Le magazine des idées

Anthony Marinier

Articles

Les nouveaux démons

Les nouveaux démons

Après trois « contes cruels » parus aux éditions de la Nouvelle Librairie, Thomas Clavel revient, cette fois aux éditions Livr’arbitres, avec un sombre et envoûtant exorcisme littéraire nous plongeant dans les méandres d’une âme tourmentée, assiégée par les démons. Réinvestissant le mythe de Faust, il nous confronte à un personnage unique jouant avec le feu dévorateur de sa propre psyché et pactisant avec le mal.

Louis-Henri de La Rochefoucauld, Les Petits Farceurs, Robert Laffont, 256 pages, 20€

Les illusions anéanties des petits marquis de la littérature

Toi, jeune écrivain idéaliste et enthousiaste qui franchit la porte du monde de l’édition, abandonne toute espérance ! C’est l’avertissement lancé par Louis-Henri de la Rochefoucauld dans son dernier ouvrage, réquisitoire aussi implacable que joyeusement cruel contre les boutiquiers et les intrigants d’un petit milieu littéraire désormais au service d’un commerce comme un autre.

Patrice Jean

Les militants vont-ils tuer la littérature ?

Au secours Kafka, ils sont devenus fous ! Sous les assauts combinés de la sociologie, du nombrilisme psychologisant et de la fièvre épuratrice des militants de tous poils, la littérature contemporaine est au bord de l’abîme. Peut-on encore éviter sa chute définitive ? Patrice Jean nous donne sa réponse.

Quand la gauche veut interdire la critique des médias

Quand la gauche veut interdire la critique des médias

La frénésie liberticide de Gérald Darmanin semble dangereusement contagieuse. C’est ainsi aujourd’hui au tour d’Alexandra Cordebard, maire socialiste du 10e arrondissement de Paris, de réclamer l’interdiction de la traditionnelle cérémonie des « Bobards d’Or ». Au nom sans doute de la défense de la démocratie que les rires du public de cet événement humoristique dénonçant les mensonges les plus flagrants des médias mettraient gravement en danger.

Petite galerie de grands méchants

Petite galerie de grands méchants

À l’occasion de leurs dix années d’existence, les très actives éditions Auda Isarn publient un ouvrage rassemblant huit auteurs « maison » chargés de faire l’éloge de célèbres « méchants » de l’histoire ou de la fiction. Anthony Marinier nous présente cette initiative à la fois savoureuse et iconoclaste à l’heure où l’empire du Bien impose chaque jour davantage sa moraline sirupeuse et totalitaire.

Ressources inhumaines

Ressources inhumaines

En nos temps de crise économique permanente, lorsque l’on a la chance de posséder un « emploi », on s’y accroche bien souvent de toutes ses forces, comme un naufragé à une bouée de sauvetage. Le « travail » est aujourd’hui de moins en moins un facteur d’épanouissement ou de développement de ses talents mais un simple moyen de survie économique et sociale. Dans ce cadre, les salariés acceptent désormais des conditions de travail toujours plus dégradées au sein d’un environnement déshumanisé où ils ne sont que pions entre les mains de « managers » sans scrupules. C’est dans ce monde étouffant et grisâtre que nous plonge le dernier livre Marie-Hélène Moreau, Ceux qui comptent, paru aux éditions la Mouette de Minerve.

Explorer les cimes de la littérature avec Christopher Gérard

Explorer les cimes de la littérature avec Christopher Gérard

Christopher Gérard fait partie de ces esthètes qui placent la littérature au plus haut, au sommet de leurs préoccupations et de leurs affections. Il ne se contente pas de lire, il dialogue avec les auteurs et se nourrit avidement de leur prose pour meubler son imaginaire et consolider sa vision du monde. Hommage d’un écrivain à ses pairs, son dernier ouvrage Les Nobles Voyageurs, aux éditions de la Nouvelle Librairie, est une invitation à suivre ses pas pour le plus extraordinaire des voyages immobiles.

Recréer un nationalisme français : le souverainisme à la Cart

Recréer un nationalisme français : le souverainisme à la Cart

Dans un texte court, vif et polémique, à mi-chemin entre l’essai et le pamphlet, Rodolphe Cart dénonce l’absence de préoccupations économiques et sociales chez les « identitaires » et présente sa vision d’un souverainisme populiste n’excluant pas la question de l’homogénéité ethnoculturelle mais sans l’essentialiser. Si l’on peut regretter que l’auteur semble confondre l’intégralité des « identitaires » avec la frange « racialiste » de cette mouvance, on n’en lira pas moins avec le plus grand intérêt cet opus vivifiant qui dépoussière incontestablement le concept de « souverainisme » souvent caricaturé, y compris par certains de ses porte-paroles auto-proclamés.

Christian Signol

Le destin d’une génération

De la ferme familiale aux agglomérations titanesques, de l’homme de quelque part au citoyen du monde, du bon sens paysan à la déraison techniciste… Dans son dernier ouvrage, Christian Signol nous décrit le destin de la génération de l’après-guerre, celle de ces « boomers » qui vont susciter puis accompagner la transformation radicale de leur pays. Une famille française est le roman du déracinement français.

Autopsie d'un déclassement

Autopsie d’un déclassement

L’édition contemporaine n’est pas encore totalement phagocytée par les CSP+ des beaux quartiers ayant décidé d’infliger aux lecteurs le récit de leurs pathétiques déboires psychologico-sentimentaux ou la description navrante de leurs névroses sexuelles diverses et variées. La preuve par Franck Courtès qui offre un vrai roman social, mettant son expérience personnelle au service d’une description en profondeur d’une société en cours de précarisation accélérée, se dopant à l’immigration incontrôlée pour finir d’atomiser et « d’ubériser » le monde du travail.

Marion Messina

La révolte populiste qui vient

L’édition contemporaine, incontinente, produisant à jets continus des pensums componctieux et convenus, des autofictions psycho-cul pour bourgeoises dépressives ou des bluettes inoffensives destinées à meubler les temps de trajet des ménagères de plus ou moins 50 ans, pourrait décourager le lecteur exigeant et l’inviter à se consacrer exclusivement aux valeurs sûres du passé, au talent validé par le passage des ans et le détachement des modes et des emballements circonstanciels. Ce serait là une grave erreur nous dit Anthony Marinier, pêcheur de perles littéraires pour les lecteurs d’Éléments, qui nous invite aujourd’hui à nous pencher sur « La peau sur la table » de Marion Messina, aux éditions Fayard.

L’Abîme de Nicolas Chemla ou Huysmans au temps des applis

L’Abîme de Nicolas Chemla ou Huysmans au temps des applis

Le progrès moral de l’humanité est une dangereuse et mortifère illusion. Le mal-être des hommes, leurs failles et leurs vices ne changent pas, seul le décor évolue. La technologie accélère, multiplie, facilite, elle ne résout pas. C’est cette implacable vérité que nous décrit Nicolas Chemla dans son dernier roman, « L’Abîme », paru au éditions du Cherche Midi.