
Quatre-vingt-dix ans après son assassinat, Federico García Lorca n’en finit pas de mourir une seconde fois sous les coups de la légende. « L’Humanité » en faisait encore récemment un « militant de gauche » assassiné par l’Espagne franquiste en raison de ses sympathies pour le Front populaire. La réalité est autrement plus complexe : rétif à tout embrigadement, ami de communistes comme de phalangistes, Lorca chercha refuge chez ces derniers lorsque sa vie fut menacée. Ils tentèrent jusqu’au bout de le sauver. Qui a donc tué le poète andalou et pourquoi ? Grand connaisseur de l’Espagne et historien de la Phalange, Arnaud Imatz, qui sort « Histoire des idées politiques nationales. Au-delà de la gauche et de la droite » (L’Artilleur), rouvre le dossier et démêle l’histoire de la mythologie politique. Merci à lui de nous autoriser à reprendre cet article remarquable, initialement paru dans « Front populaire », qui remet l’histoire à l’endroit.

La rentrée n’a pas encore sonné que les nouveaux conflits scolaires sont déjà là. Après les accusations d’islamophobie et le refus tapageur de la laïcité, voici un nouvel avatar de la police islamiste des mœurs : la « littérature halal » ? Sur les réseaux sociaux, de jeunes influenceuses musulmanes ont passé l’été à expliquer quels livres une bonne croyante peut ou ne peut pas lire. Que se passera-t-il lorsque ces prescriptions entreront dans les classes ? Enseignant depuis plus de vingt ans dans des établissements difficiles de la banlieue parisienne, Bruno Gaia connaît ce monde de l’intérieur. Il en a tiré « Blanc cassé », son premier roman, que publie aujourd’hui La Nouvelle Librairie : l’histoire croisée d’un collégien blanc harcelé et d’un professeur confronté à la montée du communautarisme. Ce petit texte sur la littérature coraniquement correcte en donne un avant-goût.

« Un avion pour les gouverner tous » ? À lire Joseph Henrotin, le F-35 est bien davantage qu’un appareil de combat : c’est le symbole de la dépendance stratégique européenne. Coûteux, technologiquement complexe et étroitement tributaire de l’écosystème américain, il continue pourtant de séduire les capitales du Vieux Continent. Derrière ce succès commercial, se pose la question de la souveraineté militaire européenne ?

Entre le Ve et le VIIIe siècles, l’Occident fut rechristianisé moins depuis Rome que depuis les monastères irlandais et brittoniques. Colomba, Aidan, Colomban et leurs disciples implantèrent un christianisme monastique, territorial et culturellement enraciné. Cette pluralité fut ensuite progressivement absorbée par une Église diocésaine, juridique et gréco-latine. Aujourd’hui, tandis que Rome encourage l’inculturation des peuples extra-européens, l’Europe occidentale a largement perdu la mémoire de ses propres formes chrétiennes vernaculaires.

Vous avez pu découvrir, dans le numéro d’Éléments actuellement en kiosque, notre dossier consacré à la condition masculine. Certains lecteurs, peut-être égarés par la vieille et très binaire dichotomie gauche/droite (à laquelle pourtant nous n’avons jamais cédé), ont pu être surpris d’y lire une critique sans concession du masculinisme, cette nouvelle tendance importée d’outre-Atlantique qui rencontre un certain succès chez une partie des jeunes hommes. Ces lecteurs-là ont sans doute pensé que le combat de fond que nous menons depuis de nombreuses années contre le féminisme et le wokisme aurait dû nous amener, au moins dialectiquement, à trouver un point d’accord avec ces jeunes hommes – ce qui est évidemment mal nous connaître. Faisons donc le point pour prolonger la réflexion du dossier.

Avant de faire la guerre, pourquoi ne pas commencer par la jouer ? Né il y a deux siècles en Prusse, le « wargame » connaît un spectaculaire retour en grâce dans les armées occidentales. Cartes, pions, règles et arbitres permettent désormais de simuler aussi bien une bataille que les réactions de Moscou, Pékin ou Téhéran. Devenu outil de formation, d’anticipation et de réflexion stratégique, le « wargame » promet d’éprouver aujourd’hui les guerres de demain. À condition de ne jamais oublier qu’un jeu de simulation n’est pas un champ de bataille. Par Paul Durrand.

Une aumônerie pour le Rassemblement National ? La question résume le malaise du catholicisme français. L’Église conserve encore une bourgeoisie urbaine, diplômée et organisée. Elle accueille aussi des communautés immigrées souvent plus pratiquantes. Elle a en revanche presque disparu de la France périphérique où le vote RN prospère.
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