Le magazine des idées

Michel Marmin

Articles

« Underdog » : du côté de Rabelais et de Villon

« Underdog » : du côté de Rabelais et de Villon

Quand la jeunesse héroïque et misérable de Sylvester Stallone croise celle d’un enfant du prolétariat béarnais, cela donne un bouquin qui bouscule la bienséance littéraire et fait souffler le grand air de l’invention romanesque : « Underdog »(Éditions Séguier). Ce premier livre est l’acte de naissance d’un grand écrivain doublé d’un satiriste salutaire : Bruno Marsan !

Stéphan Huynh Han : un réactionnaire voltairien

Stéphan Huynh Tan : un réactionnaire voltairien

Il arrive encore, miracle rarissime, que surgisse un écrivain français qui écrive comme on croise le fer : avec précision, élégance et cruauté. Stéphan Huynh Tan est de cette trempe. Dans « Disgraciés », il ranime une tradition qu’on croyait éteinte, à tout le moins moribonde, celle des moralistes et des portraitistes, où le trait fait mouche à tous les coups.

Brigitte Bardot, la mort d’une déesse

Brigitte Bardot, la mort d’une déesse

Ce portrait de Brigitte Bardot est paru en 1985 dans Le Cinéma français 1960-1985, l’un des ouvrages collectifs consacrés à l’histoire du cinéma que j’ai dirigés aux Éditions Atlas, avec la collaboration de mon (trop) vieil ami Philippe d’Hugues, ici désigné sous son nom de plume de Philippe de Comes – qui fut aussi celui du critique de La Nation française en des temps lointains… Nous nous sommes attribué sans remords les sujets qui nous tenaient chacun à cœur, laissant cyniquement les autres à d’autres collaborateurs. Philippe ne contesta pas ma dilection pour B.B. Puis-je dire que, quarante ans après cet exercice, je ne crois pas devoir en rougir ? Toutefois, je reviendrai en post-scriptum sur une erreur d’interprétation que je n’aurais jamais dû commettre et que je ne me pardonne pas ! Comme disait Truffaut dans un propos que je cite par ailleurs : « J’étais bête ce jour-là. »

Jules Verne

Jules Verne, un auteur anticolonialiste

Le projet de la Cité des Imaginaires-Grand musée Jules Verne, à Nantes, fait couler beaucoup d’encre. Un « collectif » woke, composé pour l’essentiel de trois pelés et un tondu, s’en est vertement pris à la « prose colonialiste » de l’auteur de « 20 000 Lieux sous les mers » et à l’écrin « toxique » que la ville de Nantes est en train de lui construire. Ont-ils jamais lu autre chose que des tracts électoraux, ces ignorants ? Loin des clichés, l’œuvre de Jules Verne fait au contraire valoir une critique implacable du productivisme effréné, de la logique du profit, de l’enlaidissement totalitaire, de l’épuisement des ressources. Si elle magnifie les progrès de la science, elle n’en fait pas moins l’éloge des peuples colonisés et acculturés. Alors, qui est toxique, qui est exotique dans cette affaire ? Citations à l’appui, Michel Marmin remet Jules Verne à l’endroit.

Épuration à Trappes : Omar Sy chasse Jean Renoir

Épuration à Trappes : Omar Sy chasse Jean Renoir

L’édile de Trappes, dans les Yvelines, une des capitales du djihad, vient de débaptiser pompeusement le cinéma municipal Jean Renoir : ce sera désormais celui d’Omar Sy. Michel Marmin ne pouvait laisser passer cette épuration toponymique.

Qui lit aujourd’hui les poètes ? Une polémique entre Michel Marmin et Anthony Marinier

Qui lit aujourd’hui les poètes ? Une polémique entre Michel Marmin et Anthony Marinier

Notre entretien avec Patrice Jean, « Les militants vont-ils tuer la littérature ? », a fait sursauter Michel Marmin, non pas les réponses de Patrice Jean, dont Michel Marmin a été parmi les premiers à entrevoir l’importance littéraire, mais une question d’Anthony Marinier, qui interrogeait Patrice Jean sur la pétition visant à empêcher Sylvain Tesson de parrainer le Printemps des poètes 2024, faisant remarquer qu’elle avait été signée « essentiellement [par] des poètes autoproclamés que personne ne lit ». Doit-on juger la qualité d’un poème et plus largement la poésie au nombre de lecteurs ? N’est-elle pas au contraire dans son essence même un art qui échappe au jugement de la foule ? Doit-elle pour autant ne s’adresser qu’à un public élitiste ? Qu’est-elle au juste ? La parole à Michel Marmin et Anthony Marinier.

