Que mes nombreux amis dans les forces de l’ordre me pardonnent… mais je voudrais les interpeller avec cette courte diatribe : en leur proposant mes modestes réflexions et en posant quelques questions existentielles sur leur vocation républicaine. Ce texte cathartique s’inspira de quelques événements récents.
Le premier en Angleterre, avec le jeune Henry Nowak qui, alors qu’il se vidait de son sang menotté, avait son assassin migrant sikh cajolé par les nouveaux affiliés de Scotland Yard.
Le scandale de la préférence étrangère et anti-blanche suscita des révoltes légitimes qui furent réprimées par la police de Sa Majesté.
De l’autre côté de l’Atlantique, en France, on peut aussi citer deux exemples récents impliquant nos chères forces de l’ordre. Lorsque la conférence d’un intellectuel américain, Jared Taylor, fut interdite pour les propos qui auraient pu se tenir (c’est Minority Report).
Enfin, ce week-end, avec des catholiques malmenés par les gardes mobiles car ces fidèles voulaient empêcher l’énième profanation d’une église parisienne par la protubérante invertie Barbara Butch, parodiste de la Cène pendant les JO.
Observant ces phénomènes, j’ai souvenance d’anecdotes issues de mon humble parcours militant que je voudrais narrer à nos lecteurs pour alimenter cette réflexion sur le rôle dévolu à la police dans un cadre politique.
Alors qu’en 2022 je m’occupais pour la Bretagne des mouvements de jeunesse de Zemmour, un meeting était organisé à Brest. Les antifas avaient, comme à leur habitude, dégradé le lieu qui nous accueillait : un hôtel qu’ils avaient tagué et dont ils avaient cassé les vitres, mais qui avait courageusement tenu bon en maintenant l’événement. Alors que la dédicace du candidat à la présidentielle se passait tranquillement, des hordes rouges ont déferlé sur la file des lecteurs en attente. Bien que nous nous soyons tous repliés au sein de l’hôtel avec la sécurité du parti, des personnes âgées avaient eu le temps de se faire jeter à terre et rouer de coups par les porteurs de drapeaux antifas et de la CGT. Du sang d’un jeune militant aux origines asiatiques jonchait le sol. Tournant alors le regard, nous pouvions apercevoir la police qui était à 20 mètres de là, restée en ligne dans une rue adjacente, qui avait assisté à notre massacre sans intervenir. Notre colère fut paroxystique quand les hommes en bleu vinrent nous voir après l’événement pour nous dire : « Vous comprenez, le préfet n’avait pas donné l’ordre d’intervenir. » Ah, les ordres… ils dispensent parfois du minimum de courage.
Pis encore, toujours lors de la campagne présidentielle, à Hennebont dans le Morbihan cette fois, alors que les gauches bloquaient l’entrée d’une salle que nous avions légitimement réservée pour une réunion publique et qu’un de nos militants était séquestré à l’intérieur, c’est vers nous que les boucliers des C.R.S. étaient tournés alors qu’une petite fliquette officier vingtenaire nous avait sommés de ne pas intervenir pour accéder à nos locaux… sous peine de charger contre nous !
Le bras armé de l’anarcho-tyrannie
La fin des illusions sur le rôle de la police dans les milieux de droite remonte au traitement de la Manif pour tous et aux Gilets jaunes. Bien sûr, l’on pourra toujours débattre de l’attitude des manifestants, de la stratégie des Gilets jaunes ou encore de la durée du mouvement qui a pu entraîner une lassitude de l’opinion à leur égard. Cependant, les violences policières qui ont émaillé cet épisode avaient atteint un niveau jamais vu auparavant et nous ne pouvons que hausser les sourcils en voyant la liste des inculpés, des arrêtés et des mutilés : des petits Gaulois qui n’en pouvaient plus de l’obésité de l’État. Alors que dans les banlieues le dixième de cette force ne fut jamais déployé (flash-ball, BRAV-M et même chars). Cet épisode fut, je pense, la fracture définitive entre une large frange de la population qui pensait comme moi que la police était d’abord au service des citoyens pour se rendre compte finalement qu’elle était surtout au service du régime.
Alors, moi, bon droitard qui proclamait comme un jeune bourgeois en chemise bien briquée : « La police avec nous », désormais je me tais, sans être toutefois tenté de vociférer avec les gauchistes : « ACAB », car je connais la qualité individuelle des hommes, et c’est bien la critique de l’institution ici dont il s’agit.
Assurément, des morceaux de bravoure remarquables peuvent surgir de la médiocrité ambiante, mais redorer pour cela le blason de tout le collectif semble indu. Un membre des forces de l’ordre qui se sacrifie contre un terroriste ou qui aide une famille à sortir des flammes, cela existe aussi parfois et il ne faut point le dénier. L’esprit de liberté peut aussi souffler à l’abri des regards : décider de ne pas infliger une contravention idiote au petit Gaulois qui passe, ou être le dernier de la caserne à ne pas avoir ses quatorze injections Covid malgré la pression des collègues… Les flics comme ça existent, mais comme les poissons volants, ils ne sont pas la norme.
