L’auteur, Jean Raspail, déjà Consul de Patagonie, devint alors un sonneur de tocsin. Et la mauvaise conscience générale baisse les bras devant la submersion, la subversion venue du Gange. Le Big Other réussit là où le Big Brother avait échoué.
Le tiers-monde, jadis promesse de rédemption, l’est désormais d’expiation vengeresse. Le livre est un appel que l’on peut largement discuter à ce que Régis Debray nomme la « résistance, la renaissance d’un Occident capitulard »
Récupération politique du poétique
Même s’il n’a pas peu contribué au simplisme de sa réception, il ne faut pas se faire une idée trop simple de Jean Raspail, prophète de malheur qui voit dans l’exotisme une possible résurrection des chevaleries d’antan. Une idée qui explique peut-être la récupération du livre par les mouvements identitaires et les nationalistes, notamment aux États-Unis, lorsque des proches conseillers de Donald Trump se réfèrent à l’ouvrage.
Quoi qu’on pense du livre, l’auteur nomme une angoisse de notre temps, il parvient à capter une inquiétude, non déterminée sur le plan politique, ce qui explique que le livre ait trouvé de l’écho dans le débat contemporain.
« Les livres changent le monde » sur une idée originale de Régis Debray, une série sur l’histoire des idées, l’histoire du monde.
Intervenants : Étienne de Montety (écrivain et directeur du Figaro littéraire) et Mathieu Bock-Côté (Sociologue, essayiste)
Source : France Culture