Culture

Penser la crise de l’art après Walter Benjamin

Walter Benjamin est l’auteur d’un ouvrage célèbre sur « l’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique ». En cette première moitié de XXe siècle, le philosophe s’inquiétait de ce qu’il appelait le « déclin de l’aura » des œuvres, à cause des nouveaux moyens de reproduction emblématisés notamment par l’invention de la photographie. Dans un tel monde, la notion d’« original » ne signifie plus rien ; il n’y a plus partout que des copies, puisqu’il n’est plus besoin de voir l’original d’une œuvre pour l’admirer ; on se contente d’observer ses innombrables reproductions. Tout le monde a vu cent fois la Joconde, même sans être allé au Louvre. Dès lors, il n’est plus aussi simple de s’extasier devant l’œuvre, qui n’est toujours à nos yeux que la copie d’une copie, à laquelle on s’est habitué. Mais cette perte de sacralité s’explique-t-elle vraiment par la possibilité de reproduction technique à l’infini, comme le croyait Benjamin ? Jean-François Gautier estime au contraire que Walter Benjamin cherchait surtout à sauver la conception romantique et moderne de l’œuvre d’art, qui aboutit pourtant à un fétichisme naïf de l’artiste et de la création. En fait, si l’art a perdu aujourd’hui de sa sacralité, ce n’est pas parce qu’on le considère comme une vulgaire technique parmi d’autres, mais parce que nous négligeons les rituels collectifs qui donnent du sens à l’action culturelle et civilisatrice. L’art s’inscrivait autrefois dans un système rituel signifiant, porteur d’intersubjectivité, alors que nous sommes désormais plongés dans un univers à la fois individualiste et atomisé, où les jeux de significations ne renvoient plus qu’à des jugements personnels dépourvus d’horizon commun et de sens partagé à construire. L’artiste n’est plus un héros, légitimé socialement ; il devient un marchand, soumis à la loi de l’offre et de la demande. La crise de l’art est d’abord une crise du politique.

Lire la suite »
Jean-Pierre Marielle

Jean-Pierre Marielle, le chantre d’un cinéma gouailleur et réfléchi, salace et profond

Marielle, c’était le cinéma français dans toute sa verdeur, sa faconde, son panache déclamatoire. C’était une diction parfaitement maîtrisée, éloquente et charmeuse, pour dire des horreurs avec assurance, professer des énormités, susurrer des mots doux à faire se dresser sur leur tête, les cheveux verts et bleus des féministes les plus aguerries.

Lire la suite »

Berlioz et la fonction cérémonielle de la musique

Nous fêtons en ce moment l’anniversaire de la mort d’Hector Berlioz, qui reste un des compositeurs français les plus plébiscités du XIXe siècle. Jean-François Gautier dresse le portrait de ce géant musical, dans son siècle et au regard du nôtre.

Lire la suite »

Montesquieu, le vigneron politique

Montesquieu fut assurément une des grandes figures de la philosophie politique française. Pourtant, alors que nous célébrons l’anniversaire de sa naissance, force est de constater que cet auteur reste encore très largement méconnu, non parce qu’on le connaît peu, mais parce qu’on le connaît mal. Jean-François Gautier dresse le portrait subtil de cet illustre personnage, qui fut d’abord un vigneron philosophe. Et si l’amour des vignes avait à voir avec l’esprit de nos lois?

Lire la suite »

Exposition Khnopff : la solitude du présent

Peintre des Flandres longtemps négligé, Fernand Khnopff jouit d’un fort regain d’intérêt, à tel point qu’une magnifique exposition lui est actuellement consacrée à Paris. C’est l’occasion de découvrir une oeuvre révélatrice d’un esprit “fin de siècle” très caractéristique de son époque, qui trouve pourtant d’étonnants échos aujourd’hui. Nos contemporains en ont-ils assez de la fureur du monde? Cherchent-ils eux aussi la Vérité dans un refuge hors du temps?

Lire la suite »
S’abonner à la newsletter
{"cart_token":"","hash":"","cart_data":""}