On ne peut aussi que déplorer le fort taux de suicide dans la police que font naître ces contradictions. Cette détresse dans laquelle les hommes portent l’uniforme est souvent accentuée quand ils sont lâchés par leur hiérarchie carriériste et maçonnique.
Malgré tout, après ces années militantes naquit alors un constat douloureux mais sans appel : comment vous, mes amis flics, pouvez-vous rester en poste en voyant cela ? Partout en Occident, la police est contre le peuple autochtone, n’étant plus que le bras armé de l’anarcho-tyrannie.
« Tu comprends, on a des ordres »
Après la fin de la séquence des Gilets jaunes, je terminais mes études de droit. Il m’est alors passé par l’esprit, de manière fugace, je vous rassure, l’idée sotte de postuler au concours de commissaire.
Or, cette réflexion sur ma carrière s’inscrivait dans un contexte : je terminais ma licence après le Covid, période faste également pour montrer toute l’efficacité de la répression d’État quand le Léviathan le veut.
On constatait alors que le président de la République eut un pouvoir beaucoup plus absolu que n’importe quel roi de France, celui d’enfermer le peuple en claquant des doigts.
Pendant le confinement, les forces de l’ordre contrôlaient les plages vides, armées de mitraillettes, démontrant encore la disproportion des moyens engagés en comparaison du danger réel.
Alors vient la sempiternelle réponse : oui, mais tu comprends, « c’est les ordres ». J’avoue que cette réponse m’agace et suscite en moi une profonde circonspection. En effet, jusqu’où cette logique peut-elle être poussée ?
Mettons qu’une loi nouvelle fasse enfermer tous les patriotes pour délit d’opinion et que, refusant de me faire prendre, on donne l’ordre à mes amis flics de me tirer dessus alors que je suis retranché comme un forcené dans mon appartement : tireraient-ils sur moi ?
Bien sûr, aujourd’hui, ils m’assureraient que non. (Qu’ils soient sûrs qu’avant de m’asséner le coup fatal je leur rendrais la pareille.) Mais dans les faits, si la situation se présentait, je pense malheureusement qu’ils se contenteraient d’un « Désolé Lucas » larmoyant avant d’appuyer sur la détente.
Une fois cette petite fiction passée, revenons au réel :
On m’opposera qu’il vaut mieux que ce soient des « gens de chez nous » qui soient dans les effectifs ; mais à quel moment ces flics vont-ils sortir du bois, montrer précisément qu’ils sont de chez nous par des actes ?
Je comprends aussi qu’on m’oppose qu’il vaut mieux une police aux ordres plutôt qu’une police qui désobéisse si nous prenions le pouvoir, afin de bien mettre en œuvre, par exemple, la remigration.
La question du rôle des corps constitués en politique est en soi inepte. Le comportement de la police réside dans la psychologie des foules et le rôle du groupe. Dans le cas de la police, disposant d’une hiérarchie clairement établie, l’ordre venant du haut ne pourra être remis en question par les subalternes, et ce principalement parce que, d’une part, le subordonné n’a jamais accès à la vision d’ensemble du supérieur et, d’autre part, parce que le subordonné ne pourra jamais faire valoir une quelconque solidarité parmi ses pairs. Raison pour laquelle, si nous devions reprendre mon exemple du dessus, si ordre était donné de m’exécuter dans mon appartement, un policier ne pourrait jamais s’opposer à l’ordre donné car il lui serait impossible de retourner cet ordre à son supérieur seul et nous pourrions toujours trouver un second flic prêt à appuyer sur la gâchette. À la fin, le policier ne s’appartient jamais mais appartient toujours au groupe nommé « police ».
Si la police et l’armée bénéficient traditionnellement d’une bonne opinion dans les milieux patriotes, cela résulte principalement des expériences bonapartistes et gaullistes. Là aussi, nous pourrions discuter pendant des heures de la valeur de leur héritage respectif. Mais même en estimant que la balance est positive, quelle part accorder à l’institution comparée au génie intrinsèque des hommes qui ont incarné ces périodes ? Alors que par le passé et dans des circonstances exceptionnelles, armée et police ont certainement pu offrir un cadre permettant l’émergence de personnages charismatiques, tel ne semble pas être le cas aujourd’hui et dans un contexte macroniste. En tout état de cause, le temps du soutien inconditionnel envers la police doit cesser et nous nous devons d’avoir un avis critique envers cette administration qui semble de plus en plus régimiste.
Restent alors deux voies pour ceux qui souhaitent porter le bleu :
Continuer la stratégie de l’entrisme, et sortir « un jour » du bois.
Une autre alternative que je suis tenté de prôner : forces de l’ordre patriotes, si vous l’êtes vraiment : démissionnez ?



