait jamais l’Alliance atlantique ». Des propos décisifs pour la Russie de Vladimir Poutine qui soupçonne l’OTAN d’être une menace pour son indépendance et sa sécurité.

Comment expliquer alors ce revirement soudain du président ukrainien, quand bien même les négociations entre l’Ukraine et la Russie ne sont pas interrompues ? Il est légitime de poser la question tant sa popularité était grande au dernier Congrès américain, appelant d’ailleurs son homologue d’Outre-Atlantique Joe Biden à être le « leader de la paix » dans cette guerre européenne… Un comble !

L’erreur de Jacques Julliard

Le 7 mars 2022, alors que l’agression russe contre l’Ukraine battait son plein, Jacques Julliard pouvait écrire naïvement – et regrettablement – dans Le Figaro : « Par un jeu de bascule qui pour une fois nous est favorable, l’Europe s’est réveillée, ou, plutôt, car c’est nouveau, elle s’est éveillée. Elle est en voie d’emprunter le chemin inverse de celui que suivent actuellement les États-Unis d’Amérique. L’Europe, ce géant économique doublé d’un nain politique, s’est retrouvée tout à coup au premier rang de l’Histoire en train de se faire, et cela avec l’accord unanime de ses membres. » Malheureusement, depuis que ces lignes ont été écrites le 7 mars 2022, rien n’est venu confirmer le jugement optimiste et un peu hâtif du chroniqueur au quotidien libéral-conservateur. En effet, de quelle Europe nous parle Jacques Julliard ? Celle que pourrait représenter une alliance entre pays souverains ou l’actuelle Union européenne largement otanisée qui n’envisage la ratification d’un traité de paix que par l’unanimité des pays la constituant, pour ne pas parler de la très froide et technocratique Commission européenne ? Il est à craindre euphémiquement qu’il ne s’agisse pas de la première, mais des deux autres, malgré le louable espoir de Jacques Julliard que nous ne saurions remettre en cause.

Une volonté politique européenne et diplomatique autonome ne nous oblige pas à choisir dans l’absolu l’Ukraine traditionnelle contre la Russie éternelle, bien qu’il existe un agresseur et un agressé, mais à favoriser des relations bilatérales qui engendrent la paix entre les deux pays. En l’état, le bilan d’étape de la guerre est bien résumé par le penseur national révolutionnaire européen Gabriel Adinolfi sur le site Vox.nr, le 6 mars 2022, il y a déjà quinze jours : « La Russie a envahi l’Ukraine et réaffirme sa volonté impérialiste sur cette terre ; le peuple ukrainien résiste ; les États-Unis et l’OTAN sont ceux qui gagnent le plus ; l’Europe est celle qui perd le plus ; les catastrophes pour l’Europe vont se succéder ; l’intérêt de l’Europe est de briser cette opposition et d’empêcher toute logique de Yalta ; nous devons agir dans ce sens, mais avec justice et discernement et en œuvrant pour une révolution spirituelle et culturelle qui nous permettra de libérer les peuples d’Europe de la protection américaine ». En somme, militer en faveur d’une Ukraine libre, d’une Russie souveraine et d’une Europe de la paix contre tous les impérialismes destructeurs des peuples !

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