Krisis est une revue d’idées et de débats. Fondée en 1988, un an avant la chute du mur de Berlin par Alain de Benoist, Krisis se veut une revue « de droite et de gauche, d’ailleurs et de nulle part ». Chacun de ses numéros se présente comme un copieux dossier thématique relevant principalement des sciences politiques et sociales : Communauté, Droit, Écologie, Populisme, Guerre, Droite-Gauche, Politique, Psychologie, Technique, Origines, etc. Des personnalités venues souvent d’horizons très différents y échangent leurs points de vue. Chaque numéro comprend aussi plusieurs entretiens exclusifs. Une revue généraliste de haut niveau, indifférente aux modes, qui s’est d’emblée fixé pour but d’aller à l’essentiel. Les 51 numéros de Krisis sont désormais disponibles à l’achat en numérique pour les numéros épuisés. Alain de Benoist en retrace l’histoire mouvementée dans un entretien publié sur notre site.

Le jeu n’est jamais ce qu’il prétend être. Derrière l’apparente gratuité de l’activité ludique, derrière la suspension feinte des contraintes ordinaires, se cache presque toujours une fonction plus grave : former, discipliner, transmettre, naturaliser. Il n’existe pas de jeu innocent. Toute société joue, mais elle ne joue jamais sans enjeu. Loin d’être un simple divertissement, le jeu est une institution anthropologique majeure, un dispositif de socialisation qui, sous couvert de fiction, donne à voir les règles réelles du monde – ou, plus exactement, celles que la société souhaite voir intériorisées. Il est en effet des notions que la modernité croit avoir neutralisées. Le jeu est de celles-là. Relégué au divertissement, à l’enfance ou au loisir, il semblerait constituer l’envers inoffensif du sérieux économique et politique. Or c’est peut-être l’inverse qui est vrai : et si le jeu était l’une des matrices profondes de notre civilisation – et même l’un de ses moteurs cachés ? Ce numéro de Krisis prend cette intuition au sérieux et l’explore dans toutes ses dimensions. Il explore le jeu comme forme anthropologique, comme miroir des civilisations, comme révélateur des fractures sociales, comme moteur économique, comme modèle géopolitique.