Michel Marmin & Michèle Delagneau : notre dictionnaire amoureux de la musique

Michel Marmin & Michèle Delagneau : notre dictionnaire amoureux de la musique

Voici un dictionnaire amoureux et vibrant de la musique, personnel mais aussi complet que possible, destiné aux « amateurs » de musique, des plus anciennes aux plus contemporaines, sans exclusive, sans parti pris, sinon celui de ne dédaigner aucun compositeur, de n’oublier aucun genre musical, aucun instrument, de donner à « voir » la musique de l’intérieur. Les entrées se détachent comme des notes de musique, de A à Z, dans un souci d’exhaustivité et d’harmonie. Cela fait trente ans que Michèle Delagneau et Michel Marmin travaillent à ce livre, eux qui ont rédigé « Les Génies de la musique » aux éditions Atlas (1994). Il était temps de publier la somme de leurs goûts et dilections en quelque trois cents pages serrées qui feront le bonheur des « amateurs » de grande musique.

Carte de vœux

Nouvel an, les cartes de vœux

Ces cartes de vœux réalisées à l’occasion du solstice d’hiver et de la nouvelle année doivent être chargées d’un contenu esthétique, sentimental et « idéologique » spécifique, relativement à la fête elle-même, à notre communauté et à la personnalité de celui ou de celle qui les adresse.

Aguirre, the Wrath of God

Cinéma européen et renaissance culturelle

Le cinéma n’est pas seulement le miroir de notre temps. Il est aussi l’annonciateur des bouleversements culturels de demain. Mais il faut apprendre à déchiffrer ses messages. Répondant aux questions d’ « Éléments », Michel Marmin, qui vient de publier un recueil de chroniques («Fausto, Vania, Kaspar et Véronique»), nous donne les résultats de son enquête. Des résultats parfois surprenants, et inattendus …

Lucien Rebatet

L’écrivain, la politique et le vestiaire

À la mort de Lucien Rebatet, en 1972, les chiens de garde s’étaient pourléchés. Un petit coup de langue sur « Les deux étendards », un autre sur « Une histoire de la musique », et, pour un peu, l’auteur des « Décombres », briqué de neuf, trouvait siège sur la bergère.

Biographie : Né en 1943, cofondateur d’Éléments dont il fut longtemps le rédacteur en chef. Ancien élève de l’IDHEC,  journaliste, ancien critique de cinéma à Valeurs Actuelles et au Figaro. Auteur d’ouvrages de poésie et d’essais sur le cinéma, les Beaux Arts, la musique et le sport. Ami de Gérard Blain, il fut le coscénariste de deux de ses films, Pierre et Djemila (1986) et Ainsi soit-il (2000).
Livres : Où Nestor Burma rencontre l’Aristo (Auda Isarn, 2019) – Chemins de Damas et d’ailleurs (Auda Isarn, 2018) – La République n’a pas besoin de savants, entretiens avec Ludovic Maubreuil, Pierre-Guillaume de Roux, 2017 – Blondes + Brunes, Chronique, 2016 – Droite + Gauche (avec Éric Branca), Chronique, 2016 – Victor Hugo pour l’éternité, Chronique, 2012 – Napoléon au-delà de la légende, Chronique, 2011 – La Pêche au brochet en Mai 69, Alexipharmaque, 2008 – Musiciens d’hier et d’aujourd’hui. Guide de l’amateur de A à Z (en collaboration avec Michèle Delagneau), E-Dite, 2007 – Fritz Lang, Pardès, 2004 – Chemins d’ailleurs et de Damas, L’Âge d’Homme, 2000 – Destin du français. Identité et langage, Alfred Eibel, 1979 – Fausto, Vania, Kaspar et Véronique. Chroniques cinématographiques 1972-1976, Alfred Eibel, 1976 – Raoul Walsh ou l’Amérique perdue, Seghers, 1970 (rééd. Dualpha, 2003).