
À l’occasion de la sortie du quatrième hors-série de la revue Éléments, « États-Unis, nos meilleurs ennemis », issu de cinquante ans d’archives, Alain de Benoist revient sur la critique radicale de l’américanisme menée par la Nouvelle Droite. Entre fondements idéologiques, soft power et second mandat de Trump, il dresse un portrait sans concession de la puissance qui continue de façonner – et de menacer – l’identité européenne.

Entre le Ve et le VIIIe siècles, l’Occident fut rechristianisé moins depuis Rome que depuis les monastères irlandais et brittoniques. Colomba, Aidan, Colomban et leurs disciples implantèrent un christianisme monastique, territorial et culturellement enraciné. Cette pluralité fut ensuite progressivement absorbée par une Église diocésaine, juridique et gréco-latine. Aujourd’hui, tandis que Rome encourage l’inculturation des peuples extra-européens, l’Europe occidentale a largement perdu la mémoire de ses propres formes chrétiennes vernaculaires.

Vous avez pu découvrir, dans le numéro d’Éléments actuellement en kiosque, notre dossier consacré à la condition masculine. Certains lecteurs, peut-être égarés par la vieille et très binaire dichotomie gauche/droite (à laquelle pourtant nous n’avons jamais cédé), ont pu être surpris d’y lire une critique sans concession du masculinisme, cette nouvelle tendance importée d’outre-Atlantique qui rencontre un certain succès chez une partie des jeunes hommes. Ces lecteurs-là ont sans doute pensé que le combat de fond que nous menons depuis de nombreuses années contre le féminisme et le wokisme aurait dû nous amener, au moins dialectiquement, à trouver un point d’accord avec ces jeunes hommes – ce qui est évidemment mal nous connaître. Faisons donc le point pour prolonger la réflexion du dossier.

Avant de faire la guerre, pourquoi ne pas commencer par la jouer ? Né il y a deux siècles en Prusse, le « wargame » connaît un spectaculaire retour en grâce dans les armées occidentales. Cartes, pions, règles et arbitres permettent désormais de simuler aussi bien une bataille que les réactions de Moscou, Pékin ou Téhéran. Devenu outil de formation, d’anticipation et de réflexion stratégique, le « wargame » promet d’éprouver aujourd’hui les guerres de demain. À condition de ne jamais oublier qu’un jeu de simulation n’est pas un champ de bataille. Par Paul Durrand.

Une aumônerie pour le Rassemblement National ? La question résume le malaise du catholicisme français. L’Église conserve encore une bourgeoisie urbaine, diplômée et organisée. Elle accueille aussi des communautés immigrées souvent plus pratiquantes. Elle a en revanche presque disparu de la France périphérique où le vote RN prospère.

Discret camarade de Guy Debord et figure majeure de l’Internationale situationniste, Raoul Vaneigem a incarné une radicalité libertaire, hédoniste et anti-autoritaire, loin du caractère ombrageux de son compagnon de route. De son Traité de savoir-vivre aux poèmes mis en musique dans les milieux anarchistes, en passant par sa critique du spectacle et son refus de toute récupération, retour sur un penseur resté fidèle jusqu’au bout à l’exigence de la liberté.

10 août 1946-10 août 2026 : Renaud Camus fête aujourd’hui ses 80 ans. Pour l’occasion, direction la Gascogne, non loin de son château de Plieux, où ses amis se retrouvent pour célébrer comme il se doit cet anniversaire. Ceux qui veulent voir en lui le chant du cygne d’une civilisation qui s’efface en seront pour leurs frais. Car chez Camus, quelque chose résiste, veille et annonce encore le jour. Derrière la « tristesse d’Olympio », apparaît « Chantecler » ; derrière « Chantecler », l’enchanteur Merlin. À 80 ans, Renaud Merlin Camus n’a rien perdu de ses sortilèges. Et Plieux ne plie toujours pas.
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