
Canoniser Julien l’Apostat ?
Tandis que l’Europe se transforme progressivement en un vaste stock de normes, de musées et de procédures, dépossédée de son âme par sa propre réussite, la figure de Julien l’Apostat suscite une nouvelle résonance. Cet empereur païen du IVe siècle tenta de restaurer l’esprit gréco-romain face à un christianisme qui ne se contenta pas de remplacer les anciens cultes mais les phagocyta et en fit le véhicule d’un universel plus puissant. Lucide, Julien comprit ce que nos élites refusent de voir : une civilisation peut mourir comme évidence vécue bien avant que ses monuments ne s’effondrent. Dans cet article, Armand Henri interroge sans concession les illusions de l’humanisme occidental et pose la question fondamentale : ce que le christianisme a magnifié en Europe survivra-t-il au déclassement historique du Vieux Continent ?













