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Café créole à gauche et merkelisation à droite. Tous président ! J moins 270

La rédaction d’Éléments va suivre d’au plus près, une année durant, la présidentielle de 2022. Des carnets de campagne au long cours pour mettre à nu les discours, les programmes, les hommes et les clivages. Brève revue d’effectifs pour rentrée des cancres…
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Un été maussade s’achève en France, avec un temps à faire pâlir les thuriféraires du GIEC et ceux qui n’ont en tête que le réchauffement climatique. Entre deux contrôles de passe sanitaire, un reportage sur les Talibans se pavanant dans les rues de Kaboul avec un matériel américain flambant neuf et les déclarations de nos politiques qui effectuent leur rentrée, il n’y a guère de quoi se réjouir.

Tous les aspirants à l’Élysée sont déjà sur les rangs pour l’élection de l’année prochaine, et, à les écouter, on peut s’inquiéter du niveau des débats à venir. D’aucuns à gauche en appellent à la créolisation de notre pays, notion assez floue, mais qui apparaît comme une ode au multiculturalisme et à la diversité ethnique, au détriment d’un commun partagé. Nous y reviendrons.

« 2/3 Merkel et 1/3 Thatcher »

À droite, les impétrants en restent au stade du complexe des élites face à l’étranger, latent depuis la défaite de 1870. Une des candidates en allant même jusqu’à se gargariser d’être « 2/3 Merkel et 1/3 Thatcher ». C’est à se demander s’il y a encore quelque chose de français chez eux ; comme quoi, un terrain d’entente semble possible avec la gauche « créole ».

Une chose est en tout cas certaine, ils ont déjà fait litière de la cruelle rebuffade de juin dernier, lors de laquelle ils ont été méprisés par les deux tiers des Français, une abstention massive quasiment sans précédent. Certains même, envers et contre tout, s’enorgueillissent de leur « victoire » et prétendent qu’elle leur confère la légitimité pour briguer la magistrature suprême ; nous verrons bien qui sera encore là au sortir de l’hiver.

On pense à Talleyrand et on se dit que nos politiques ont tout oublié et n’ont rien appris. Les émigrés, eux pourtant, avaient une excuse : certains ont vécu hors de France pendant près de 25 ans. Ainsi, on peut s’interroger : nos représentants habitent-ils le même pays que la majorité des Français ? Les mots qu’ils mettent sur nos maux apparaissent tellement en décalage avec le quotidien du plus grand nombre, qu’on est en droit d’en douter.

Nomadisme électoral

Quand on examine avec attention le profil des différents candidats, on constate qu’ils sont pour la plupart des notables, élus dans les métropoles ou à la tête de méga-régions, en totale déconnexion avec la France périphérique, qui plus est en un temps où la fracture spatiale ne cesse de s’agrandir entre les territoires (ville-centre, banlieue, périurbain…). Leurs marottes sont avant tout celles des urbains, à droite comme à gauche. Implantés dans les territoires des « déracinés », ils représentent le monde fluide des nomades de la mondialisation, un électorat qui pèse plus par son pouvoir dans le domaine des idées et des médias que par son poids démographique réel.

Ainsi, à droite comme à gauche, que vous ayez 5, 10 ou 20 Pécresse, Bertrand, Hidalgo, Jadot et consorts, vous buterez toujours contre la même difficulté : vous ne couvrirez qu’une faible part du spectre électoral. En économie, on parle prosaïquement d’un problème d’offre ; en politique, c’est le sentiment qu’il n’existe aucune alternative. Il en résulte naturellement une absence d’entrain chez les électeurs qui ont le sentiment de n’avoir aucun réel choix, bien qu’il existe quelques différences entre ces postulants.

Les quelques candidats ayant la volonté de s’adresser aux classes populaires demeurent pour l’heure muets, ayant compris que le silence, face à l’incurie des autres, jouait en leur faveur.

Candidat surprise et troisième homme

La séquence qui s’ouvre avec les élections présidentielles est essentielle pour notre nation et son avenir. Gageons qu’un homme ou une femme capable de parler au nom de la défense de ce que l’on n’ose plus appeler notre civilisation, émergera et saura susciter l’adhésion.  

Notre objectif dans les prochains mois, sera de tenter de décrypter ce que proposent les différents candidats, par-delà la novlangue et les slogans, d’aller au fond des sujets et qui sait, de dégager un horizon désirable pour notre pays.

Première étape : la primaire d’Europe- Écologie-les-Verts, qui débute dans une quinzaine de jours.

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