
Biopolitique du coronavirus (10). Ehpad, un si discret gérontocide
Combien de morts dans les Ehpad ? Nul ne le sait. Placés sous scellé par le gouvernement, comme des tombes, ce qu’ils sont devenus, ils résument à eux seuls l’incurie de la macronie.
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Combien de morts dans les Ehpad ? Nul ne le sait. Placés sous scellé par le gouvernement, comme des tombes, ce qu’ils sont devenus, ils résument à eux seuls l’incurie de la macronie.

Il faut, comme Tocqueville, s’écarter un peu de la France pour voir à quel point la réalité de ce pays contredit les principes dont il se réclame. Par-delà les questions de personnes et de partis, n’est-il pas temps de faire table rase de son culte inconsidéré de l’État ? À moins de se laisser délibérément tomber dans la tyrannie absolue ou la guerre civile.

On l’a tous vu, le coronavirus a mis sur le devant de la scène le langage des signes. Pas une intervention du président de la République sans son interprète. Que cache cette soudaine visibilité de la surdité ?

Au vu de la médiocrité de Macron et du gouvernement, l’heure est venue d’adresser solennellement une supplique anachronique à nos décideurs dilettantes, deux même.

Nous sommes, en ce moment de confinement, privés de mobilité. Mais si la mobilité est une liberté, elle n’est pas toute la liberté. Il y a une liberté supérieure, qui implique de pouvoir être mobile, mais de pouvoir choisir aussi d’être immobile. Cette liberté supérieure, c’est l’autonomie. Et au-delà de la liberté de circuler, dont nous ne pouvons être durablement privés, la grande question qui se pose est celle de reconquérir une liberté comme autonomie, perdue depuis la révolution industrielle et les sociétés de masse.

Serions-nous devenus des Babtous fragiles que des armées de psys, de clowns et d’assistantes sociales protègent, divertissent et maternent du matin au soir ? Faut croire. Notre hypersensibilité à la souffrance nous fait accepter bien des défaites.

« Pourquoi avons-nous [encore] une école publique aux États-Unis ? » (Bill Gates, 2015)

Le confinement a mis en lumière les métiers indispensables, souvent des « jobs de merde » qui apportent beaucoup, mais ne rapportent rien. Tout le contraire des « jobs à la con » qui eux n’apportent rien, mais rapportent beaucoup. Petite explication lexicale.

Le docteur Diafoirus est increvable, comme les virus. Lui aussi mute à travers les âges. Au vu de la nullité sanitaire du gouvernement, il semblerait qu’il contrôle aujourd’hui l’institution médicale.

L’affaire Griveaux n’est plus aujourd’hui qu’une « séquence médiatique » de plus – selon l’expression consacrée par la salive des journalistes. Elle nous a pourtant fait perdre dix jours dans la gestion de la pandémie.

Nul sur toute la ligne ! Le constat est accablant. De la détection du risque à sa gestion, le gouvernement a accumulé les erreurs et les retards. À ce stade, ce n’est plus seulement d’immunodéficience des élites dont il faut parler, mais d’immunodéfaillance du Système.

Loisir, famille, patrie ! Tel est le mot d’ordre implicite du gouvernement. Le coronavirus marquerait-il la revanche posthume du pétainisme ? Dur-dur d’être un « No border » à l’heure du Covid-19 et de la fermeture des frontières.
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